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ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

-Médecine
 menu du chapitre MEDECINE
 
LES POTS A PHARMACIE----
par l'illustration
 
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LES
--------COMPOSITIONS------
A BASE
DE VEGETAUX
( I )



 POT A PHARMACIE

 type de pot
LIBELLÉ DU CARTOUCHE/ECRITEAU (nom complet si le libellé est abrégé)
Lieu /date de fabrication/attribution/lieu de conservation (le cas échéant)
nom latin (si différent du libellé)
-----nom--français--------

 

 

 
albarello
DIASCORDION
fin XVIIe - début XVIIIe
diascordium
  
On trouve aussi DIASCORDON : Du préfixe grec, puis latin dia, "fait de", "composé de", et scordon : voir plus loin. "On peut rapporter au sinapisme tous les médicamens âcres, irritans, &c. donnés dans le dessein de faire des révulsions des parties supérieures aux inférieures; tel est l'emplâtre diascordon ou sait des ails*, les préparations avec des oignons, des figues seches, &c. appliqués sur les jambes & aux autres parties du corps." Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.

* non pas les aulx (Allium sativum) mais la germandrée faux-ail, l'ancien scordium (grec skordion, scordion, scordon)

"DIASCORDIUM, s. m. (Pharmacie.) on appelle ainsi une préparation officinale, dont le scordium est un des ingrédiens. Jérome Fracastor en est l'auteur [Lémery l'associe à Sylvius, NDE], & il en donne la description dans son traité de contag. & morbis contagiosis. Cette composition est d'un fréquent usage parmi nous. La description que nous donnons ici est tirée de la pharmacopée de Paris.
Diascordium de Fracastor. des feuilles seches de scordium, [omission: formula; to see, consult fac-similé version] once; de roses rouges, de racines de bisstorte, de gentiane, de tormentille, de chaque [omission: formula; to see, consult fac-similé version] once; du cassia lignea, de la canelle, des feuilles de dictamne de Crete, de semences de berberis, du styrax calamite, du galbanum, de la gomme arabique choisie, de chaque [omission: formula; to see, consult fac-similé version] once; du bol oriental préparé, deux onces; du laudanum, du gingembre, du poivre long, de chaque deux gros; du miel rosat cuit en consistence requise, deux livres; vin de Canarie généreux, une suffisante quantité: faites du tout un électuaire selon les regles de l'art.
Le diascordium est un excellent remede, qui peut très - bien suppléer au défaut de la thériaque, & qu'on peut regarder comme un peu plus calmant, parce qu'étant gardé sous une consistence pius ferme, l'opium qu'il contient ne s'altere pas par la fermentation comme dans la thériaque. On l'employe ordinairement, & avec succès, depuis un scrupule jusqu'à deux gros dans les dévoiemens qu'il est à - propos d'arrêter; cet électuaire est d'ailleurs stomachique, cordial, & diaphorétique."
extrait de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert
 

 

 
Corticis.Peruviam
Lyon, vers 1700-1725, Mâcon, musée des Ursulines
Ecorces du Pérou
  
De cortex (plur. corticis) écorce en latin. On trouve différentes appellations sur cette base : cortex peruvianum, cortex peruvianus, cortex febrifugus, corticis peruviarii, corticis peruviani,

"Au XVIIème siècle des marins avaient rapporté de leurs voyages des récits fabuleux et en particulier l’histoire d’un miraculeux arbre à fièvre poussant en Amérique du sud et utilisé par les indiens. En 1633 un moine nommé Calancha vivant au Pérou avait décrit la façon dont l’écorce était réduite en poudre et guérissait les fièvres."
"Au mot anglais bark, qui signifie écorce, le Dictionnaire anglais de S. Stone ajoute « Jesuit's bark, le quinquina. » Voici ce qu'en dit le Dictionnaire de Trévoux : « Écorce qui vient des Indes occidentales, qui est un remède admirable pour les fièvres intermittentes; elle est compacte, de couleur rougeâtre, d'un goût amer. Quinquina cortex. L'abre d'où on la tire croît au Pérou, dans la province de Quito, sur des montagnes près de la ville de Loxa. On l'appelle aussi Quinaquina, ou China-China [kinakina, quinaquina, kinquina, du quechua péruvien, NDE]. Les habitants du pays l'appellent Ganapéride, et les Espagnols Palo deilles sont rondes, dentelées. Sa fleur est longue, de couleur rougeâtre; elle est suivie d'une gousse qui cocalenturas, c'est-à-dire bois des fièvres. Cet arbre est de la grandeur à peu près d'un cerisier. Ses feuntient une amande plate, blanche, enveloppée d'une membrane mince. Il y en a deux espèces, un cultivé, et l'autre sauvage : le cultivé est beaucoup meilleur que l’autre. Le Quinaquina n'est connu des Européens que depuis l'année 1640. Les Jésuites de Rome lui donnèrent beaucoup de réputation en Italie et en Espagne en 1649. Le cardinal de Lugo en apporta le premier en France en 1650. Il y fut d'abord vendu au poids de l'or, à cause de la vertu merveilleuse qu'il a de guérir la fièvre. Étant réduit en poudre, on l'appelait la poudre du cardinal de Lugo. Les Anglais le nomment la poudre des Jésuites, parce que ce sont eux qui l'ont apporté des Indes et l'ont fait connaître en Europe."
Kinquina, planche de l'Histoire des Drogues de Pierre Pomet,
Paris : Jean Baptiste Loyson & Augustin Pillon, 1694, p. 132.
"Un intérêt accru fut accordé au saule vers la fin de XVIII eme siècle car il était alors primordial de trouver un remède aux fièvres causées par le paludisme. Edward Stone dans le
Rapport sur le succès de l'écorce de saule dans le traitement des fièvres écrivait : "il y a
environ six ans, j'ai goûté par hasard cette écorce et fut surpris par son amertume
extraordinaire, qui me fit immédiatement penser qu'elle pouvait avoir les même propriétés que
l'écorce du Pérou". L'écorce du Pérou était de la poudre de quinquina dont le principe actif, la
quinine, présente une grande capacité à soulager les personnes atteintes de paludisme [la quinine sera découverte en 1820 par Pierre Joseph Pelletier (1788-1842) et Joseph Bienaimé Caventou (1795-1877), NDE]. A partir de cette similitude, Stone établit que les deux écorces devaient avoir les même propriétés, et à la suite de ce rapport, l'écorce de saule fut utilisée en complément de l'écorce du Pérou,
beaucoup plus coûteuse."

