ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
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- ----------------- ABBAYE----------

ELEMENTS DE BIOGRAPHIE :
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GERBERT D'AURILLAC

Pape
SYLVESTRE II

(938-1003)



L'Auvergne (945-966) et L'Espagne (967-970),

Rome (970-972)

Reims (972-980)

Trivium : Logique et Réthorique

Quadrivium : Les Mathématiques

L'arithmétique

La géométrie

L'astronomie

Bobbio (982-983)

Reims (984-999)

Rome (999-1003)

 

 

 


L'astronomie


Quatrième branche des mathématiques dans le quadrivium, l'astronomie a bénéficié aussi du voyage de Gerbert en Espagne. En effet, c'est probablement Gerbert qui fit connaître l'astrolabe* à l'Occident, une fois encore transmis par les Arabes, qui l'utilisaient à la fois scientifiquement et religieusement : Avec l'astrolabe, les Musulmans calculaient l'heure des prières, les instants de lever et de coucher du soleil, la qibla (direction de la Mecque). Gerbert, qui en fit un traité (Liber geometriae artis), s'en servait auprès de ses élèves pour leur apprendre la manière de trouver la hauteur d'un point inaccessible. De plus, il dote son astrolabe de sphères armillaires* pour expliquer concrètement à ses élèves le mouvement des astres, enseignement qu'il théorise dans son traité De sphaerae constructione.


 

* ASTROLABE : "Du grec astron, astre et lambanein, prendre, relever (ici la position, astrolabium latin).
Cet appareil aurait été conçu par Hipparque vers 240 avant notre ère.
Faits pour la plupart en laiton, ils mesuraient de 6 à 8 pouces (entre 15 et 20 cm). L'astrolabe le plus utilisé était dit planisphérique, car il représentait la voûte céleste sur un plan : il avait été mis au point pour la première fois par Jean Philopon d’Alexandrie, au VIe siècle.
L'astrolabe se compose d'un boîtier circulaire et creux d'environ 1/4 de pouce d'épaisseur (6mm), LA MERE (matrice, mater, en latin, ummen arabe), surmonté du TRÔNE (car les Arabes le disent fixé au trône de Dieu, kursi) ou ARMILLE (armilla fixa en latin, halka en arabe) , qui permet d'acrocher l'astrolabe, qui fonctionne verticalement.

 L'astrolabe se compose d'un boîtier circulaire et creux d'environ 1/4 de pouce d'épaisseur (6mm), LA MERE (matrice, mater, en latin, ummen arabe), surmonté du TRÔNE (car les Arabes le disent fixé au trône de Dieu, kursi) ou ARMILLE (armilla fixa en latin, halka en arabe) , qui permet d'acrocher l'astrolabe, qui fonctionne verticalement.

Le recto (dorsum latin, zahr arabe) de la mère est gravé de lignes représentant la projection stéréographique de la sphère céleste. Toujours côté face, le bord de ce disque, appelé LIMBE (latin : limbus, margo, le bord ; arabe : hajra, tawq, kuffa) est gradué en degrés (puis, dans le temps, de demis et quarts de degré) sur sa circonférence. Le verso (facies latin, wajh arabe) de cette matrice comportait au moins des degrés gravés permettant de déterminer la hauteur d'un astre à l'aide d'un calendrier zodiacal, donnant quotidiennement la position du Soleil dans le zodiaque, et l'ALIDADE (de l'arabe al-idada, règle, ostensor en latin), une aiguille de visée comportant à chaque bout deux petits marteaux percés d'un orifice, les PINNULES (de pinnula, petite aile en latin) qui permettent d'aligner le rayon lumineux qui provient de l'astre visé, ce qui assure ainsi l'observateur que le plan du dos de l'appareil passe bien par l'astre observé

 

  
Sur ce cercle fixe, venait s'adapter un ou plusieurs autres cercles fixes eux aussi, du nom de TYMPAN (du latin tympanum [on trouve parfois tabula regionem], du grec tumpanum, tumpanos, tambour, arabe safiha), gravés en degrés (pour situer les astres les plus brillants dans le ciel, entre l'horizon, 0° de hauteur, et le zénith, à 90° de hauteur) ou/et en heures (Du haut en bas sur la partie droite pour les heures de l'après-midi et de haut en bas sur la partie droite pour les heures du matin). Le tympan ne servant qu'en une latitude donnée, on en changeait sous des latitudes différentes.


Enfin, surmontant le tout, peut se fixer accessoirement une autre ALIDADE (ou ostensor), pour lire les graduations du limbe, vers lequel un picot qui dépasse de l'araignée indique la position du point vernal, cet endroit sur l'écliptique où se trouve le Soleil le jour de l'équinoxe de printemps : voir illustration de l'astrolabe 1, ci-dessous. Fixant tous les disques par l'axe central, la CHEVILLE (latin cuneus,
equus, caballus; arabe : faras) est parfois découpée en tête de cheval.


* ETOILES CONNUES : essentiellement : Altaïr, Véga, Deneb, Alkaïd, Markab, Fomalhaut, Capella (la Chèvre), Spica (I'Epi), Régulus, Alphar, Sirius, Rigel, Bételgeuse, Aldébaran, Antarès.

