ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
 
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ABECEDAIRE

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à gauche : Abécédaire, oeuvre en 26 tableaux illustrant les 26 lettres de l'alphabet, de Patrick Moya, contribution à la lutte contre l'illettrisme.

à droite : Abécédaire italien de 1950

source : http://www.bibliolab.it/mestieri_bib/abecedario.htm
 

 

. ABECEDAIRE .

1. éducation, N.m.

ETYMOLOGIES
 
 

L'abecedarius du latin médiéval (abecedaria, abecedarium) a été forgé à partir des quatre premières lettres de l'alphabet latin : a, b, c d (un peu comme le russe, où les premières lettres du vieux slave "az" et "bouki" donnèrent le mot russe et bulgare "azbouka", qui veut dire en français "abécédaire"). Le mot latin est attesté depuis Fulgence le Mythographe (Fabius Planciades Fulgentius dit, actif vers 550 ? Mitologiarum libri ou Mitologiae, 3, 10) dont on ne sait encore s'il faut le confondre ou le distinguer de Fulgence de Ruspe. Pendant tout le moyen-âge, ce terme sera adjectivé dans le sens de "relatif à l'alphabet", alors qu'il était désignait parfois l'alphabet à l'époque romaine (abecedarium), qui utilisait surtout alphabetum (elementum, elementa, aussi au moyen-âge), à l'origine de notre "alphabet", qui vient du grec alpha et bêta, les deux premières lettres grecques.

En français, la forme adjectivée (v.1529) dont le sens était "relatif aux lettres de l'alphabet " : (lettres abécédaires, par ex.), précédera le substantif médiéval, qui n'apparaîtra que vers 1533 pour désigner un livre où on apprend l'alphabet (Charles de Bovelles (1479-1567) , Géométrie Pratique, 73), mais aussi un élève au stade de l'apprentissage rudimentaire de l'écriture, dans la Ratio studiorum (ordre des études) des collèges jésuites de la Compagnie de Jésus (vers 1573).

Les XVIIe et XVIIIe siècle utiliseront le terme abécédaire pour désigner un maître d'école, acception qui sera critiquée par l'Académie Française en 1694 et qui disparaîtra au XIXe siècle. Le mot pourra âtre aussi un synonyme d'ABC (abécé, voir ce mot), désignant donc un ouvrage de base sur un art, une science (XVIIIe) ou un livre exposant des sujets dans l'ordre alphabétique : le philosophe et théologien anglais Roger Bacon (1214-1294) constituera une tentative d'indexation du savoir à l'aide de lettres grecques, dans son Abecedarium Novum Naturae (1622). Les précurseurs dans le domaine semblent être les Hébreux, qui ont écrit différents textes de la Bible comme des poèmes acrostiches, en forme d'abécédaire, tels les psaumes 25, 34, 37 et 118 (psaume appelé abecedarium par les glossateurs médiévaux) certains passages des Proverbes et des Lamentations, mais aussi le canon hébreu de la Torah, subdivisé en 22 strophes acrostiches correspondant aux lettres de l'alphabet hébreu.

   
 Abecedarium,
de la peintre américaine Catherine Courtenaye, née en Espagne en 1957.

source : http://catherinecourtenaye.com/html/archive.html

     Abecedarium der Dinge,
    1984, sculpture-objet de l'artiste allemand Wolfang Nieblich, né à Reutlingen en 1948.

    source : http://www.nieblich.de/ausstellungen/16.html

 
 
 
HISTOIRE
 

Les abécédaires existent depuis l'invention de l'alphabet par les Phéniciens, au XIVe siècle avant notre ère, qui en faisaient déjà un exercice d'apprentissage de la langue pour les petits écoliers :

Tablette figurant un abécédaire phénicien en écriture cunéïforme,
vers 1350 avant notre ère,
KTU 9.426 ou RS 88.2215 Bordreuil and Pardee (1995),
Ugarit (Ougarit), actuelle Ras-Shamra,
Phénicie (partie de la Syrie actuelle) Cet abécédaire est encore consonnantique, sans voyelles, de vingt-deux à trente lettres environ, selon la valeur tique accordée aux différents signes.

