ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
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-----POTS A PHARMACIE-
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CHEVRETTE
 
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chevrette, termes techniques : anneau ou noeud, anse, bec ou goulot (bec verseur ou goulot d'écoulement), cartouche ou écriteau, col, panse, piédouche.
Pour s détails de l'objet et du remède, voir LES POTS A PHARMACIE - LES COMPOSITIONS VEGETALES


"Chevrette, s. f. (Pharmacie.) espece de vaisseau*, ou cruche de fayence ou de porcelaine, ayant un bec, dans laquelle les Apoticaires tiennent ordinairement leurs syrops & leurs huiles."
encyclopédie de Diderot et dAlembert

* "Le latin vas, qui correspond à un récipient destiné à contenir du liquide, est à l'origine du mot vase. Son diminutif vascellum (petit vase), a connu un destin nettement plus riche : au Moyen Âge, son sens d'objet creux avec contenance s'était étendu aux bateaux, d'où le vaisseau. Par analogie, ce mot désigna aussi, dès le 14ème siècle, le "moyen de transport" du sang vers les organes. Puis, l'exploration des océans ayant fait place à celle de l'espace, le vaisseau devint spatial.
Quant au pluriel de vascellum, vascella, il désignait en latin l'ensemble des récipients de cuisine et de table ; il s'est mué en vaisselle."
http://www3.dfj.vd.ch/~latin/Textes-etymologie/semantique.htm

La chevrette est le récipient emblématique de l'apothicaire, seule corporation à avoir le droit et d'en posséder et de les exhiber dans leurs devantures, ce que confirme nombre de procès parisiens intentés à des épiciers qui ne respectaient pas la loi et qui étaient alors passibles d'amende. Elle apparaît au XVIe siècle en Europe, d'une adaptation de la cruche traditionnelle, bouchée d'un couvercle en faïence, mais parfois simplement de bois, dotée surtout d'un long bec, à l'apparence d'une corne de chevreuil disait-on (de chèvre, disent certains), qui a donné son nom au récipient lui-même. Etymologie assez comique, puisque la chevrette, femelle du chevreuil, ne porte jamais de bois. La chevrette française a parfois une particularité, un anneau, appelé aussi noeud, entre la base du bec et le corps du récipient. On devait y glisser un index, pour un geste plus sûr. A partir du XVIIe siècle, la chevrette sera souvent dotée d'un piédouche.
 
La chevrette est utilisée pour les remèdes liquides : sirops, huiles, eaux distillées, qui seront mises plus tard en bouteille, vers la fin du XVIIIe siècle, récipient plus pratique à boucher et à verser les liquides et qui finira par transformer petit à petit la chevrette en élément décoratif.
 
Syropus de succo cicoreae
   
 
 
albarello, termes techniques
bourrelet, bulbe, cartouche, col, étranglement

 

 

pot canon
Aethiopis Mineralis
XVIIe
Ethiops mineral

    5 - 7. Pot canon ou petit vase couvert ?, libellé Aethiopis Mineralis, Sicile, XVIIe
    hauteur 23 cm, largeur 11 cm, aux armes de la noble famille des Gaeta, des Deux-Siciles.
    Le libellé pouvait s'écrire Aethiops Mineralis, aethiops mercurialis-mineralis, transcrit ensuite éthiops minéral en français (de minéral et Ethiopie), qui désigne le sulfure noir de mercure : voir vermillon
    On continue à prescrire ce remède en homéopathie, pour soigner surtout en dermatologie : affections scrofuleuses, éruptions douloureuses, herpès et eczéma, mais aussi des ophtalmies et la syphilis héréditaire


A partir du XVIIIe siècle, on ajoutera au récipient un "valet", sorte de col interne utilisé pour nettoyer la spatule.
 
L'apothicaire réservait ce récipient pour des remèdes solides, plutôt secs ou pâteux : baumes, onguents, cérats, électuaires, opiats, surtout. Il le remplissait et le refermait à l'aide d'un parchemin, par la suite du papier, fixés autour du col avec une ficelle, tâche facilitée par le léger évasement de celui-ci, appelé bourrelet.
 
