ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
 

-ABBAYE
-LE - BEATUS -DE -LIEBANA
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--L'ART DES BEATUS

Les manuscrits- ( VII )
 

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NOM
DU MANUSCRIT

Ms = numéro du manuscrit au catalogue
A = lieu de conservation
S : scriptorium concerné
D = date de création
T = taille en cm
C/300 = complet/ nombre de folios
I/03 = Incomplet/ nombre de folios
SM = sans miniatures
NE = nombre d'enluminures

 

 

 

 COMMENTAIRES

 
BEATUS DE LORVAO

    Ms : CXIII/247 (Cod. 160 ?)
    A : Lisboa, Arquivo Nacional da Torre do Tombo
    S : Monastère Saint Mamed (Mosteiro San Mamede, Mammas, Marned) de Lorvão.

    D : 1189
    C : 219
    T : 34,5 x 24,5
    NE: 88

     
    --Les innombrabres élus glorifient l'Agneau

    Le Béatus portugais (Comentário ao Apocalipse) de Santa Maria de Lorvão (Penacova) possèderait la plus belle reliure des manuscrits existants du Beatus de Liébana. A travers lui, les historiens ont pu réunir toutes sortes d'informations sur l'architecture, la poterie, le vêtement et les coutumes du XIIe siècle portugais. Un ouvrage étrange que ce Beatus inclassable et dont on a pu comparer l'abstraction à celle de l'art primitif.

    Ce manuscrit fut réalisé sur commande du roi Alfonso Henriques, qui le transmit à son fils Sancho I. Ce dernier et son épouse, Aldonza de Aragón, en firent don aux moines cisterciens de Lorvao, qui accueillirent sa fille Teresa (Therasia Teresia, 1175-1250). L'ouvrage fut exécuté par un moine nommé Egeas (Egas).

 
 
BEATUS DE NAVARRE

    Ms : Nouvelles acquisitions latines 1366
    A : Paris, Bibliothèque Nationale de France (BNF)
    S : Monastère de Navarre

    D : fin XIIe
    C : ?
    NE: 59

     
     

    "Je fus ravi en esprit au jour du Seigneur, et j'entendis derrière moi une voix forte, comme le son d'une trompette, qui disait: Ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept Églises, à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie, et à Laodicée." ( Apocalypse 1 : 10-11)

    Ce manuscrit navarrais serait le dernier des Beatus connu à présenter le texte originel du Beatus de Liébana. Il aurait été acheté en Espagne par un libraire de Lyon, qui l'aurait vendu lui-même à un libraire de Milan qui aurait fait de même avec un troisième à Paris, qui finalement l'aurait vendu à la Bibliothèque Nationale de France en 1879, ce que relate Léopold Victor Delisle*, "né à Valognes en 1826 et décédé à Chantilly le 22 juillet 1910, (...) historien et bibliothécaire français, administrateur général de la Bibliothèque Nationale de 1874 à 1905."
    extrait de : http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9opold_Delisle

    * dans un article intitulé "Les manuscrits de l'Apocalypse de Beatus", partie de "Mélanges de paléographie et de bibliographie", Paris, 1880.

    Deux documents probants font soupçonner fortement l'origine navarraise On a trouvé à l'intérieur du codex un document daté de 1389, du roi Charles III de Navarre (Carlos III de Navarra) adressé à l'évêque de Dax, Juan Bauses, et au prieur de Roncevaux (Roncesvalles), Miguel de Tavar. D'autre part, existe dans la bibliothèque de la cathédrale de Pamplona (Pampelune, Iruña en basque, capitale de la province de Navarre), un manuscrit du jésuite P. José Maret, de 1665, qui expose le contenu d'un Beatus dans "Investigaciones históricas de las antigüedades del Reyno de Navarra"

 
 
BEATUS DE ARROYO

Ms : Nouvelles acquisitions latines, 2290
A : Paris, Bibliothèque nationale de France (BNF), à l'exception d'un folio représentant "l'Agneau vainqueur des 10 rois" conservé à Los Angeles, au J. Paul Getty Museum, MS 77, auparavant dans Bernard H. Breslauer Collection à la Pierpont Morgan Library :

 
S : San Pedro de Cardeña ? Monastère San Andrés de Arroyo, Palencia ?

D : 1210-1220
C : 334
T : 44 x 30,5
NE: 69, or et argent

     
     
    Seul Béatus sorti d'un couvent de moniales, si le manuscrit de Arroyo provient toutefois de l'abbaye de Saint André de Arroyo, car nombre de spécialistes penchent plutôt au monastère San Pedro de Cardeña, dont le Beatus est très proche de celui de Arroyo.

    Ce manuscrit est particulièrement luxueux, avec ses ors, argents ou lapis-lazuli, venu de Perse à profusion, qui indiquent l'origine princière du commenditaire, probablement Fernando III (Ferdinand III), roi de Castille et Léon (1199-1252).

    Ecrit en gothique primitif sur 2 colonnes de 39 lignes, ce manuscrit tardif prend plus de liberté iconographique par rapport au texte. Son style est assez unique, ancré dans à la fois dans l''art roman le plus pur et acceptant encore de nombreuses expressions des Beatus du haut moyen-âge.