Sources :
http://www.infres.enst.fr/~alzahr/syrie/ugarit_2.jpg

L'alphabet phénicien a été à l'origine de la formation des autres alphabets, dont l'alphabet proto-cananéen, qui est un des plus anciens. Cet alphabet représente la première mouture de l'alphabet hébreu, dont on a retrouvé des traces très anciennes. Parmi elles, les abécédaires sont les premières manifestations connues de l'alphabet hébraïque, dont certains prétendent, en passant que le Tarot de Marseille est un abécédaire allégorique.
 
Le plus ancien abécédaire hébreu connu à ce jour aurait été découvert en Israël à Beth Shemesh, en 1933 (XIIIe- XIIe s.) et il présente de grandes similitudes avec celui d'Ugarit, de style épigraphique sémitique, sud-arabique, se lisant de droite à gauche.

Ostracon de Beth Shemesh,
KTU 5.24 = 8.1 (AS 33.5.165, Barton [1933])
 
L'abécédaire d'Izbet Sartah, découvert en 1976 par Israël Finkelstein en Palestine est un peu plus récent. Se lisant de gauche à droite comme celui de Tell Zayit (voir ci-dessous), cet alphabet proto-hébraïque présente un ordre particulier des lettres où certaines d'entre-elles sont inversées, d'autres absentes ou redoublées. L'ordre séquentiel des lettres alphabétiques, en effet, quel que soit l'alphabet concerné, est conventionnel, npous en reparlerons plus loin. Les abécédaires très anciens, d'alphabets en formation, ne possédaient pas encore de règles fixes à ce sujet.
"L'ostracon d''Izbet Sartah a été trouve dans un silo lié à une installation agricole vraisemblablement israelite, a 3 km à l'est d'Aphek, sur un éperon rocheux rattaché à la chaine des collines de la "montagne d'Ephraïm". Par ailleurs, la découverte de tablettes cunéiformes, en particulier de fragments de dictionnaires, dans le palais du Récent Bronze d'Aphek, semble témoigner on faveur de l'existence d'une tradition scribale cananéenne assez développée dans cette ville au XIV-XIIIéme siècle. Dès lors, l'ostracon d''Izbet Sartah pourrait être l'œuvre d'un israélite apprenant à écrire en dépendance de l'école "cananéenne" d'Apheq tout proche."

extrait de : http://www.telecomtally.com/blog/2006/10/on_the_izbet_sa.html

ostracon figurant un abécédaire, trouvé en 1976 à Isbet Sartah, en Israël, datant environ de 1200 à 1000 avant notre ère.

source : http://155.210.60.15/hant/hiberus/biblioteca/vita2.pdf

* OSTRACON (plur.ostraca) : provient du grec ostrakon (coquille), utilisé en archéologie pour désigner un tesson de poterie ou éclat de calcaire utilisé dans l’Antiquité comme tablette, comme support d'écriture.
 


C'est à Tell Zayit (Tell Zeitah, Tel Zeitah) que l'on a trouvé récemment (fin 2005) un abécédaire gravé dans un mur. Graver l'alphabet dans la pierre lui conférait dans diverses civilisations antiques un pouvoir apotropaïque : Adjectif utilisé en archéologie ou en anthropologie. Du grec apotrepo : détourner, écarter, en particulier du mal, du mauvais sort. L''adjectif se rapporte à une représentation, une faculté, un objet destiné à éloigner des influences néfastes.

inscriptions lapidaires formant un abécédaire hébreu trouvé à Tell Zayit (nord de Tell Aviv) et datant environ de 1000 à 900 avant notre ère.

source :
http://www.adobe.com/digitalimag/pdfs/success_wsrpzuckerman.pdf

C'est encore un abécédaire qui est le témoin le plus ancien d'une langue, du grec, cette fois, au travers de deux tablettes en cuivre découvertes à Chypre et qui ont dû, encore une fois, être dans les mains d'un écolier, répétant inlassablement son alphabet. Cet élève aurait pu être Homère !

