ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
 

-ABBAYE
-LE - BEATUS -DE -LIEBANA
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--L'ART DES BEATUS

Les manuscrits- ( VI )
 

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    NOM
    DU MANUSCRIT

    Ms = numéro du manuscrit au catalogue
    A = lieu de conservation
    S : scriptorium concerné
    D = date de création
    T = taille en cm
    C/300 = complet/ nombre de folios conservés
    I/03 = Incomplet/ nombre de folios conservés
    SM = sans miniatures
    NE = nombre d'enluminures

 

 

 

 COMMENTAIRES

     

    BEATUS DE TURIN
    (Beati Liebanensis Burgi Oxomensis)


Ms : I.II 1 (ancien Lat.93)
A : Turin (Torino), Biblioteca Nazionale Universitaria
S : Gérone? Ripoll ?

D : v. 1100-1125
T : 36 x 27,5
C / 214
NE: 106-
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    Le texte de ce Beatus est écrit en une tardive caroline, assez raffinée, qui a permis de dater approximativement le manuscrit et qui, selon certains spécialistes, porte des marques d'appartenance au scriptorium canonial de Gérone, quand d'autres pensent que l'ouvrage est issu d'un scriptorium catalan, comme celui de l'abbaye de Ripoll. Le texte est établi sur deux colonnes de 42 lignes par folio et a été rédigé à l'aide d'une plume taillée à la mode gothique. L'oeuvre a été réalisée sur le modèle du Beatus de Gérone, dont la composition sera respectée par l'enlumineur, qui utilisera cependant un style contemporain pour l'exécuter, qui se voit autant dans les couleurs, moins crues que chez les Mozarabes, que dans le drapé du vêtement, les proportions du corps ou les physionomies, par exemple, qui nous font entre dans le monde de l'art roman.

    -f. 161, détail :
    "Les armées qui sont dans le ciel le suivaient sur des chevaux blancs, revêtues d'un fin lin, blanc, pur. " (Apocalypse 19 : 14).

    BEATUS DE BERLIN

Ms : Theol. Lat 561
A : Berlin, Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
S : Italie, Lombardie ?
D : XIIe
C : ?
T : ?
NE: 98

 

 

 
BEATUS (DE MONTALEGRE ?)

A : Barcelona, Archivio de la Corona de Aragón
S : La Chartreuse* de Santa Maria de Montalegre (Barcelone)
D : XIIe
F : ?

* Cartuja, en esp. --Cartoixa en cat.
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Suite à la "desamortización", les archives de la Chartreuse ont été transférées depuis 1849 aux Archives de la Couronne d'Aragon (1849).
     
    BEATUS (DE SALAMANQUE ?)

    Ms : 2632
    A : Salamanca, Universidad
    S : Monastère de Poblet ?

    D : XIIe
    C : ?

-
  
BEATUS (DE LEON ?)

A : Léon, Archivo Histórico Provincial
S : León
Ms : Perg., Astorga 1
D : XIIe
F : ?

 

     
    BEATUS DE CORSINI

Ms : 40.E.6 (anc. MS lat. 369, anc. MS di Garte 171)
A : Roma, Accademia dei Lincei e Corsiniana (Rome, Académie des Lynx* et de Corsini
*)
S : un monastère d'Aragon ?

D : XIIe
C : 171
NE: 8 ?

    Après avoir prétendu dans son volume IV des Beatus, que Gregorio de Andrés voyait dans le Beatus de Corsini un modèle pour des copies italiennes du manuscrit au XVIe siècle, il semble que John Williams ait reconnu son erreur et observé qu'Andrés a en fait affirmé que le Beatus de Corsini ne parvint en Italie qu'au XVIIe siècle.

    * ACADEMIE DES LYNX : C'est le 17 août 1603 qu'est fondée à Rome l'Académie des Lynx par le prince Federico Cesi, Francesco Stelluti et Johannes de Filiis, qui prennent un lynx blanc pour emblême de leur entreprise, associée à la maxime : "Sagacius ista", sagacité scientifique symbolisée par la vue perçante de l'animal. L'académie sera le fer de lance de la "révolution" scientifique de la Renaissance.


    * CORSINI : Le pape Clément XII (Clemente XII) naquit Lorenzo Corsini (Firenze [Florence], 7 avril 1652 - pape en 1730 - Roma, 6 février 1740). Il acquit un palais sur le Trastevere, alors propriété des Riarii, qu'il fit refaire entièrement en 1736 par l'architecte Ferdinando Fuga (Florence, 1699 - Rome, 1781) et qui prit son nom. En 1754, son neveu, le Cardinal Neri Corsini y fonda la Biblioteca Corsini. Le prince Tommaso (Thomas) Corsini céda la fameuse bibliothèque à l'Académie des Lynx, quand celle-ci intégra le Palais Corsini, que le gouvernement italien acquit en 1883 pour 2,4 millions de lires. A l'Académie et à la Bibliothèque fut alors associée la Gallerie d'Arte Antica (Galerie d'Art Antique).