 
 
 
 
 

 

 
 
 
   
 
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vase d'apothicaire
Egypte ? Syrie ?
XIVe siècle
céramique, décor engobé peint sous glaçure.
Musée du Louvre

 
 
 

 

 
 
16. Albarello (plur. albarelli) de l'apothicairerie de l'Hôtel-Dieu Notre-Dame des soeurs hospitalières de sainte Marthe puis Notre-Dame des soeurs de la congrégation de saint Joseph de Cluny. XVIe siècle.
17. Albarello, faïence de grand feu, majolique, XVIe s. attribué à Masséot d'Abaquesne, Rouen.
Château-Musée de Saumur
18.Albarelli, faïence de grand feu, XVIe s. (dont un avec l'inscription de la date, 1544) attribué à Masséot d'Abaquesne
A) Ecouen, Musée National de la Renaissance.
B) Rouen, Muséedes Beaux-Arts
19. Albarello, Italie, Ombrie (production de Gubbio ou Castel-Durante), 1541, pour le monastère Santo Spirito da Sulmona de l'ordre des Célestines. Attribution Maestro (Maître) Mariotto da Gubbio. Collection J.W.L Glaisher, Fitzwilliam Museum, Cambridge
Sur le devant du pot en faïence, on peut voir la marque du monastère, un S surmonté d'une crosse, au-dessus du cartouche, où est inscrit le remède : "GALIA MOSCATA", qu'on écrit aussi GALIA ou GALLIA MOSCHATA. Sur une base d'aloès, d'ambre, de musc et de mucilage, on en faisait des trochisques (pastilles) "cordiaux et corroborans", pour fortifier le cerveau, l'estomac et toutes les viscères, pour arrêter les vomissements, faciliter la respiration et donner une bonne haleine, nous dit Moyse Charas* (Histoire naturelle des animaux, des plantes & des minéraux qui entrent dans la composition de la Thériaque d'Andromachus, 1668). Mesué préparait ses troschiques avec cinq drachmes de bois d'aloès, trois drachmes d'ambre gris, une de musc, son mucilage étant à base de gomme adragante mélangée à l'eau.

* "MOISE CHARAS (1618-1698) a étudié la pharmacie à Montpellier, Orange et Blois puis s'est installé à Paris où il devint démonstrateur de chimie au jardin du roi. De religion protestante, à la suite de la révocation de l'édit de Nantes, il se rend en Angleterre (1680), puis en Hollande et enfin en Espagne. Il est alors emprisonné dans les cachots de Saint-Jacques-de-Compostelle où il va abjurer le protestantisme. Il rentre en France vers 1690 et est nommé membre de l'Académie des Sciences en 1692. Sa Pharmacopée dont la première édition date de 1676 a été traduite dans toutes les langues de l'Europe et même en chinois."

extrait de : http://www.chu-poitiers.fr/Docutheque/p31Histoire.pdf

20. Pot canon, libellé du cartouche : OL PALM (oleum palmae : huile de palme), XVIIIe
Extraite du palmier à huile : Elaeis guineensis Jacq. Les Egyptiens, en particulier, connaissaient les vertus cosmétiques et lubrifiantes de cette substance. Elle ne semble pas avoir été beaucoup utilisée en Occident avant la colonisation africaine.

Propriétés régénérantes grâce à sa teneur en insaponifiables (environ 1 %), restructure, renforce la barrière cutanée de la peau. Riche en acides gras : Acides palmitique (environ 40 %), oléique (environ 38 %), linoléique (environ 10 %), stéarique (4 %).

"l'huile de palme vierge, riche en tocotriénols (représentant 70 % de la vitamine E) seule ou associée à l'huile de poisson plaide en faveur d'un potentiel antiathéroscléreux chez l'homme. L'insaponifiable de l'huile de palme vierge, les tocophérols et les tocotriénols, sont des anti-oxydants naturels. Ils agissent comme des nécrophages endommageant les radicaux d'oxygène libres qui jouent un rôle important dans le vieillissement cellulaire, l'athérosclérose et le cancer. De même, ces expériences réalisées chez les jeunes volontaires alimentés avec un régime enrichi en huile de palme vierge ont montré une tendance à la réduction de la cholestérolémie. Nos résultats montrent aussi que les acides gras de la série n-3 semblent dotés de puissants effets biologiques spécifiques qui pourraient en faire d'influents modulateurs du risque vasculaire. Les régimes riches en tocotriénols, seuls, ou encore mieux quand ils sont supplémentés avec les acides gras de la famille n-3; l'acide eicosapentaénoique (20:5, n-3) et l'acide docosahexaénoique (22:6, n-3), (huile de poisson) bloquent la synthèse du cholestérol et augmentent l'apolipoprotéine A1. Cet effet anti-thrombique bénéfique peut être associé à une modulation favorable des deux hormones locales, la prostacycline et la thromboxane."
extrait de : http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=1506323

21. Pilulier, inscription du cartouche : PIL. EUPATORIO (Pillulae Eupatorio : Pilules d'Eupatoire), XVIIe, Castelli

Décor d'un évêque mitré portant la crosse et, au dessous, cartouche avec inscription du libellé.
L'eupatoire est un nom commun recouvrant de nombreuses espèces, surtout agrimonia eupatorium, L et
Eupatorium cannabinum, l'eupatoire chanvrine. Matthiole (Pietro Andrea Matthioli ou Matthiolus, 1501 - 1577), le grand commentateur de Dioscoride affirme pourtant que l'aigremoine est bien l'eupatorium des Grecs et lui confère de nombreuses vertus. En
trochisques, en décoction, les feuilles séchées soignent la jaunisse, l'hydropisie, "l'opilation des conduits", les fièvres durables, "cuites avec fumeterre en lait clair de chèvre, elles ôtent toute difficulté d'urine, font sortir le flux menstrual et guérissent les gratelles", éloignent les serpents de leur parfum. On applique les fleurs sur plaies et ulcères. Pris en pilules, le jus chasse "la vermine du ventre", etc.
 