Chypre, origine grecque, vers 800 avant notre ère,
Collection Schoyen,
ms 10321x13 cm,
20-23 lignes en capitales grecques archaïques et quelques lettres de forme nord-sémitique (phénicienne), qui désigne là une espèce de chaînon dans la transmission des écritures alphabétiques.

source :
http://www.nb.no/baser/schoyen/4/4.4/ms108.jpg

L'alphabet grec se transmettra aux Etrusques, dont l'alphabet sera le support de l'alphabet latin. L'alphabet étrusque comporte 26 lettres dont 5 voyelles : 22 lettres grecques d'origine phénicienne et 4 lettres propres à l'alphabet grec (variante dite rouge). C'est ce dernier que l'on retrouve sur l'abécédaire de Marsiliana d'Albegna, auj. Manciano, en Italie (Grossetto, Toscane) :


 
Abécédaire étrusque de Masiliana (Massiliana, Marsigliana) et son stylet,
ivoire,
environ 675 - 650 avant notre ère,

source :
http://www.ou.edu/class/ahi4163/files/lang1.html
http://membres.lycos.fr/antiquite/rasennachap4.htm
http://pages.unibas.ch/klaphil/idg/Alphabetgeschichte/kap4b.html

Les abécédaires étrusques ne se trouvent pas inscrits uniquement sur des objets relatifs à l'art d'écrire. Que ce soit sur des vases à parfum, des petites amphores, des tuiles, des coupes, une fusaiolle, on les trouve sur toute une série d'objets aristocratiques auxquels ils sont attachés comme une marque évidente de noblesse, de pouvoir, celle de la maîtrise de l'écrit, qui est un privilège et un outil de puissance.

 
Encrier en bucchero
Italie, Cerveteri, Tombe Regolini Galassi
deuxième moitié du VIIe siècle avant J.-C.
H : 16,5 cm
nv. 20349
 
"Cet encrier, en forme de petite bouteille avec un col cylindrique étroit, reste une pièce unique de la production de "bucchero" de Cerveteri. Un syllabaire est gravé autour du corps tandis qu'un alphabet est reporté sur l'anneau de base. Ils sont tous deux écrits de gauche à droite, contrairement à l'usage archaïque qui sera adopté et maintenu dans l'écriture étrusque. Il s'agit d'un véritable abécédaire étrusque où les consonnes communément employées dans la langue parlée sont reportées en séquence et combinées avec les voyelles (dans l'ordre : i, a, u, e). L'anneau de base reporte intégralement la séquence alphabétique grecque adoptée dans l'écriture étrusque, avec toutes les lettres à l'exception du q, y compris les lettres "mortes" non utilisées par les Etrusques comme le b et le d, le samech phénicien et la voyelle o."

extrait de :
http://mv.vatican.va/5_FR/pages/x-Schede/MGEs/MGEs_Sala02_06_014.html

source :
http://www.lcnet.it/reticiviche/formello/calamaiobucchero.jpg

"Plusieurs de ces alphabets, gravés sur des vases de bucchero, la céramique noire typique de l'Étrurie, ou sur d'autres matériaux comme l'ivoire nous sont parvenus. La maîtrise de l'écriture apparaissait d'ailleurs à l'origine comme un signe de statut aristocratique : ce n'est pas un hasard si de tels abécédaires se retrouvent sur des matériaux précieux comme l'ivoire et si d'autres objets liés à l'écriture sont déposés dans des tombes princières. On a parfois souligné le rôle des femmes étrusques dans l'adoption de l'écriture : des lettres gravées apparaissent en effet dès la fin du VIIIe siècle sur des objets de terre cuite, des bobines, liées à la pratique du tissage et donc à la sphère féminine ; sans insister sur le rapport entre texte et textile, on serait alors tenté de voir là un nouveau signe de la situation privilégiée de la femme au sein de la société toscane."

extrait de :
http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/lalphabet_et_la_langue_etrusques.asp

BUCCHERO : "À une époque plus récente que celle au cours de laquelle on produisait la céramique dite "de glaise brute", on commença à produire un type de céramique indigène dérivant probablement de la précédente. Ce nouveau type c'est le bucchero, qui domina en Étrurie de la moitié du VIIème au début du Vème siècles à C. Ce terme dérive de bucàro, terme portugais qui signifie terre parfumée et que l'on attribuait à un mélange pérouvien semblable imité au Portugal. Le bucchero présente toujours une composition chromatique de tonalité uniforme noire et il se caractérise par une surface bien polie, qu'on obtenait probablement par un processus de réduction chimique activée en cours de cuisson par flamme fumeuse." extrait du site de Clio.fr, voir précédent extrait.
 

