ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
 menu du chapitre MEDECINE -Médecine
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-----POTS A PHARMACIE-
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CHEVRETTE
 
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Chevrette, termes techniques : anneau ou noeud, anse, bec ou goulot (bec verseur ou goulot d'écoulement), cartouche ou écriteau, col, panse, piédouche.


"Chevrette, s. f. (Pharmacie.) espece de vaisseau*, ou cruche de fayence ou de porcelaine, ayant un bec, dans laquelle les Apoticaires tiennent ordinairement leurs syrops & leurs huiles."
encyclopédie de Diderot et dAlembert

* "Le latin vas, qui correspond à un récipient destiné à contenir du liquide, est à l'origine du mot vase. Son diminutif vascellum (petit vase), a connu un destin nettement plus riche : au Moyen Âge, son sens d'objet creux avec contenance s'était étendu aux bateaux, d'où le vaisseau. Par analogie, ce mot désigna aussi, dès le 14ème siècle, le "moyen de transport" du sang vers les organes. Puis, l'exploration des océans ayant fait place à celle de l'espace, le vaisseau devint spatial.
Quant au pluriel de vascellum, vascella, il désignait en latin l'ensemble des récipients de cuisine et de table ; il s'est mué en vaisselle."
http://www3.dfj.vd.ch/~latin/Textes-etymologie/semantique.htm
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2.  Orciuolo (diminutif de "orcio", cruche) d'apothicaire, cruchon à deux anses, 1431, Florence, majolique, oeuvre possible de Giunta di Tugio († vers 1466), hauteur de 31.5 cm. Museum of de New-York, Etats-Unis.

3. Chevrette, majolique, (1525-1575), Rouen, attribuée à Masséot d'Abaquesne, Château-Musée de Saumur.
faïence de grand feu, hauteur : 24 cm, inscription sous l'anse
 
La chevrette est le récipient emblématique de l'apothicaire, seule corporation à avoir le droit et d'en posséder et de les exhiber dans leurs devantures, ce que confirme nombre de procès parisiens intentés à des épiciers qui ne respectaient pas la loi et qui étaient alors passibles d'amende. Elle apparaît au XVIe siècle en Europe, d'une adaptation de la cruche traditionnelle, bouchée d'un couvercle en faïence, mais parfois simplement de bois, dotée surtout d'un long bec, à l'apparence d'une corne de chevreuil disait-on (de chèvre, disent certains), qui a donné son nom au récipient lui-même. Etymologie assez comique, puisque la chevrette, femelle du chevreuil, ne porte jamais de bois. La chevrette française a parfois une particularité, un anneau, appelé aussi noeud, entre la base du bec et le corps du récipient. On devait y glisser un index, pour un geste plus sûr. A partir du XVIIe siècle, la chevrette sera souvent dotée d'un piédouche.
 
La chevrette est utilisée pour les remèdes liquides : sirops, huiles, eaux distillées, qui seront mises plus tard en bouteille, vers la fin du XVIIIe siècle, récipient plus pratique à boucher et à verser les liquides et qui finira par transformer petit à petit la chevrette en élément décoratif.

 POT A PHARMACIE

 type de pot
LIBELLÉ DU CARTOUCHE/ECRITEAU (nom complet si le libellé est abrégé)
Lieu /date de fabrication/attribution/lieu de conservation (le cas échéant)
nom latin (si différent du libellé)
-----nom--français--------

 

 

 
chevrette
Corticis.Peruviam
Lyon, vers 1700-1725, Mâcon, musée des Ursulines
Ecorces du Pérou
  
De cortex (plur. corticis) écorce en latin. On trouve différentes appellations sur cette base : cortex peruvianum, cortex peruvianus, cortex febrifugus, corticis peruviarii, corticis peruviani,

