--


Raffaellino del Garbo,
San Giovanni Gualberto et
des saints, 1508, sacristie de l'abbaye de Vallombreuse.

ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

ABBAYE
 

 

SAINT
JEAN GUALBERT
( Giovanni Gualberti )

L'origine des Vallombrosiens

 


 

 

 Saint Jean Gualbert

  Fête le 12 juillet

   Naissance vers 998, à Fiesole

 Mort en 1073
 

Les Walbert ou Gualbert étaient d'une famille aristocratique de haut rang, que ses biographes ont rattaché à des souches carolingiennes, lombardes et, parfois, romaines. Le père de Jean était seigneur de Fiesole, un peu au-dessus de Florence (Firenze). Il était d'humeur guerrière et vindicative et avait donné à son fils une éducation conforme à ses propres habitudes. Un jour, un membre de sa famille ayant été tué, son père lui avait fait promettre de tirer vengeance du gentilhomme pas si gentil qui avait occis le parent en question.

Un jour de vendredi saint, comme Jean revenait de la campagne à Florence accompagné de sa garde, il rencontra l'ennemi juré, quant à lui sans armes, et suivant un chemin si étroit qu'il lui était impossible de fuir. II s'apprêtait à le tuer quand celui-ci lui demanda gràce au nom de Jésus crucifié. Non seulement Jean laissa la vie à celui qui le suppliait ainsi, mais il le releva de terre et l'embrassa. Puis, passant près d'une église, il y entra et se mit en prière devant un crucifix. Il vit alors le Christ baisser affectueusement la tête vers lui, comme pour le récompenser du pardon qu'il avait accordé en son nom.

Fuyant l'ire paternelle, touché par la foi, il se retira à l'abbaye de San Miniato, au nord de Florence, fondée au plus tard en 787, date de la dédicade de son abbatiale. L'abbé, effrayé par les menaces de son père, refusait de le recevoir officiellement parmi les religieux. Alors, le jeune homme se coupa lui-même les cheveux devant la communauté, puis porta sur l'autel l'habit d'un des frères, dont il s'était emparé, et s'en revêtit en prononçant les voeux ordinaires. Le père en fut désespéré mais finit tout de même bénir à son fils.
 
A la mort de l'abbé, Jean Gualbert fut élu pour le remplacer, mais un des moines alla trouver l'évêque, lui donna de l'argent et se fit établir abbé par son autorité. Pour ne point acquiescer à cet acte de simonie, Jean quitta le couvent, suivi d'un religieux, et se mit en route vers les Appennins. Pour toute provision, il n'emporta qu'un seul pain, qu'ils donnèrent bientôt à un pauvre. Il s'arrêta au monastère de Camaldoli, mais n'y resta pas, étant attaché à la règle cénobitique de saint Benoît, et repartit vers Florence.
Sur le chemin,en Toscane, il fit halte près d'un torrent, dans une forêt de conifères et décida d'y demeurer. Les terres où il s'était installé, dans une vallée des Appenins appelée Vallombrosa (Vallombreuse), appartenaient à Itta, abbesse bénédictine de Saint Hilaire (S. Hilar), du diocèse de Fiesole, qui le prit en amitié et les lui donna, à charge pour sa communauté de fournir aux religieuses, à chaque fête de saint Hilaire, une livre de cire et une livre d'huile. Nous sommes en 1039/1040. Jean Gualbert construisit alors un monastère très simple : quelques cabanes étaient réunies autour d'une chapelle en bois.

Jean Gualbert appliqua ici ses convictions en matière de monachisme. Très attachées à la lettre de la règle de Benoît, celles-ci le distingueront d'autres mouvements monastiques sur différents points. Sur l'aspect extérieur, déjà, Gualberti veut pour ses moines des vêtements qui ne soient ni du blanc des Camaldules, ni du noir des Bénédictins, mais entre les deux. C'est ainsi que, jusqu'au XVIe siècle, les Vallombrosiens (rarement : Vallombrosins) puisque c'est ainsi que l'on nommera l'ordre qu'il aura créé, porteront un habit gris brun, de laines non teintées et mêlées de noir et de blanc, issues des troupeaux de l'abbaye. Par ailleurs, voulant composer avec ses moines une véritable communauté contemplative, il insiste sur le silence, la solitude. Voulant ainsi décharger le plus possible la communauté des tâches quotidiennes, qui occupent un temps qu'on ne passe pas à à la louange de Dieu, il forme pour cela une communauté de pieux laïcs (lais, frères lais). Ce serait lui qui les nomme pour la première fois conversi (convers, frères convers) et c'est alors le début d'une évolution vers un corps particulier voué au service des moines. A Vallombreuse, cependant, les convers ont encore les mêmes obligations que les moines, même si Gualbert leur permet, par exemple, de porter du linge au lieu des sous-vêtements de laine des moines. Ils se distinguaient, par ailleurs, des moines oblats, élevés à l'abbaye, tandis que les convers entraient à l'abbaye à l'état adulte.
 
 
L'ordre de Vallombreuse fut approuvé par Alexandre II, en 1070. A la mort de son fondateur, il possédait déjà douze maisons; en moins d'un siècle, il eut plus de cinquante.

 
Sources :

http://www.corpoforestale.it/s_g_gualberto/ (Tableau )
http://www.storiaecultura.it/cornucopia/chiese2/regg/vallomon.htm (abbaye vallombeuse)
- http://galileo.imss.firenze.it/multi/luoghi/percorsi/html/botzoo/icap08.html (image emblème deVallombreuse)
-http://galileo.imss.firenze.it/multi/luoghi/firenze/paesurba/vallom01.jpg
(gravure Oddi)
Nicolò Oddi, L’immagine di Gesù Crocifisso inclina miracolosamente il capo dinanzi a S. Giovanni Gualberto dell’ordine di Vallombrosa, incisione, 1700
- http://www.missel.free.fr/Sanctoral/07/12.html (biographie)

 


---