ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
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- ----------------- ABBAYE----------

ELEMENTS DE BIOGRAPHIE :
(2)

 
GERBERT D'AURILLAC

Pape
SYLVESTRE II

(938-1003)



L'Auvergne (945-966) et L'Espagne (967-970),

Rome (970-972)

Reims (972-980)

Trivium : Logique et Réthorique

Quadrivium : Les Mathématiques

L'arithmétique

La géométrie

L'astronomie

Bobbio (982-983)

Reims (984-999)

Rome (999-1003)

 
 


 

Bobbio (982-983)


La grande joie de Gerbert à l'abbaye de Bobbio fut de travailler dans l'une des plus riches bibliothèques d'Occident de l'époque, comme en témoignent ses premières correspondances de 983. D'autres lettres* (il en écrivit plus de deux cents), malheureusement, précisent que cette abbaye prestigieuse étaient occupés par des moines quelque peu dissolus, qui grignotaient le Trésor de l'abbaye, sans compter les puissants potentats locaux, qui convoitaient les vastes domaines du monastère. Il écrit même au pape Jean XIV, fin 983, pour se plaindre de ces faits, mais aussi parce que son autorité d’abbé est mise en doute, lui qui a porté si souvent les charges abbatiales, et demande au pape de prendre des décisions à ce sujet. De plus, les grands domaines de l'abbaye étaient convoités par de puissants potentats locaux. Gerbert finit par quitter l'abbaye vers novembre 983, découragé par cette situation, amplifiée du danger des invasions sarrasines, qui ont provoqué la mort d' Otton II, en décembre 983, et retourne à Reims auprès d'Adalbéron, tout en gardant le titre d'abbé et des relations auprès de certains des moines de l'abbaye italienne :

" A la tête du monastère de Bobbio, Gerbert doit affronter deux tâches fondamentales: administrer l'établissement en lui faisant restituer son patrimoine par ceux qui l'ont usurpé et manifester sa fidelitas au souverain envers qui il doit auxilium et consilium.
Il connaît d'autant mieux ces devoirs fondamentaux qu'il arrive en Italie, venant d'un
pays où se sont désormais imposées ces règles propres à la société féodale. Or suivit
très rapidement la crise entre le souverain et le nouvel abbé. Sitôt établi à la tête du monastère, Gerbert se lance dans son but principal : récupérer les biens perdus, refaire le
patrimoine foncier. Encore lui fallait-il disposer d'un inventaire fiable à partir duquel
procéder. Sans doute est-ce le breviarium connu par une copie du XIIe siècle que A. Castagnetti signale comme ayant été composé à la fin du Xe siècle et dont Michele Tosi a
donné une nouvelle édition. Partant de cette base, Gerbert peut ainsi s'en prendre à
l'évêque de Pavie, puis à d'autres seigneurs comme Boson de Nibbiano qui se permettait
de récolter le foin du monastère.
Très rapidement surgit le conflit avec Otton II et sa cour. Otton II entend que
soit maintenue la situation d'équilibre obtenue avec les Obertenghi. Nous ne savons
pas quels étaient les liens de parenté qui unissaient son prédécesseur Pietroald à la noblesse
locale, aucun document connu jusqu'à ce jour n'ayant permis de l'établir. Mais
Otton II imposait à Gerbert de respecter celui dont il était devenu le successeur. C'est
surtout le conflit avec l'évêque de Pavie qui provoque la rupture. L'évêque Pierre Canepanova était un personnage de très haut rang au sein de l'empire ottonien. Chancelier sous Otton Ier, il était devenu évêque de Pavie en 972, tout en continuant de
diriger la chancellerie impériale. Missus imperatoris, il avait été appelé à connaître de diverses causes au sein du royaume d’Italie. L’intervention de Gerbert contre une telle
personnalité, en termes violents, ne pouvait que déplaire à la cour impériale. Que Gerbert
l’ait compris ne fait aucun doute, même si nous ne disposons pas de lettres d’Otton
II à ce sujet, mais le ton des lettres de Gerbert le fait comprendre lorsqu’il en vient
à dénoncer le complot qui se trame contre lui au palatium de Pavie. Il se permet d’ailleurs
d’écrire à Otton II pour lui demander de chasser ceux du palais qui s’en prennent
à lui. Ses paroles sont loin d’être diplomatiques, quand il en vient à oser comparer
l’empereur à un âne. Dans cette lettre d’avant le 7 décembre 983; Gerbert oublie la fidelitas due au souverain. Ainsi Gerbert a-t-il été très vite abandonné par Otton II et la
cour impériale, conséquence de ses maladresses. Et ce ne sont pas ses amis, tel Hughes,
à qui il raconte ses mésaventures qui sont en état de le consoler.
Gerbert était inspiré des principes clunisiens pour tenter la récupération du patrimoine
foncier de Bobbio au détriment des seigneurs féodaux, fort de l’appui du pape
Benoît VII. Or, la disparition de ce dernier le 10 juillet 983 prive Gerbert d’un allié fondamental, d’autant que l’élection du nouveau pape, sous la protection d’Otton II,
tourne en faveur de l’évêque de Pavie, Pierre Canepanova, à qui s’en était pris Gerbert,
lequel prend le nom de Jean XIV. Dès lors Gerbert, qui a perdu le soutien d’Otton II,
ne peut plus compter sur celui du pape. Il est alors proprement expulsé du monastère,
sans doute récusé par la majorité des moines. Sans doute son expulsion est-elle contemporaine de l’élection de Jean XIV (novembre 983) et de la mort d’Otton II (7 décembre 983). Outre la perte de confiance de la part du pape et de l’empereur convient-
il de faire intervenir la pression des successeurs d’Oberto Ier. Faut-il penser que
les Obertenghi auraient pu profiter de la disparition d’Otton II pour s’en prendre à
Gerbert qui menaçait de leur reprendre certaines terres? La politique impériale d’Otton
II entendait limiter leur progression territoriale qui commencée sous la protection
d’Otton Ier se faisait de plus en plus menaçante au sein du royaume d’Italie, et ce aux
dépens principalement du monastère Saint Colomban de Bobbio."