"Au XVIIème siècle des marins avaient rapporté de leurs voyages des récits fabuleux et en particulier l’histoire d’un miraculeux arbre à fièvre poussant en Amérique du sud et utilisé par les indiens. En 1633 un moine nommé Calancha vivant au Pérou avait décrit la façon dont l’écorce était réduite en poudre et guérissait les fièvres."
"Au mot anglais bark, qui signifie écorce, le Dictionnaire anglais de S. Stone ajoute « Jesuit's bark, le quinquina. » Voici ce qu'en dit le Dictionnaire de Trévoux : « Écorce qui vient des Indes occidentales, qui est un remède admirable pour les fièvres intermittentes; elle est compacte, de couleur rougeâtre, d'un goût amer. Quinquina cortex. L'arbre d'où on la tire croît au Pérou, dans la province de Quito, sur des montagnes près de la ville de Loxa. On l'appelle aussi Quinaquina, ou China-China [kinakina, quinaquina, kinquina, du quechua péruvien, NDE]. Les habitants du pays l'appellent Ganapéride, et les Espagnols Palo de calenturas, c'est-à-dire bois des fièvres. Cet arbre est de la grandeur à peu près d'un cerisier. Ses feuilles sont rondes, dentelées. Sa fleur est longue, de couleur rougeâtre; elle est suivie d'une gousse qui cocalenturas, c'est-à-dire bois des fièvres. Cet arbre est de la grandeur à peu près d'un cerisier. Ses feuntient une amande plate, blanche, enveloppée d'une membrane mince. Il y en a deux espèces, un cultivé, et l'autre sauvage : le cultivé est beaucoup meilleur que l’autre. Le Quinaquina n'est connu des Européens que depuis l'année 1640. Les Jésuites de Rome lui donnèrent beaucoup de réputation en Italie et en Espagne en 1649. Le cardinal de Lugo en apporta le premier en France en 1650. Il y fut d'abord vendu au poids de l'or, à cause de la vertu merveilleuse qu'il a de guérir la fièvre. Étant réduit en poudre, on l'appelait la poudre du cardinal de Lugo. Les Anglais le nomment la poudre des Jésuites, parce que ce sont eux qui l'ont apporté des Indes et l'ont fait connaître en Europe."
Kinquina, planche de l'Histoire des Drogues de Pierre Pomet,
Paris : Jean Baptiste Loyson & Augustin Pillon, 1694, p. 132.
"Un intérêt accru fut accordé au saule vers la fin de XVIII eme siècle car il était alors primordial de trouver un remède aux fièvres causées par le paludisme. Edward Stone dans le Rapport sur le succès de l'écorce de saule dans le traitement des fièvres écrivait : "il y a environ six ans, j'ai goûté par hasard cette écorce et fut surpris par son amertume extraordinaire, qui me fit immédiatement penser qu'elle pouvait avoir les même propriétés que l'écorce du Pérou". L'écorce du Pérou était de la poudre de quinquina dont le principe actif, la quinine, présente une grande capacité à soulager les personnes atteintes de paludisme [la quinine sera découverte en 1820 par Pierre Joseph Pelletier (1788-1842) et Joseph Bienaimé Caventou (1795-1877), NDE]. A partir de cette similitude, Stone établit que les deux écorces devaient avoir les même propriétés, et à la suite de ce rapport, l'écorce de saule fut utilisée en complément de l'écorce du Pérou,
beaucoup plus coûteuse."

extraits, dans l'ordre, de :
http://aspirine.over-blog.net/categorie-435182.html
http://users.skynet.be/pater.de.smet/pj-b-f/pagina176.htm
http://www.ens-lyon.fr/DSM/magistere/projets_biblio/2001/barbe.pdf

Les quinquinas appartiennent au genre Cinchona sp. Parmi les espèces cultivées : Chichona Succirubra Pav., Cinchona Officinalis L., Cinchona Pubescens sont les plus courantes.

 
chevrette
sur la panse : S.FEBRIFNG D.B
sous le pied : S. FEBRIFUG D.B
Rouen, XVIIIe, musée Flaubert & d'Histoire de la Médecine
siropus (syropus) febrifugum (febrifugium)
sirop fébrifuge
Du latin médiéval siropus, syropus, lui-même de l'arabe schirab, sharab : boisson, du verbe shariba : boire, et febrifuga, fébrifuge en latin, de febris, la fièvre. De nombreuses plantes ont été utilisées comme antipyrétique (qui combat la fiève) et il 'est pas vraiment possible de savoir exactement ce que contenait notre pot. Le quinquina, et avant lui le saule, bien sûr (voir remède précédent), le frêne (appelé "quinquina d'Europe"), l'eau de laitue, le vin poivré, le gingembre, la racine de grande gentiane, la camomille dont préconise Dioscoride contre les fièvres intermittentes (fièvre tierce, double-tierce, fièvre quarte, etc.), la colchique, qu'indique Celse contre les fièvres au long cours et, paraît-il... le poux ! L'armoise en général, appelé par les Romains...febrifuga, et l'absinthe en particulier, cité par le papyrus Ebers (vers - 1600). On utilisait aussi des sels fébrifuges : Sal febrifugus Sylvii, Sal febrifugum

