ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

ABBAYE
 

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-Sainte Ode (Chrodoara)
Eléments de biographie


 

 Sainte Ode (Chrodoara)

  Fête le 23 octobre

    Naissance : vers 629-635

Mort : vers 723-730


 

Cette page est, à quelques corrections près, la reproduction de textes extraits des sites suivants :

- http://club.euronet.be/patrick.bertrand/collegialeamay.html 32
- http://www.skene.be/RWJP97TXT/amay.html
-http://www.wallonie-en-ligne.net/wallonie-culture/arts-traditions/chap13-1.htm
 


Chrodoara


Les habitats les plus anciens retrouvés dans la région d'Amay remontent à l'Âge du Fer lorsqu'un village gaulois s'installa près de la collégiale. A l'époque romaine, un "vicus" se développe entre le Ier et le IIIe siècle. Détruit en 270, directement reconstruit, il se maintient jusqu'au IVe siècle. En dehors de ce "vicus", une villa romaine fut mise au jour sous l'actuelle collégiale. A l'époque mérovingienne, un sanctuaire chrétien est construit à l'emplacement de cette villa romaine, connu avec certitude depuis 634. Il est dédié à saint Georges mais selon la tradition, sa fondation est l'oeuvre de sainte Ode, veuve de Boggis, duc d'Aquitaine, et identifiée à Chrodoara (ou Chrodoare), qui vécut sous l'épiscopat de Floribert (727-738). La légende raconte qu'ayant consacré sa vie à la prière et aux soins aux plus démunis, Ode quitta l'Austrasie et, arrivée à Ombret, jeta son bâton au-delà de la Meuse promettant de construire un sanctuaire là où il retomberait. Après sa mort (environ 723), Ode est l'objet d'une grande vénération et un culte local se développe. Ses restes sont exhumés et placés dans un sarcophage présenté aux fidèles dans l'église. Remplacé plus tard par une châsse, le sarcophage est enfoui sous le choeur à une date encore inconnue.

Abritant probablement une communauté de moniales, l'église est élevée au rang de collégiale avec l'installation d'un chapitre de chanoines séculiers, dont la première mention date de 1091. La tradition situe la construction de l'édifice actuel vers 1089. Un chapitre de chanoines assure l'autorité spirituelle et temporelle jusqu'au XVIIIe siècle.

Inscrite sur la liste du Patrimoine exceptionnel de Wallonie depuis 1993, la collégiale Saint-Georges et Sainte-Ode constitue un remarquable ensemble architectural abritant de nombreux trésors.

Pour plus de renseignements sur la collégiale, visitez le site : http://club.euronet.be/patrick.bertrand/collegialeamay.html


Le sarcophage de Chrodoara


Il s'agit, en fait, du seul sarcophage à figure humaine de l'époque mérovingienne que l'on connaisse en Europe.

Le sarcophage a été retrouvé sous le choeur lors d'une campagne de fouille en 1977. Au centre du choeur, par une large ouverture vitrée dans le dallage, on peut admirer, là où il fut découvert. Véritable chef d'oeuvre de l'art mérovingien, il est gravé dans de la pierre calcaire des environs de Saint-Dizier.

Le sarcophage comporte deux inscriptions identifiant la défunte :

C'est Chrodoara, veuve du duc Bodegisel, fils de Mummolinus de Soissons, et tante d'Adagisel-Grimo, clerc de l'église de Verdun et membre d'une famille noble franque du sud de Trève, les Chrodoin. Ce dernier, dans son testament daté de 634, mentionne que Chrodoara a reçu sa sépulture dans l'église d'Amay et l'une des deux inscriptions précise que la défunte a fait d'importantes donations à la communauté dont elle était vraisemblablement l'abbesse après le décès de son mari.

Le couvercle est travaillé sur quatres faces, sauf le cinquième, qui est lisse. Sur celui-ci, Chrodoara - qui jouit encore d'un culte local sous le nom de Sainte-Ode - est représentée dans une longue robe et tient dans la main un bâton pastoral, insigne de la dignité. Plats et flancs du couvercle et les côtés sont ornés d'entrelacs de type insulaire et de rinceaux du style de l'hypogée des Dunes à Poitiers, datant aussi du VIIe siècle. Il s'agit sans conteste d'une oeuvre de tradition barbare, où la gravure confine presque au dessin, au contraire des oeuvres romaines ou celtes, qui ont plus de volume.

Le sarcophage de Chrodoara est chargé d'histoire et lourd de signification pour l'étude de l'évolution des clans d'Austrasie à l'époque mérovingienne. Resté à l'endroit où il fut découvert, il était pratiquement vide, les reliques de la sainte ayant été transférées dans la châsse.

La châsse


Le trésor de la Collégiale comprend également la châsse de saint Georges et de sainte Ode, datant de 1240-1250; elle abrite les reliques de sainte Ode et d'autres personnes illustres. Ses pignons sont occupés par des représentations de saint Goerges et de sainte Ode, tandis que douze apôtres sont alignés le long de ses côtés. La toiture est ornée de six bas-reliefs d'argent qui racontent la vie des deux saints. Sur l'un de ces bas-reliefs, on observe, sur la panetière d'un pélerin, trois coquilles : cette scène serait sans doute la toute première représentation dans la région d'un pélérin de Saint-Jacques de Compostelle.


Sources :

- http://club.euronet.be/patrick.bertrand/collegialeamay.html 32
- http://www.skene.be/RWJP97TXT/amay.html