 

 

L'Enfant Jésus à l'école
Pseudo-Matthieu, Italie (Rome), XIIIe siècle
Paris, BnF, département des Manuscrits, Latin 2688, fol. 36v.

source :
http://classes.bnf.fr/ema/grands/262.htm

Il existe divers témoignages d'abécédaires du moyen-âge, à l'usage de l'éducation aristocratique, l'élève modèle étant Jésus lui-même, qui en savait plus que son maître et qui, sur le manuscrit peint, ci-dessus, affirme qu'il est l'alpha et l'oméga sur son abécédaire, assertion considérée par son maître comme une insolence, pour laquelle il reçoit un coup de bâton sur la tête.

 

 

"Lettres rubans, I et K
Liber de arte scripturali, XVe siècle


Paris, BnF, département des Manuscrits, Français 8685, fol. 4

Ce livret abécédaire a appartenu à un maître d'écriture itinérant nantais, Robert de Turribus. L'alphabet est disposé en séquences de deux lettres par page, ombrées de bleu, aniconiques à de rares exceptions près : le S, barré d'une lance dans sa diagonale (S comme Soldat ?) et, ici, le I, dont le ruban s'enroule comme un phylactère autour d'un arbre stylisé (l'arbre de la Justice, Iusticia ?)."

source :
http://classes.bnf.fr/ema/grands/531.htm

 

  Alphabetum


Abécédaire en lettres cadelées, ornées et filigranées surtout dans le champ au décor végétal, ou zoologique (poissson...)


Bibliothèque Municipale de MBesançon
ms. 0834
folio 156v
    fin 15e s.

source :
http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm
 
 

  "Lettre A gothique


Recueil d'alphabets, début du XVIe siècle
Paris, BnF, département des Manuscrits, Français 19999, fol. 58
La lettre, découpée dans un manuscrit (un cahier abécédaire ?), a été collée, avec d'autres, dans un recueil d'alphabets peints sur papier. Le A divise la case en trois parties, chacune dotée d'une couleur différente. A gauche, un motif évoque peut-être le nom de la lettre : une fleur qui s'achève en corne d'Abondance."

sources : http://classes.bnf.fr/ema/grands/530.htm
 

"Au XIIIe et XIVe siècle on établit de nombreux abécédaires de l'alphabet glagolitique* (33 ou 34 lettres) :

L'abécédaire de Roc (vers 1200)
L'abécédaire glagolitique de Paris (ou Bulgare)
L'abécédaire glagolitique de Munich
L'abécédaire de Pasman (XIVe
Deux abécédaires de Lovran (ville d'Istrie)
L'abécédaire de Juraj (Slavonie, XIVe)
Deux abécédaires du Bosniaque Krstyanin Radosav (1443)
etc...
L'abécédaire glagolitique de Venise (publié dans cette ville en 1527)


sources : http://www.hr/darko/etf/et03.html

 
 La stèle de Baška, ou pierre de Baška (Bašćanska ploca) date de 1100 environ, c'est un des plus vieux témoignages de l'alphabet glagolitique, ancêtre de la langue croate.

 
* GLAGOLITIQUE :

 
 
 
"En 863, les missionnaires grecs Cyrille et Méthode nés à Thessalonique, ont commencé leur rôle d’évangélisation en Moravie (aujourd’hui: la Tchéquie) à l’invitation du prince Rastislav. Cyrille y a créé une écriture spéciale: l’alphabet glagolitique dont parle: le «Traktat Crnorisca Hrabra». L’alphabet glagolitique tire son nom du mot vieux slave glagoljati qui signifie «parler». (...)