 
 
chevrette
OL CAMEMELI
Centre de la France, XVIIIe. Hôpital Saint-Charles de Commercy
oleum chamaemeli
huile de camomille
L'écriteau ne semble pas correct, mais ce n'est pas la première fois qu'un libelllé de cartouche laisse à désirer. On trouve aussi chamaemelinum, chamomillae. L'huile de camomille pouvait être prescrite en clystère (lavement) contre les fièvres. Mathioli confirme cette prescription et dit en plus que la camomille (boisson,inhalation, décoction) fait sortir les menstrues, le bébé du ventre de sa mère, l'urine, la gravelle, guérit les ventolits, la jaunisse, les maladies du foie, aide à uriner.

 

 

 
 chevrette
O. descrevisses
fin XVe
Oleum cancrorum
Oleum (huile) d'écrevisses
  
En latin, les noms des préparations médicinales à partir d'écrevisses se formaient à partir de cancer, cancri (crabe, écrevisse, mais aussi la maladie et la constellation du Cancer) : Praeparatio Oculorum Cancrorum, pulvis ou chelis cancrorum (la poudre).
Yeux d'écrevisses, Pot à thériaque, Hôtel-Dieu de Lons-le-Saunier, Jura, vers 1750.
Oculi cancri, oculi cancrorum citrat (au citron) et : Les "yeux d'écrevisses" ne désignaient pas les organes visuels mais une concrétion calcaire sécrétée par l’estomac des écrevisses pendant leur mue : c'est cette concrétion qui forgera l'appellation du remèdes à bas d'écrevisses :