    Si l'ouvrage a été réalisé à San Pedro de Cardeña, il fut donné en tout cas aux Cisterciennes d'Arroyo, qui en eurent la charge jusqu'à son acquisition par M.Toca en 1882, pour le compte de la Bibliothèque nationale de France.

     
    The Bernard H. Breslauer Collection of Manuscript Illuminations Pierpont Morgan Library
    An important early 13th-century Spanish miniature from a Beatus Apocalypse manuscript of "The Lamb Defeating the 10 Kings"

 
 
BEATUS DE LAS HUELGAS
    ou
BEATUS MORGAN II

Ms : M 429
A : · New York, Pierpont Morgan Library
S : Abbaye Santa María la Real de las Huelgas (Burgos)*. San Clemente de Toledo ?
"Le roi de Castille Alphonse VIII (1158-1214) et son épouse Aliénor Plantagenêt fondent, en 1187, près de Burgos, à l'emplacement d'une résidence jusqu'alors consacrée aux divertissements royaux, l'abbaye Santa Maria la Real, plus connue sous le nom de Las Huelgas Reales (de "holganza", repos, loisirs en espagnol)."
extrait de :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Monast%C3%A8
re_royal_de_las_Huelgas_de_Burgos

D : 1220
C : 184
T : 53 x 34
NE: 90

     
     
    Ce manuscrit a peut-être appartenu au monastère San Clemente de Toledo (Saint Clément de Tolède), couvent fondé en 1109 par Alfonso VI (Alphonse VI, 1040-1065-1109), et dont certains pensent que son scriptorium a pu être à l'origine de l'ouvrage. Le codex fut donné aux Cisterciennes de Las Huelgas, peut-être même fut-il réalisé pour lui, à la demande de la reine de Castille Berenguela (1180-1235), épouse d'Alfonso IX, mère de Fernando III (Ferdinand III) et soeur d'Alfonso VIII, période qui correspond avec la date d'exécution du manuscrit qui nous est connue par le second colophon du livre, à savoir l'année 1220.

    Ce manuscrit fait partie des Beatus appartenant à la filiation du Beatus de Tábara (origine appelée stem par les spécialistes, voir stemma), tout comme ceux de Girona, Manchester ou encore de Cardeña. Il n'est que de jeter un oeil sur la fameuse figuration du scriptorium de Tabara pour s'en convaincre, puis de la comparer ensuite à son modèle.
     

    -f. 183r, tour et scriptorium de Tabara

 

 
BEATUS DE RIOSECO

A : México, Archivo General de la Nación,
Ms : Illustración 4852
S : Monastère de Castille ? Medina de Rioseco (province de Valladolid) ?
D : XIIIe
F : 1 1/2
 
 
Ces fragments auraient quitté Medina de Rioseco, d'où serait issu un beatus de la Branche IIb, selon Williams, pour le Mexique en 1559, sous forme de couverture d'un certificat attestant la "pureté du sang" d'un individu. Le premier folio représente une miniature des Juges du Millenium, dans l'Apocalypse, et le second serait un fragment illustrant la partie gauche d'un ange debout dans le soleil, d'un style apparenté au Beatus de Arroyo.
 

BEATUS (DU VATICAN ?)

A : Vatican, Biblioteca Apostolica
Ms : lat. 7621
S : Monastère de Plasencia Extrémadure (Cáceres) ?
D : 1552
C : 255
 
 

BEATUS (DEL ESCORIAL II ?)

A : San Lorenzo de El Escorial, Real monasterio (Monastère royal )
Ms : Cod. I.f.7
S : Monastère de l'Escurial ?
D : XVIe
C : 150
 
 

BEATUS DE FANLO
ou
Morgan III

A : New York, Pierpont Morgan Library
Ms : M. 1079
S : Monastère San Andrés de Fanlo (Huesca, Aragon), fondé vers 958 dans la vallée de Guarga, aux limites des régions de Serrablo et de Sobrarbe, près de la ville d'Ipiés et de San Juan de Matidero. .
D : XVIIe s. (copie du XIe)
F : 9 : 6v, 7r, 9r-10r, 10v, 11r, 11v, 12r et 12v

 

 
Ce Beatus est un cas particulier, puisqu'il est une copie faite par un certain Lastanosa d'un Beatus du XIe siècle, oeuvre de Sancho (Sanche), qui travailla pour le roi Ramiro Ier (1035-1064). Ce manuscrit a été exécuté pour l'abbé Banzo, de l'abbaye Saint André de Fanlo, et son style se rapproche du Beatus de San Millán de la Cogolla, mais aussi de celui de l'Escorial. (voir images pages 9 et 11)

 
 
CODEX DE ALCAINS : Apocalipsis

D : achevé le 13 décembre 1998
F : 7
T : 40 x 25
NE : 112

 




Calligraphié à la main, ce manuscrit de 120 pages est vraiment un Beatus à part, car il est l'oeuvre d'un artiste d'aujourd'hui Javier Alcaíns, se voulant dans la lignée des artistes des Beatus d'autrefois, imprégné particulièrement des rouges du Facundus, de la brillance de Cardeña. L'artiste a traité d'un côté l'Apocalypse, et d'un autre le livre de Daniel, en 2003.




 

 

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