extraits, dans l'ordre, de :
http://aspirine.over-blog.net/categorie-435182.html
http://users.skynet.be/pater.de.smet/pj-b-f/pagina176.htm
http://www.ens-lyon.fr/DSM/magistere/projets_biblio/2001/barbe.pdf

Les quinquinas appartiennent au genre Cinchona sp. Parmi les espèces cultivées : Chichona Succirubra Pav., Cinchona Officinalis L., Cinchona Pubescens sont les plus courantes.

 
  chevrette
sur la panse : S.FEBRIFNG D.B
sous le pied : S. FEBRIFUG D.B
Rouen, XVIIIe, musée Flaubert & d'Histoire de la Médecine
siropus (syropus) febrifugum (febrifugium)
sirop fébrifuge
Du latin médiéval siropus, syropus, lui-même de l'arabe schirab, sharab : boisson, du verbe shariba : boire, et febrifuga, fébrifuge en latin, de febris, la fièvre. De nombreuses plantes ont été utilisées comme antipyrétique (qui combat la fiève) et il 'est pas vraiment possible de savoir exactement ce que contenait notre pot. Le quinquina, et avant lui le saule, bien sûr (voir remède précédent), le frêne (appelé "quinquina d'Europe"), l'eau de laitue, le vin poivré, le gingembre, la racine de grande gentiane, la camomille dont préconise Dioscoride contre les fièvres intermittentes (fièvre tierce, double-tierce, fièvre quarte, etc.), la colchique, qu'indique Celse contre les fièvres au long cours et, paraît-il... le poux ! L'armoise en général, appelé par les Romains...febrifuga, et l'absinthe en particulier, cité par le papyrus Ebers (vers - 1600). On utilisait aussi des sels fébrifuges : Sal febrifugus Sylvii, Sal febrifugum

 
 
pot-canon, porcelaine
CERAT DE GALIEN
Collin : successeur de Alcoque, Paris, vers 1860, musée Flaubert et d'Histoire de la Médecine, Rouen.
Ceratum galeni
de ceratus, participe passé latin de cero (grec : keros), la cire : enduite de (cire).
"CERAT, s. m. (Pharmacie.) onguent dont la cire fait la base. Les modernes préparent leur cérat avec des substances grasses & huileuses, des gommes, des résines, des baumes, & des poudres, unis ensemble par une quantité suffisante de cire, à laquelle ils ajoûtent quelquefois des mucilages & différentes sortes de sucs; en sorte que la composition soit plus épaisse qu'un onguent, & plus molle qu'une emplâtre.
La regle prescrite par les auteurs, est de prendre huit parties d'huile, de graisse ou de suc, quatre de cire, & deux de poudre; d'autres prennent trois onces d'huile, une demi - once de cire, & trois dragmes de poudre.
Mais comme les substances huileuses & onctueuses sont plus fluides dans les tems chauds que dans les tems froids, c'est une circonstance à laquelle il faut avoir égard. (...)
 
Quelquefois on prépare un cérat avec huit parties d'un onguent sur deux ou trois parties de cire; d'autres fois, c'est en amollissant la matiere d'une emplâtre par une addition d'une quantité suffisante d'huile.
On étend le cérat sur un linge, & on l'applique sur la partie affligée.
On se propose de produire avec les cérats un grand nombre d'effets différens, comme de rélâcher, amollir, digérer, cicatriser, attirer, &c. Ainsi on peut faire des cérats dessiccatifs, détersifs, fondans; on les applique sur les différentes parties du corps, & dans différentes occasions. On employe les remedes en consistance de cérat, pour ne pas offenser les parties, & occuper moins de place.
 
Cérat blanc: prenez huile d'amandes douces, cinq onces; cire blanche, deux onces; blanc de baleine le plus fin, une once; céruse lavée dans l'eaurose, une once & demie; camphre, une demi - once: faites fondre sur le feu les ingrédiens fusibles; remuez - les tandis que vous y répandrez les poudres, jusqu'à ce que le mêlange soit froid. (...)
 
Cérat jaune dessiccatif: prenez résine jaune, une demi - livre; suif de mouton, quatre onces; huile d'olive, cinq onces; terebenthine de Venise, trois onces; turbith minéral, quatre gros: faites - en un cérat selon les regles ci - dessus.
 
Cérat de Galien: prenez cire blanche, deux onces; huile rosat, cinq onces: mêlez - les selon l'art, & faites - en un cérat."
article de l'encyclopédie de d'Alembert et Diderot
 
 
A SUIVRE...
 

 
SOURCES :
 
- http://www.culture.gouv.fr/ (diascordion)
- http://mistral.culture.fr/public/mistral/joconde_fr (écorce du pérou)
- http://bell.lib.umn.edu/Products/cin.jpg (kinquina)

 

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