"Ecrevisse de riviere, (Matiere médicale, Pharmacie & diete.) L'écrevisse est généralement regardée comme un aliment médicamenteux, ou comme un médicament alimenteux, qui purisie le sang, qui le foüette, qui le divise, qui dispose les humeurs aux excrétions, qui ranime les oscillations des vaisseaux & le ton des solides en général, en un mot, comme un remede incisif & tonique: on l'ordonne à ce titre dans les maladies de la peau ab humorum lentâ mucagine, c'est - à - dire (pour faire signifier quelque chose à ces mots qui sont de Boerhaave) dans les maladies de la peau dont le caractere n'est point inflammatoire ou du moins qui ne sont point aiguës comme le sont les phlegmons considérables, les érésypeles étendus, &c. Voyez maladies de la peau au mot Peau. On les employe encore dans les obstructions, la cachexie, la leucophlegmatie, les bouffissures, &c. On prépare dans tous ces cas des bouillons dans lesquels on fait entrer cinq ou six écrevisses; ces bouillons d'écrevisse font avec les bouillons de vipere, le pendant des bouillons de grenouille, des bouillons de tortue & du lait, & le complément des secours vraissemblablement aussi inutiles que généralement employés contre les maladies chroniques. Voyez Medicament altérant, au mot Medicament, & le mot Nourrissant.
Mais pour nous restraindre ici à l'usage des écrevisses en particulier, n'est - il pas singulier, pour ne rien dire de plus, qu'on prétende apporter un changement utile dans la constitution actuelle d'un malade, en lui faisant prendre la décoction ou bouillon de cinq ou six écrevisses, tandis qu'il n'est peut - être pas une seule personne pour qui une ou plusieurs douzaines d'écrevisses ne solent un aliment indifférent pour les secondes voies dont il s'agit seulement ici; tandis que le malade même à qui l'on prescrit ce bouillon a peut - être mangé cent fois en sa vie des écrevisses à douzaines dans le même repas sans en éprouver ni bien ni dommage, & qu'il pourroit les manger sans avantage & sans inconvénient.
Au reste ce n'est pas seulement sur cette considération toute concluante qu'elle est, qu'on peut établir l'inutilité médicinale des écrevisses; on ose avancer, & ceci est plus direct, que les bouillons d'écrevisse n'ont jamais guéri personne, quoiqu'il puisse bien être souvent arrivé que des malades ont été guéris pendant ou après l'usage des bouillons d'écrevisse; car guérir par un remede ou guérir en prenant un remede, n'est pas la même chose assûrément: le régime & l'expectation ou les droits de la nature, ont dans tous ces traitemens par le secours des altérans, une influence qu'on ne doit pas perdre de vûe. Voyez Expectation & Régime.
Quoi qu'il en soit, voici comme on s'y prend pour préparer les bouillons d'écrevisse: prenez de racines, bois, écorces, semences, herbes & fleurs prétendues atténuantes, apéritives, incisives (Voyez Incisif), celles que vous voudrez à la dose ordinaire de chacune (Voyez leurs art. particul.); faites bouillir avec suffisante quantité d'eau commune ces substances végétales, en les introduisant successivement dans l'eau selon l'art; sur la fin de l'ébullition, jettez dans votre vaisseau cinq, six ou huit écrevisses de riviere, que vous aurez auparavant écrasées dans un mortier de marbre; donnez encore quelques bouillons, passez & exprimez, & votre bouillon est fait.
Il faut observer que jamais on ne prescrit les écrevisses seules, mais toujours avec plusieurs plantes altérantes, & quelquefois avec les viperes, ce qui est une nouvelle raison pour qu'on ignore au moins l'efficacité des écrevisses en particulier, quand même ce bouillon composé auroit quelque effet réel. Voyez Composition.
Nous n'avons aucune bonne observation sur l'usage diététique des écrevisses; il m'a paru cependant qu'elles étoient d'assez facile digestion, c'est - à - dire, que le plus grand nombre d'estomacs s'en accommodoient assez. J'en ai vû manger des quantités considérables à des personnes qui n'étoient pas accoutumées à cet aliment, & je ne les ai point vûes s'en trouver mal. l'ose assûrer sur - tout que je n'ai jamais apperçû leur effet échauffant, quoique le sel & le poivre dont on releve leur goût qui est fort plat sans cet assaisonnement, soient fort propres à procurer cet effet, & qu'il fallût même le leur attribuer absolument chez les personnes qui se trouveroient échauffées par l'usage des écrevisses salées & épicées.
Quant au jus d'écrevisse qu'on fait entrer dans des bisques, des coulis &c, il ne fait qu'augmenter la quantité des parties alimenteuses de ces mets; c'est proprement de l'aliment vrai ajoûté à celui que fournissent les viandes dans l'assaisonnement desquelles on le fait entrer. Nous ne connoissons jusqu'à présent au jus d'écrevisse que sa qualité générique d'aliment. (b)
 
Ecrevisse, (yeux d') (Mat. med.) Voyez ci - dessus au mot Ecrevisse, ce qu'on appelle ainsi. Nous ne connoissons aux yeux d'écrevisse que les propriétés communes à tous les absorbans ou alkalis terreux. Voyez médicament terreux, sous le mot Terreux.
On ordonne toujours les yeux d'écrevisse préparés: leur préparation consiste à les mettre en poudre dans un mortier de fer, à les porphyriser ensuite & à les former en petits trochisques pour les garder.
On prépare avec les yeux d'écrevisse & l'esprit de vinaigre un sel & un magistere absolument analogues au sel & au magistere de corail. Voyez Corail.
Si on unit les yeux d'écrevisse au suc de citron, on a la composition comme dans les boutiques d'Allemagne sous le nom d'oculi cancrorum citrat; composition fort peu usirée en France & qui est fort analogue au sel d'yeux d'écrevisse & au sel de corail dont nous venons de parler.
On prépare des tablettes avec les yeux d'écrevisse de la maniere suivante: prenez des yeux d'écrevisse preparés, une once; de suc blanc en poudre fine, quatre onces: mêlez les avec soin en les agitant ensemble dans un mortier de marbre, & faites - en une masse avec suffisante quantité de gomme tragacanth tirée avec l'eau de fleurs d'orange: formez de cette masse des tablettes ou pastilles selon l'art.
Les yeux d'écrevisse entrent dans les compositions suivantes qui se trouvent dans la pharmacopée de Paris; la poudre è chelis cancrorum, la poudre absorbante, la poudre d'arum composée, les tablettes absorbantes & fortifiantes, la confection d'hiacynthe. (b)
 