 

 
1

2

3a
1. L'astrolabe le plus ancien conservé, d'Ahmad Ibn Khalaf, de Bagdad, "fabriqué pour Jafar, fils du calife Muktafi bi-Ilah qui régna entre 900 et 907 [l’an 315 de l’Hégire , NDE]. Il y a dix-sept étoiles sur l'araignée et huit tympans pour des latitudes allant de 21°N (La Mecque) à 39°N. Le dos est dépourvu de tracé à part une échelle d'altitude, ce qui était le cas sur les plus anciens astrolabes."
Paris, BNF

texte extrait de http://www.ac-creteil.fr/lycees/94/ebranlycreteil/astrolabe/page14.html

2. Astrolabe en cuivre, créé par un certain Nastulus (ou Bastulus) en Irak vers 927/28, un peu avant la naissance de Gerbert.
H 22.5 cm, diamètre 17.5 cm.
Collection Al-Sabah, Koweit

 
 
-3b
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3a/3b face avant et face arrière d'un astrolabe en cuivre de type Regiomontanus (de son vrai nom Johann Müller, 1436-1476, grand mathématicien et astronome allemand).
XVe siècle,
Whipple Museum of the History of Science, Cambridge.

* ARMILLAIRES [de armilla, cercle, bracelet] : "Mise au point en Grèce par Hipparque au IIe siècle avant JC,
elle est composée de 5 anneaux : l’écliptique, le méridien contenant les solstices (colure), ces
deux cercles se coupant à angle droit ; deux cercles mobiles autour de l’axe perpendiculaire au
centre de l’écliptique. Ces quatre cercles portent la graduation babylonienne : ils sont divisés
en 360 degrés subdivisés en 60’ de 60’’. Un cinquième anneau portant deux pinnules au
extrémités de son diamètre s’inscrit et pivote dans le plan du colure. On trouve également des
sphères armillaires en Chine à partir du Ier siècle après JC et en Inde à partir du IVème .
D’après Emmanuel Poulle (Poulle, 1983), la sphère armillaire a deux utilisations possibles :
- Sphère armillaire pédagogique : elle permet au débutant de visualiser les grands cercles de
références de la sphère céleste.
- Sphère armillaire de travail : plus grande, elle porte les mêmes cercles gradués que la
précédente mais elle est posée sur un socle et orientée. Elle peut servir à résoudre des
problèmes quotidiens tels que la détermination de la direction du lieu de lever du soleil."

http://www.episteme.u-bordeaux.fr/publications_maison/DEA.pdf

 

 

    Sphère armillaire

Illustration de L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, qui paraît en France, de 1751 à 1772, sous la direction de Denis Diderot et Jean d’Alembert.

 
C'est à la fin de son séjour à Reims, en décembre/janvier 980/981, qu'a lieu la dispute* intellectuelle de Ravenne, due à un adversaire de Gerbert, Otric de Saxonie (Otrik, Otrick, Otiric, Octricus de Magdebourg), savant saxon attaché alors à la cour d'Othon II, qui aurait introduit dans la classe de Gerbert un élève espion, qui lui fit calomnier sa méthode, qui subordonnait illogiquement selon lui la physique aux mathématiques, comme l'espèce au genre. A Pavie, Othon II réunit Adalbéron et Gerbert, qui n'était au courant de rien. Emmené à Ravenne, Gerbert est mis en face de son détracteur, en présence d'une brochette de savants italiens et allemands, venus pratiquer en témoins le sport de la disputatio, art de la controverse, très prisé au moyen-âge. Inutile de vous dire qu'Otric est rentré en Allemagne se cacher (il mourra peu après), tout humilié par l'excellence de notre bon Gerbert, qui s'est vu glorifié, adulé et récompensé. Il théorisera cette joute intellectuelle plus tard, dans "Libellus de Rationali et Ratione Uti"*. Environ un an plus tard, avant l'été 982, l'empereur lui confia la direction de l'abbaye de Bobbio, au pied des Apppenins, à 45 km au sud de Plaisance.

* DISPUTE : "On attribue à Gerbert (Bib. Bodl. part. II, p. 163 2; OUD. Script. supp. p. 313) une autre dispute qui se passa à Rome, et qui a été imprimée dans la même ville l'an 1544 en un volume in-4. Cet ouvrage qui porte pour titre Dispute des chrétiens et des juifs, Disputatio Christianorum et judaeorum Romae habita, paraît très-rare..."

extrait de : http://wikisource.org/wiki/Patrologia_Latina_Vol_139_Silvester_II
*LIBELLUS... : "Il est dédié à l'empereur Otton III, par une épître qui nous apprend en quel temps et à quelle occasion il fut composé. Pendant l'été de 997, ce prince se trouvant en Italie, où il se préparait à la guerre contre les Windes que Gerbert nomme Sarmates, il avait à sa suite plusieurs savants, du nombre desquels était Gerbert, et se plaisait à leur proposer des questions subtiles et épineuses de philosophie (MAB. ib. t. I, in fin.). Personne n'y ayant répondu d'une manière satisfaisante, il enjoignit à Gerbert de résoudre celle qui regardait le raisonnable et le raisonnant. Celui-ci ne put l'exécuter sitôt pour cause de maladie. Mais, après avoir recouvré la santé, il le fit par le petit ouvrage dont il s'agit ici. Il y entre dans une longue et sérieuse discussion, qu'il appuie tant de l'autorité des anciens philosophes que de ses propres raisonnements, et d'une figure pour rendre la chose plus sensible. Mais il faut avouer que la difficulté n'en valait pas la peine. Aussi Gerbert s'est-il cru obligé de s'excuser, à la fin de son écrit, d'avoir entrepris de traiter un sujet peu convenable à la gravité épiscopale, dont il était revêtu. S'il le fit, ce ne fut que par le désir de plaire à l'empereur, qui s'occupait alors d'un genre d'étude auquel la question discutée n'était pas étrangère."
extrait de : http://wikisource.org/wiki/Patrologia_Latina_Vol_139_Silvester_II


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