extrait de :
http://www.degruyter.de/journals/fmst/2002/pdf/36_271.pdf

* LETTRES : Nous possédons près de 233 lettres de Gerbert qu'on a classé en deux groupes : Epistolae ante summum pontificatum scriptae et Epistolae et decreta pontificia. Gerbert ne déclinait que rarement ses qualités en en-tête des lettres. Quand il le faisait, il employait surtout les termes de "Scolastique" et "abbé écolâtre", scholaris abbas (épîtres 7, 12, 142, 148, 161). Il ne se qualifie qu'une seule fois abbé de Bobio, dans l'épître 14.

Reims (984-999)


 
Ce deuxième séjour à Reims fait prendre un nouveau tour à l'existence du futur pape Sylvestre II. En effet, la situation politique de l'Europe est tendue (Gerbert en prends le pouls : il est à Rome et à Mantoue en 985) : Dans l'empire germanique, Otton III a trois ans quand son père décède : deux partis luttent alors pour en assurer la régence, l'un emmené par Henri de Bavière et le roi des Francs, Lothaire (954-986), l'autre par les impératrices Théophano et Adélaïde, camp adopté par Gerbert et Adalbéron, qui soutiennent Hugues Capet contre Lothaire. Ce dernier accuse alors Adalbéron de trahison, mais aucune sanction ne viendra, Lothaire mourrant subitement en 986. Son jeune fils, Louis V convoquera une assemblée présidée par Hugues Capet qui concluera à l'innocence du prélat rémois. Puis, le 22 mai 987, l'opposition des Carolingiens et des Capétiens se ravive à nouveau, le roi Louis V décédant d'un accident de chasse, laissant derrière lui un seul candidat à sa succession, neveu de Charles de Lorraine. La célèbre assemblée de Senlis de 987, nous le savons, élira le Capétien au royaume de France en partie grâce au soutien de Gerbert et d'Adalbéron. Pourtant, Hugues Capet ne remerciera pas Gerbert de cet appui. A la mort d'Adalbéron, en 989, il donnera à Arnoul (Arnulf), fils bâtard de Lothaire, le siège archiépiscopal de Reims, pensant rallier à lui les derniers Carolingiens. C'est pourtant Arnoul qui donnera Reims au Carolingien. Après réflexion, Gerbert deviendra alors le secrétaire d'Hugues Capet et préparera le concile fixé en l'abbaye de Sainte-Basle de Verzy, près de Reims, en juin 991, qui déposera Arnoul, le pape n'ayant même pas répondu au courrier du roi. Gerbert sera, cette fois, naturellement désigné par le roi pour occuper la place d'Arnoul. Gerbert rendit compte de ce concile, mais aussi d'autres synodes, en plus de discours apologétiques, dans : "Concilii Remensis ad Sanctum Basolum". D'autres textes théologiques lui sont attribués de manière douteuse, comme Sermo de informatione episcoporum et De corpore et sanguine Domini* (Traité du corps et du sang du Seigneur), ainsi qu'un traité au sujet des anges, " ad celebres, Rex coeli...".