Ecrevisse, (Mat. med.) Cancri marini maximi apicibus chelarum nigricantibus, bouts noirs des grosses pattes d'écrevisses de mer; les apices chelarum nigricantes sont ce qui a donné leur nom à une poudre absorbante & prétendue alexitere & cordiale connue dans les pharmacopées sous le nom de pulvis è chelis cancrorum dont voici la dispensation, prise de la pharmacopée de Paris. Prenez, apicum nigrorum chelarum cancrorum ou des bouts noirs des grosses pattes d'écrevisse, trois onces; d'yeux d'écrevisse de riviere préparés, de corail rouge préparé, de succin blanc préparé, de corne - de - cerf préparée philosophiquement, de chacun une once; de perles préparées, de besoard oriental en poudre, de chacun demi-once; de gelée de viperes une suffisante quantité: mêlez toutes ces drogues pour en faire une masse que vous diviserez en petites boules qu'il faut sécher avec précaution."

extrait de l''Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.

Jean de Renou* préconise les écrevisses de rivière grillées, réduites en poudre contre les ulcères chancreux et les morsures des chiens enragés. Nicolas Lémery* conseille de les faire cuire vivantes dans l’huile de lin.
http://www.ordre.pharmacien.fr/pharmacie/pdf/objets.pdf

* RENOU : les Oeuvres pharmaceutiques du sieur Jean de Renou, conseiller et médecin du Roy à Paris à Baugé (1637-1638)
* LEMERY : Rouen 17 novembre 1645 - Paris 18 juin 1715, Pharmacopée Universelle (1697)

 
 chevrette
O. Lumbri
fin XVIIe
Oleum lumbricorum
(huile) de lombric (vers de terre)

Il existait de nombreuses préparations à base de ver de terre (vermis, vermes, lombric : lumbricus), par exemple : Lumbrici terrestres, Lumbricorum praeparatio, Sal Volatile Lumbricorum, Spiritus Lumbricorum.
Cette préparation d'huile de lombrics figurait encore dans l'édition du Codex Pharmaceutique de Paris au XIXe siècle (Codex Medicamentarius seu Pharmacopoea Parisiensis). On la prescrivait en traitement externe contre le rachitis (rachitisme), de la goutte ou du rhumatisme. Le premier Codex Pharmaceutique date du 23 juillet 1748. Un nouveau Codex sera ordonné par le roi Louis-Philippe le 8 août 1816, qui sera publié sous le nom de Codex medicamentarius seu Pharmacopoea gallica.

Selon Mattioli, Galien la prescrit contre la jaunisse et broyés, incorporés à du miel rosat contre la goutte (Livre de la Thériaque à Pison), Pline au livre 30, ch. 8, 23 de son Histoire Naturelle indique ces vermes
terrenis à cuire dans l'huile bouillante avant de les mettre dans l’oreille opposée à la douleur... et celle-ci s’envolera ! (vermes terreni decocti in oleo infusique auriculae, cuius a parte doleant, praestant levamentum).

"Des vers de terre des plus gros et bien lavés et de l’huile commune, ana 3 livres, Du vin blanc, ½ livre. Laissez-les en macération pendant 24 heures. Après cela, cuisez-les jusqu’à consomption du vin. Exprimez ensuite l’infusion et gardez l’huile exprimée pour l’usage.
On choisira des vers de terre des plus gros. On les lavera dans de l’eau et on les mettra infuser dans l’huile et le vin pendant vingt-quatre heures. Ensuite l’on fera bouillir l’infusion à petit feu jusqu’à consomption du vin et on la coulera avec expression pour la garder au besoin.
Elle est bonne pour ramollir et pour fortifier les nerfs, pour les douleurs des jointures, pour résoudre les tumeurs, pour les dislocations, pour les foulures. On en frotte les parties malades. Les vers de terre répandent beaucoup de leur sel volatil dans cette huile. C’est ce qui lui donne beaucoup de vertu."
extrait de la Pharmacopée universelle de Nicolas Lémery (voir précédent remède)

Indications identiques chez Moyse Charas.