Selon Nicolas Lémery (Dictionnaire universel des drogues simples, 1760), l'eupatoire est atténuante, astringente, vulnéraire elle est employée en décoction pour les maladies du foie (Galien) et de la rate.
 
"L'eupatoire [agrimonia eupatorium, L.] a aussi un patronage royal [Mithridate Eupator]. La tige en est ligneuse, noirâtre, velue, haute d'une coudée, et quelquefois plus. Les feuilles, disposées d'intervalle en intervalle, ressemblent à celles de la quintefeuille ou du chanvre; elles sont découpées en cinq parties, et elles sont noires aussi et velues. La racine ne sert à rien. La graine, prise dans du vin, est un remède souverain pour la dysenterie." Pline XXV, ch. 29, extrait de :
http://remacle.org/bloodwolf/erudits/plineancien/livre25.htm
 
L'eupatoire chanvrine a, en tout cas, nombre de vertus réelles qu'on attribuait à l'eupatorium. Elle est reconnue apéritive, tonique, cholagogue, diurétique, laxative, dépurative, vermifuge, stimulante et vulnéraire.

22. Chevrette, majolique, faïence de grand feu, (1525-1575) attribuée à Masséot d'Abaquesne, Rouen.
Château-Musée de Saumur

23. Pot "de monstrance" , Thériaque, Couvent des Carmes de Bordeaux, XVIIIes., puis Pharmacie des Carmes
"Ce sont des vases cylindriques couverts à deux anses en entrelacs, qui portent l’écusson
aux armes de l’Ordre des Carmes...Comme tous les ordres religieux, les Carmes se dotèrent d’un blason, dont les meubles héraldiques reflètent leur histoire et leur spiritualité. Ainsi, peut-on distinguer deux éléments
fondamentaux dans le blason carmélitain (figure 19, p38) :.. D’une part, une montagne stylisée dont le sommet projeté sur le ciel présente des cotés arrondis, claire référence au mont Carmel, lieu d’origine de l’Ordre. A noter que depuis le XVIIe siècle, les Carmes Déchaux ont rajouté une croix pattée au sommet de la montagne.. D’autre part, trois étoiles d’or à six pointes, dont une au centre de la montagne et les deux autres disposées symétriquement dans le ciel. L’étoile du bas évoque la Vierge Marie (Stella matutina, Stella maris : Etoile du matin, Etoile de la mer » : Qualificatifs donnés à la vierge Marie qui guide vers Jésus à la façon de
l’étoile dont le marin se sert pour se guider sur la mer), les deux étoiles supérieures symbolisent les prophètes Elie et Elisée, rappelant le caractère marial de l’Ordre et son origine « élienne ». L’ensemble est surmonté d’une couronne ducale à cinq fleurons d’or.


Les armoiries comportaient également au cimier un demi-cercle de douze étoiles d’or avec le bras d’Elie armé d’une épée pour le combat spirituel. Mais ce motif du cimier ne se retrouve pas, ou tout au plus incomplet, sur nos pots de pharmacie. L’écu est simplement accosté de deux angelots assis sur un terre-plein à croisillons, tandis qu’au-dessus est déployé un ruban supposant porter l’inscription qui accompagne habituellement cet emblème : Zelo zelatus pro Domino Deo exercitum (Je brûle de zèle pour le Seigneur, Dieu des armées). Le couvercle est bombé, haut, et terminé par un bouton en cloche. Les anses sont torsadées et mouchetées de points bleu cobalt. Le décor polychrome réalisé au poncif dans des couleurs de grand feu assez sombres égayées par quelques touches de rouge de fer, comporte, outre le blason carmélitain précédemment décrit, des rinceaux de feuillage de part et d’autre d’une coquille, et des guirlandes fleuries. L’ensemble encadre le cartouche porteur de l’inscription tracée en manganèse. Sur les couvercles, nous retrouvons le même décor dans des proportions plus appropriées.
 
extrait de : http://www.socpharmbordeaux.asso.fr/pdf/pdf-145/145-092-095.pdf
 
X. Pots de pharmacie, musée du monastère des Augustines, propriété des Augustines de la Miséricorde de Jésus. Cette collection est un don au musée du père jésuite Glapion en 1787 (Collège des Jésuites de Québec). Toutes les pièces sont des faïences des XVIIe et XVIIIe siècles provenant d'ateliers de La Rochelle, Nevers et Rouen, où se tenaient les fabriques les plus renommées de ces objets.
 