* DE CORPORE... : "Gerbert paraît avoir été déterminé à l'entreprendre par deux motifs principaux: l'un, de montrer que ceux qui, comme Pascase [Paschase, NDE] Radbert, soutenaient que le corps de Jésus-Christ dans l'Eucharistie est le même que celui qui, étant né de la Vierge, est mort et ressuscité, et queles autres qui, comme Raban de Mayence et Ratramne de Corbie, prétendaient le contraire, n'ont point eu de différents sentiments sur le fonds du mystère. L'autre motif, qui fit prendre la plume à notre écrivain, fut de faire voir l'absurdité de l'erreur imaginaire des Stercoranistes. On voit par-là qu'encore sur la fin du Xe siècle on agitait ces questions sur l'Eucharistie. Sur ce plan, Gerbert a divisé son écrit en deux parties. La première, qui est la plus prolixe, il l'emploie à prouver le premier point de son dessein, par un grand nombre de passages tirés des Pères grecs et latins, presque tous fort bien choisis. Il fortifie ces preuves par divers raisonnements pris de l'arithmétique, de la dialectique, de la géométrie, et appuyés de figures, dont on a omis la première dans la dernieère édition de l'ouvrage. Manière de raisonner qui découvre Gerbert à ne le pas méconnaître. Dans tout ce qu'il dit de Pascase, il ne parle de lui et de son ouvrage qu'avec de grands éloges. De même, toute cette première partie est remplie de preuves invincibles de la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie.


Gerbert est fort succinct dans la seconde partie. Il s'y arrête particulièrement à faire sentir les inepties, comme il les qualifie lui-même, de ceux qui, pour appuyer l'opinion du Stercoranisme, abusaient de ces paroles de l'Evangile, au verset 17 du chapitre XV de S. Matthieu: Tout ce qui entre dans la bouche, descend, etc Il en prend occasion de rappeler le blasphème de quelques hérétiques qui prétendaient, à ce sujet, que Jésus-Christ avait ignoré la physique. Gerbert y fait aussi lui-même un peu le physicien, en expliquant la digestion. Il conclut enfin qu'il est absurde qu'un aliment spirituel, tel qu'est le corps de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, soit sujet à la digestion et à ses suites. C'est, par conséquent, ditil, une nourriture pour l'homme intérieur. Que si elle influe dans l'homme extérieur, il est de la piété de croire que c'est pour être le germe de sa résurrection au dernier jour. L'auteur fait paraître dans ce petit traité beaucoup de justesse et de solidité d'esprit. On n'y découvre rien, au reste, qui puisse faire juger si ce fut avant ou après son épiscopat qu'il y mit la main."

Extrait de : http://wikisource.org/wiki/Patrologia_ Latina_Vol_139_Silvester_II


A noter cependant que Gerbert dut faire alors une profession de foi, tant de choses circulant sur son compte à propos de ses pouvoirs supposés magiques, certains allant même prétendre qu'il avait fait un pacte avec le diable, légendes qui lui colleront longtemps à la peau, même après sa mort !

sylvestre II pactisant avec le diableCod. Pal. germ. 137,
Chronicon pontificum et imperatorum de Martinus Oppaviensis (Martin von Troppau, Martinus Polonus, + 1278), fol 216v, enluminé dans l'atelier de Diebold Lauber à Haguenau, vers 1460, 14,5 x 14,5 cm, conservé à la bibliothèque de l'Université de Heidelberg (Universitätsbibliothek)
Le pape Sylvestre II pactise avec le diable.

La légende dit que Gerbert avait construit une tête mécanique, un automate (encore une influence arabe), construit "lorsque toutes les planètes étaient à l'entrée de leur course", selon une légende des Templiers. Cet automate qui répondait à n'importe quelle question et qui pouvait répondre par "oui" par "non". Celle-ci aurait dit "oui" quand Gerbert lui aurait demandé s'il deviendrait le pape alors, il lui aurait demandé s'il mourrait avant qu'il n'ait dit la messe à Jérusalem. La tête aurait dit "non" et Gerbert aurait décidé qu'il n'irait jamais à Jérusalem. Cependant, au cours de sa charge, il dit la messe dans une des églises les plus petites de Rome et découvrit ensuite que c'était l'église de Sainte Marie de Jérusalem, appelée communément "Jérusalem." Il serait devenu malade peu de temps après. Dans ses derniers propos, il aurait demandé aux cardinaux de couper en morceaux son corps et de les jeter dans les fosses d'aisances et les dépôts d'ordures de la ville, disant que, tandis que son corps pourrait appartenir à Satan, il n'avait jamais fait le serment au diable que son esprit lui appartînt.