La période glagolitique de la littérature croate commence avec les premiers documents écrits et s’étend jusqu’à la fermeture des imprimeries glagolitiques de Senj en 1508. Au cours de cette époque, les Croates ont créé leurs territoires politiques indépendants, si bien que dès les IXe et Xe siècles une vie culturelle, caractérisée par le début de la connaissance de l’écriture s’y est développée. (...)

Le glagolitique a été utilisé en Dalmatie du sud, dans la Lika, en Istrie, sur le littoral croate (où il était le plus utilisé), en Dalmatie du nord (où s’est développée une riche littérature en glagolitique). Tout d’abord, on a connu le glagolitique arrondi qui plus tard a été remplacé par le glagolitique angulaire ou croate. "

extrait de :
http://users.teledisnet.be/web/nno17565/literatura.htm
http://www.ancientscripts.com/glagolitic.html (image)

 

 

C'est au XVIIe siècle que l'alphabet est introduit dans les motifs de broderie, mais la véritable popularité de l'abécédaire commence à la fin du XIXe siècle avec l'avènement de l'école obligatoire*, quand la broderie fait partie de l'éducation des petites filles autant que l'écriture et la lecture entre cinq et quinze ans.

 
Quadrille des enfants, ou système nouveau de lecture.
Abécédaire de l'abbé Claude-Louis Berthaud
Paris : J. Vincent, 1748

"Avant le XIXe siècle, la littérature de jeunesse était surtout constituée des abécédaires. Connu à partir de sa seconde édition, publiée en 1744, cet abécédaire rencontra un extraordinaire succès, qui ne se démentit pas au fil des nombreuses rééditions jusque loin dans le siècle suivant. Son auteur, l'abbé Berthaud, s'était efforcé d'y dégager les sons élémentaires de la langue (ou phonèmes), prenant ainsi le contrepied de la méthode traditionnelle de l'épellation. À chaque réédition, on simplifia davantage ce système, qui fit des émules, et contribua sans doute à assurer l'adoption de la méthode phonétique dans les écoles, généralisée vers 1860. La nouveauté consistait aussi à donner à l'image une place prépondérante : chaque son était associé à un mot et à l'image correspondante (objet, être vivant ou notion le contenant). Le discours, progressif, s'appuyait sur l'image, qui servait ainsi une pédagogie nouvelle, cherchant à amuser l'enfant autant qu'à l'enseigner."

sources : http://gallica.bnf.fr/anthologie/notices/01213.htm

Les abécédaires sont alors réalisés en masse et les mères réalisent toute sorte d'abécédaires, élargissant à la fois le choix des styles (point de croix classique, point de plumetis uni, point de piqûre, point de sable, etc...) des écritures influencées par la typographie (caractères romains, anglais ou gothiques, surtout, mais aussi "chinois", bambou, Art Nouveau,"égyptiennes", "bâton", etc...) et des thèmes (champêtres, allégoriques, religieux, monogrammes, etc...). Les jeunes filles établissaient d'abord des échantillons de leurs abécédaires (comme pour leurs autres travaux d'aiguille), c'est à dire un exercice préparatoire à la confection de l'original. Elles s'aidaient parfois de "samplers" (du français "exemplaire"), terme anglo-saxon du XVe siècle conservé en broderie pour désigner des pièces d'étoffe où l'on répertoriait à la fois les points et les motifs en usage. Les lettres brodées, utlisées depuis le moyen-âge comme épitaphe ou ornement d'église furent alors utilisées pour les abécédaires, les échantillons de broderie ou les marquoirs (ou marquettes). Ces derniers étaient le témoin de l'acmê d'une éducation de jeune fille. Le marquoir était un morceau d'étoffe sur lequel l'écolière brodait au point de croix ou point de marque, les lettres de l'alphabet et les chiffres, sorte d'exercice d'écriture et de calcul et d'usages, car il lui faudrait ensuite broder, de manière très codée, ses initiales sur le linge de son trousseau.
 