Nicolas Lémery préconise, en 1697, dans sa Pharmacopée Universelle, l'emploi de la faïence (produit céramique recouvert d'émail, composé d' une pâte poreuse) pour des raisons esthétiques, car : "on préfère la faïence aux autres terres chez les apothicaires à cause de sa beauté et de sa netteté". C'est le début d'un développement à grande échelle de la faïence dans la pharmacie, mais son usage était bien attesté depuis près de deux siècles.

 

 
 
 
 
 
faïence
Définition : Produit céramique recouvert d'émail, composé d' une pâte poreuse.
 
la Thériaque, l'Orviétan, l'Opiat de Salomon, la Confection d'Hyacinthe
 
 
 

 
SOURCES :
 
 
- http://www.fitzmuseum.cam.ac.uk/opacdirect/73179.html (albarello castel-durante)
- http://web2.bium.univ-paris5.fr/livanc/?cote=00216x04&p=10&do=page (Mesué)
- http://www.monasteriosanjuan.com/images/cim-01-g.jpg (san juan de la peña)
- http://www.bnf.fr (mandragore : manuscrit arabe)
- http://www.culture.gouv.fr/documentation/joconde/fr/pres.htm (pots masséot d'abaquesne)
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Bhaisajyaguru (bouddha de la médecine)
- http://www.onmarkproductions.com/html/yakushi.shtml (Bouddha yakushi)
- http://www.louvre.fr/ (ramsès II, alabastre)
- http://jfbradu.free.fr/egypte/LES%20TOMBEAUX/LES%20HYPOGEES/VALLEE-DES-ARTISANS/vases-onguent_small.jpg
(pot XVIIIe dynastie égyptienne, bouteille cananéenne)
- http://perso.orange.fr/philippe.provost/familles/papaveracees.htm (capsule de pavot)
- http://www.culture.gouv.fr/champagne-ardenne/2culture/musee_france/pharma_musee.html
(apothicairerie hôtel-dieu-le comte)
- http://www.ville-troyes.fr/MAIRIE/liblocal/docs/PressTroyes/2007/Press3-N-154-Flaneries.pdf
(apothicairerie troyes, détail)
- http://www.socpharmbordeaux.asso.fr/pdf/pdf-145/145-092-095.pdf (carmes de bordeaux)
- http://beijing.runweb.com/lang-FR-page-966-2V-page,Un-hopital-taoiste-qui-ne-manque-pas-de-souffle.html
(hôpital taoïste)
- http://www.khulsey.com/travel/beijing_traditional_chinese_medicine.html (tongreng tang)
- http://www.easterncurio.com/easten%20curio/Afurniture/Furniture1BigCabinet.htm (armoire chinoise)
- http://www.gutenberg.org/files/17170/17170-h/17170-h.htm (pueblo zuni)
- http://www.arts-primitifs.com/shop-africain/pot-pharmacopee-dogon-mali-objets-ethno-p-345.html (pot Dogon)
- http://www.arqueomex.com/PDFs/S8N5MEDICINA74.pdf (maticehuac)
- http://www.ordre.pharmacien.fr/upload/Syntheses/253.pdf (hôtel-dieu le comte, boîtes)
- http://www.metmuseum.org/toah/hd/khan3/hob_57.61.12a,b.htm (albarello iranien)
- http://prie.us/albarelli/a0248.php (albarello faenza)
- http://media.artsolution.net/media/THEOREMEGALphoto/THEOREME1392006T16133.jpg (orsini)
- http://www.md.ucl.ac.be/histoire/Objets-CV/Couvreur9.htm (talavera)
- http://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/farm/documents/Salle_Couvreur.pdf (idem)
- http://www.abocamuseum.it/reperti/scheda.asp?reperto=06c (albarello sienne)
- http://www.md.ucl.ac.be/cehpm/publications/JPB2002_57_3.pdf (spodium)
- http://www.musees-haute-normandie.fr/collections/objet.php?obj=07340000563&lang=fr (pot-canon miel rosat)
- http://www.mairie-cahors.fr/patrimoine/inventaire/memoire/DPT46-2001/ple/IVR73_01460771NUC_P.jpg
(pot canon V. resupt.)
- http://www.phisick.com/a6ajgaeta.htm (éthiops minéral)
- http://caoa55.free.fr/chap2/album/notices/aoa0934.htm (OL. PALM)
 
 

 
 

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