Plus sérieusement maintenant, l'archevêque Gerbert travaille beaucoup, dépassant même le cadre de son diocèse, aussi loin que Tours, Orléans ou Paris, réglant les conflits entre laïcs et clercs, consultant sur les problèmes canoniques, rappelant à l'ordre les évêques suffragants indociles. Les soucis majeurs de Gerbert viennent du côté de Rome, vers qui les partisans d'Arnoul se tournent, et qui obtiennent du pape qu'un légat, Léon, soit envoyé pour enquêter sur lui. Ce qui fut fait en 992 au synode d'Aix-la-Chapelle, où le pape Jean XV cita à Rome les rois et les évêques français, sans résultats. En 994, le pape réunit un nouveau concile à Ingelheim et se prononça contre les décisions du concile de Saint-Basle, en même temps qu'il excommuniait Gerbert et ses amis évêques. En réponse à cela, un concile français fut tenu à Chelles en 994/995, où Hugues Capet et son fils Robert, qui présidait le synode, soutinrent Gerbert : on décida de s'opposer à la décision du pape. Le légat Léon convoqua alors un nouveau concile à Mouzon (Mouson), près de Sedan, en juin 995, puis un mois plus tard, à Reims, et Hugues Capet défendit aux prélats français de s'y rendre, mais Gerbert s'y était rendu..seul. Dans le même temps Gerbert publie les actes du concile de Sainte-Basle et défend ses thèses dans un traité épistolaire, la lettre ayant été envoyée à Wilderod, évêque de Strasbourg. Gerbert reconnaît sans conteste la primauté du pape, mais il dit que ce dernier n'a pas à intervenir directement dans les affaires de sa province, le concile de Nicée ayant défini les rôles dans les conciles provinciaux.
L'affaire était en suspens quand le pape Jean XV, remplacé par Grégoire V, mourut en avril 996, bientôt suivi d'Hugues Capet lui-même. Gerbert ne désarme pas, va à Rome plaider sa cause au nouveau pape, mais ce dernier maintient les positions de son prédécesseur. Comble de malchance, Robert lâche à son tour Gerbert, préoccupé à obtenir la reconnaissance par Rome de son mariage avec sa cousine Berthe, veuve d'Odon, comte de Blois.

Au milieu de toutes ces déconvenues, Gerbert continue ses travaux scientifiques : Il aurait alors inventé ou plutôt perfectionné l'horloge mécanique (vers 994/996), qui allait remplacer progressivement au long des siècles suivants les horloges hydrauliques et autres clepsydres antiques. Gerbert a même conçu une horloge solaire à Magdebourg (Magdeburg). L'horloge mécanique était constituée à ses débuts d'une corde enroulée sur un tambour et lestée d'un poids, instrument peu probant à ce stade technique, si l'on pense quer le mouvement du poids ne se faisaint pas à vitesse croissante et rendait les résultats peu fiables. Il faudra attendra un peu avant 1300 pour voir des horloges mécaniques occuper les clochers, au développement technique toujours insatisfaisant (raison pour laquelle les clepsydres sont perfectionnées jusqu'au XVIIIe !), et plutôt le milieu du XVIIe siècle, où les progrès majeurs de l'horlogerie seront induits par l'invention du pendule.