 
 
BEATUS DE MANCHESTER
ou
BEATUS RYLANDS

Ms : 8
A : Manchester, John Rylands University Library
S : Altamira ? Astorga ? San Pedro de Cardeña ?

D : vers 1175
C : 248
T : 45,4 x 32,6
NE: 123, or et argent


    Ecrit en caroline et en gothique primitif, ce manuscrit servit de modèle au Beatus de Cardeña, monastère dont il est peut-être issu, car il possède avec lui de nombreuses similitudes. Sa reliure en peau, sur plat de bois, est protégé par de magnifiques ferrures et fermetures en bronze.

    Le livre sortit d'Espagne pour la France en 1869 et fut vendu plus tard aux enchères avec d'autres ouvrages ayant appartenu aux collections des Marquis d'Astorga et d'Altamira. Le Beatus fait partie de la Bibliothèque John Rylands de Manchester (Nord-Ouest de l'Angleterre) depuis 1901.

    -Adoration des mages

 

BEATUS
DE
SAN PEDRO DE CARDEÑA

Ms : voir plus bas
A :
- Madrid, Museo Arqueológico Nacional, Ms 2 , 127 feuillets
- Madrid, Biblioteca Francisco de Zabálburu y Basabe, 2 feuillets enluminés représentant la théophanie (apparition de l'Agneau) et les deux témoins.
- Gerona (Girona, Gérone), Museu Diocesà, Ms Núm. Inv. 47, 1 feuillet déterioré :
- New York Metropolitan Museum of Art, 15 feuillets :
Jean reçoit l'ordre d'écrire la Révélation
(Apocalypse 1 : 19 )

S : Monastère de San Pedro de Cardeña, Burgos

D : vers 1175-1185
C : 290 (254+ 4 + 2 + 30) , au lieu des 366 d'origine.
T : 44,5 x 30
NE: 51

 
 
Le texte de ce manuscrit a été rédigé dans une gothique primitive, appelée parfois caroline tardive, sur deux colonnes de 36 lignes. Comme de nombreux ouvrages religieux, il eut à subir les effets de la "desamortización" et perdit quant à lui 38 feuillets dont on ne sait pas du tout s'ils ont été détruits ou volés. Les folios conservés se sont retrouvés en pas moins de quatre lieux différents (voir ci-contre), l'essentiel d'entre-eux ayant été donnés en piètre état au Musée National d'Archéologie de Madrid en 1871.

On sait que deux miniaturistes, de style roman, travaillèrent à cet ouvrage au scriptorium de Saint-Pierre de Cardeña, qui figurèrent un thème peu représenté dans les Beatus : le sacrifice d'Isaac, par son père Abraham (folio 3).

 


    -miniature du folio 44v, l'ange remet un message à l'église de Smyrne (Apocalypse 2 : 8)

 
 
BEATUS DE LAS HUELGAS
    ou
BEATUS MORGAN II

Ms : M 429
A : · New York, Pierpont Morgan Library
S : Abbaye Santa María la Real de las Huelgas (Burgos)*. San Clemente de Toledo ?
"Le roi de Castille Alphonse VIII (1158-1214) et son épouse Aliénor Plantagenêt fondent, en 1187, près de Burgos, à l'emplacement d'une résidence jusqu'alors consacrée aux divertissements royaux, l'abbaye Santa Maria la Real, plus connue sous le nom de Las Huelgas Reales (de "holganza", repos, loisirs en espagnol)."
extrait de :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Monast%C3%A8
re_royal_de_las_Huelgas_de_Burgos

D : 1220
C : 184
T : 53 x 34
NE: 90

     
     
    Ce manuscrit a peut-être appartenu au monastère San Clemente de Toledo (Saint Clément de Tolède), couvent fondé en 1109 par Alfonso VI (Alphonse VI, 1040-1065-1109), et dont certains pensent que son scriptorium a pu être à l'origine de l'ouvrage. Le codex fut donné aux Cisterciennes de Las Huelgas, peut-être même fut-il réalisé pour lui, à la demande de la reine de Castille Berenguela (1180-1235), épouse d'Alfonso IX, mère de Fernando III (Ferdinand III) et soeur d'Alfonso VIII, période qui correspond avec la date d'exécution du manuscrit qui nous est connue par le second colophon du livre, à savoir l'année 1220.

    Ce manuscrit fait partie des Beatus appartenant à la filiation du Beatus de Tábara (origine appelée stem par les spécialistes, voir stemma), tout comme ceux de Girona, Manchester ou encore de Cardeña. Il n'est que de jeter un oeil sur la fameuse figuration du scriptorium de Tabara pour s'en convaincre, puis de la comparer ensuite à son modèle.
     

    -f. 183r, tour et scriptorium de Tabara

 

     

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