 
  Vase
LEECHES
XIXe
traduction anglaise de sangsues : voir LA SAIGNEE


SOURCES :
 
 
- http://www.fitzmuseum.cam.ac.uk/opacdirect/73179.html (albarello castel-durante)
- http://web2.bium.univ-paris5.fr/livanc/?cote=00216x04&p=10&do=page (Mesué)
- http://www.monasteriosanjuan.com/images/cim-01-g.jpg (san juan de la peña)
- http://www.bnf.fr (mandragore : manuscrit arabe)
- http://www.culture.gouv.fr/documentation/joconde/fr/pres.htm (pots masséot d'abaquesne)
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Bhaisajyaguru (bouddha de la médecine)
- http://www.onmarkproductions.com/html/yakushi.shtml (Bouddha yakushi)
- http://www.louvre.fr/ (ramsès II, alabastre)
- http://jfbradu.free.fr/egypte/LES%20TOMBEAUX/LES%20HYPOGEES/VALLEE-DES-ARTISANS/vases-onguent_small.jpg
(pot XVIIIe dynastie égyptienne, bouteille cananéenne)
- http://perso.orange.fr/philippe.provost/familles/papaveracees.htm (capsule de pavot)
- http://www.culture.gouv.fr/champagne-ardenne/2culture/musee_france/pharma_musee.html
(apothicairerie hôtel-dieu-le comte)
- http://www.ville-troyes.fr/MAIRIE/liblocal/docs/PressTroyes/2007/Press3-N-154-Flaneries.pdf
(apothicairerie troyes, détail)
- http://www.socpharmbordeaux.asso.fr/pdf/pdf-145/145-092-095.pdf (carmes de bordeaux)
- http://beijing.runweb.com/lang-FR-page-966-2V-page,Un-hopital-taoiste-qui-ne-manque-pas-de-souffle.html
(hôpital taoïste)
- http://www.khulsey.com/travel/beijing_traditional_chinese_medicine.html (tongreng tang)
- http://www.easterncurio.com/easten%20curio/Afurniture/Furniture1BigCabinet.htm (armoire chinoise)
- http://www.gutenberg.org/files/17170/17170-h/17170-h.htm (pueblo zuni)
- http://www.arts-primitifs.com/shop-africain/pot-pharmacopee-dogon-mali-objets-ethno-p-345.html (pot Dogon)
- http://www.arqueomex.com/PDFs/S8N5MEDICINA74.pdf (maticehuac)
- http://www.ordre.pharmacien.fr/upload/Syntheses/253.pdf (hôtel-dieu le comte, boîtes)
- http://www.metmuseum.org/toah/hd/khan3/hob_57.61.12a,b.htm (albarello iranien)
- http://prie.us/albarelli/a0248.php (albarello faenza)
- http://media.artsolution.net/media/THEOREMEGALphoto/THEOREME1392006T16133.jpg (orsini)
- http://www.md.ucl.ac.be/histoire/Objets-CV/Couvreur9.htm (talavera)
- http://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/farm/documents/Salle_Couvreur.pdf (idem)
- http://www.abocamuseum.it/reperti/scheda.asp?reperto=06c (albarello sienne)
- http://www.md.ucl.ac.be/cehpm/publications/JPB2002_57_3.pdf (spodium)
- http://www.musees-haute-normandie.fr/collections/objet.php?obj=07340000563&lang=fr (pot-canon miel rosat)
- http://www.mairie-cahors.fr/patrimoine/inventaire/memoire/DPT46-2001/ple/IVR73_01460771NUC_P.jpg
(pot canon V. resupt.)
- http://www.phisick.com/a6ajgaeta.htm (éthiops minéral)
- http://caoa55.free.fr/chap2/album/notices/aoa0934.htm (OL. PALM)
 

 

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