Toute cette énergie au service des sciences ne fait pas oublier à Gerbert ses difficultés politico-religieuses et, craignant pour ses coreligionnaires menacés d'excommuniation, Gerbert quitte Reims pour Magdebourg (mais aussi Pavie et Rome ensuite), auprès du jeune empereur gemanique Otton III (14 ans), qui le prie de devenir son précepteur, ce qui est fait en automne 997. Un peu avant, "pendant l'été de 997, ce prince se trouvant en Italie, où il se préparait à la guerre contre les Windes que Gerbert nomme Sarmates, il avait à sa suite plusieurs savants, du nombre desquels était Gerbert, et se plaisait à leur proposer des questions subtiles et épineuses de philosophie (MAB. ib. t. I, in fin.). Personne n'y ayant répondu d'une manière satisfaisante, il enjoignit à Gerbert de résoudre celle qui regardait le raisonnable et le raisonnant. Celui-ci ne put l'exécuter sitôt pour cause de maladie. Mais, après avoir recouvré la santé, il le fit par le petit ouvrage dont il s'agit ici. Il y entre dans une longue et sérieuse discussion, qu'il appuie tant de l'autorité des anciens philosophes que de ses propres raisonnements, et d'une figure pour rendre la chose plus sensible. Mais il faut avouer que la difficulté n'en valait pas la peine. Aussi Gerbert s'est-il cru obligé de s'excuser, à la fin de son écrit [De rationali et ratione uti, NDE], d'avoir entrepris de traiter un sujet peu convenable à la gravité épiscopale, dont il était revêtu. S'il le fit, ce ne fut que par le désir de plaire à l'empereur, qui s'occupait alors d'un genre d'étude auquel la question discutée n'était pas étrangère."
Extrait de : http://wikisource.org/wiki/Patrologia_ Latina_Vol_139_Silvester_II

Un peu plus tard, en mai 998, Otton lui accorde l'archevêché de Ravenne, avant de l'installer sur le trône suprême de l'Eglise, en avril 999, où Gerbert ceint la tiare comme premier pape français et prend le nom de Sylvestre II, nom choisi en souvenir du rapport étroit de Sylvestre Ier et de Constantin, à l'imitation desquels Otton III et Sylvestre II voudraient parvenir, pour faire revivre le Saint Empire Romain. Précisons que les tiares représentées plus haut sont fantaisistes. Il faut imaginer notre pape plutôt comme ceci, avec une tiare plutôt conique à deux pointes :


Rome (999-1003)


La quarantaine de bulles papales conservées nous informe que le pape intervient partout en Occident, que ce soit pour exempter des abbayes, pour défendre les évêques contre les laïcs ou pour arbitrer des conflits entre moines et clercs. Par ailleurs, le pape favorise l'élargissement de l'Eglise en créant l'Eglise de Pologne et celle de Hongrie.
C'est alors que les Romains se soulèvent et que Gerbert et Otton III se réfugient à Ravenne, d'où ils pensent pouvoir reconquérir Rome. Un peu trop tard, sans doute, Otton s'éteignant le 22 janvier 1001 et Gerbert le 12 mai 1003, enterré à Saint-Jean-de-Latran, où le pape Serge IV inscrivit une épitaphe gravée contre un pilier de la basilique, évoquant son exceptionnel parcours à la fois intelectuel et religieux.

 

 
Sources :

- http://perso.wanadoo.fr/college.universite.reims/histoire%20college/partie1/chapitre03/page/image1.html
(histoire médiévale de l'école de Reims)
- http://encyclopedia.jrank.org/SHA_SIV/SILVESTER_II.html
- Pierre Riché, article " SILVESTRE II, pape " paru dans le Dictionnaire du Catholicisme, Paris
- http://www.nd.edu/Departments/Maritain/etext/hwp208.htm#p112
- http://www.ku.edu/kansas/medieval/108/lectures/gerbert.html
- http://www.answers.com/topic/pope-silvester-ii

Illustrations

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Armillary_sphere_thumb.png (astrolabe, Encyclopédie de Diderot)
- http://www.soas.ac.uk/gallery/Previous/IslamicPatronage/Images/19.JPG (astrolabe de Nastulus)
- http://www8.informatik.uni-erlangen.de/IMMD8/Services/Astrolab/images/astrolabe_ahmed-ben-khalaf.jpg
(astrolabe de A.I. Khalaf)
- http://www.hps.cam.ac.uk/starry/regioaslabe.html (astrolabe de type Regiomontanus)
- http://www.es.flinders.edu.au/~mattom/science+society/lectures/illustrations/lecture17/gerbert.jpg
(timbre)
- http://www8.informatik.uni-erlangen.de/IMMD8/Services/Astrolab/images/S.97.jpg (schéma astrolabe)
- http://violadagamba.ibelgique.com/html/cnstch2.html
- http://www.ub.uni-heidelberg.de/ebind/docs/cpg137/cpg137428.jpg (pacte avec le diable)
- http://psychicinvestigator.com/demo/IMG00017.GIF (tiare)
- http://kulturinformatik.uni-lueneburg.de/veranst/dig_medientechnik/Images/Guido.gif (main guidonienne)
- http://medieval.mrugala.net/Musique%20medievale/Images/Enseignement%20-%203%20-%20Guy%20d'Arezzo.jpg
(monocorde guy d'arezzo)