* école obligatoire : " (...) A la fin du XIXe siècle, avec l'apparition des abécédaires, poupées et autres objets pour les jeunes enfants, un débat se lance sur la notion de " jeu éducatif ". Pour certains, le jeu est là pour divertir et récupérer après un travail : il correspond à un besoin naturel et légitime de l'enfant mais il est à distinguer du travail scolaire. La fin du XIXe siècle marque le début des recherches sur les jeux
éducatifs. Certains pédagogues développent leurs propres outils.
C'est le cas en particulier des pédagogues de " l'école nouvelle ". (...) pour les moins de 7 ans, au XIXe siècle beaucoup d'objets d'éveil sont inventés mais restent hors de la salle d'asile ou de l'école, essentiellement à cause de leur
prix. Il s'agit par exemple de la poupée, qui connaît une véritable promotion dans les années 1860, des animaux en peluche qui apparaissent en 1870, des abécédaires, des livres de littérature d'enfance illustrés, ainsi que des albums à colorier ou à découper. La question soulevée est la suivante : les écoles maternelles manquent de matériel, mais quel matériel leur faut-il pour transmettre des connaissances ? Pour les plus grands, qui savent lire, le matériel d'écriture et les manuels scolaires sont les outils principaux. Mais quel matériel utiliser pour les plus jeunes ? "

sources : http://web.upmf-grenoble.fr/sciedu/vzampa/these/chapitre1.pdf

 
2. religion, N.m
 

"ABÉCÉDAIRES ou ABÉCÉDARIENS : branche d'anabaptiste au XVIe siècle, ainsi nommés parce qu'ils prétendaient que pour être sauvé il fallait ne savoir ni lire ni écrire, et ignorer jusqu'à l'A, B, C, D, ou les premières lettres de l'alphabet.
Lorsque Luther eut attaqué ouvertement l'autorité de l'Église, des Pères et de la tradition, et qu'il eut établi que chaque particulier était juge du sens des Écritures, Stork, son disciple, enseigna que chaque fidèle pouvait connaître le sens des livres saints aussi bien que les plus habiles docteurs, et que c'était Dieu seul qui en donnait l'intelligence à tout homme, sans le secours des livres et des sciences. L'étude même, selon lui, n'était capable que de causer des distractions et d'empêcher d'être attentif à la voix intérieure de Dieu. D'où il résultait qu'il était expédient de ne point apprendre à lire, et que ceux qui savaient lire étaient dans un état dangereux pour le salut.
Carlostadt, célèbre professeur de théologie à Wittenberg, et un des premiers sectateurs de Luther, renonça publiquement à l'université et à sa qualité de docteur pour embrasser le parti des abécédaires; et, au rapport d'Osiander, il foula aux pieds la robe, le bonnet et la calotte, insignes de son grade, et se fit porte-faix.
Cette secte fut assez étendue en Allemagne."

http://www.realiteplus.com/mission/PROPO21.HTM
 

3. botanique, N f
 
a) Acmella oleracea --

source : http://hortiplex.gardenweb.com/plants/jour/p/87/gw1038687/168464992890272.jpeg

Qui saura nous dire pourquoi on a appelé en France "abécédaire", au Brésil (en portugais) "abecedaria", le cresson de Para (spilanthe des potagers, brède mafane des îles de l'Océan Indien à influence française (La Réunion, Madagascar)), noms vernaculaires de l'Acmella oleracea (L.) R. K. Jansen (Spilanthes ou Spilanthus acmella, S. oleracea, Asteraceae, Astéracée), avec laquelle on fait le romazava malgache et bien des plats de l'Asie du sud-est ? Est-ce vraiment, comme l'indiquent les seuls dictionnaires Bescherelle et Larousse du XIXe siècle, parce qu'en Inde, cette plante passait pour avoir la vertu de délier la langue des enfants qui la mâchait ?

b) Agave americana --var. marginata ou variegata

source photo : http://billhook.free.fr/suc-agave-americana3.htm

"Abécédaire, Faux aloès, (Famille des Amaryllidacées)

Plante originaire d'Amérique du Sud, à feuilles épaisses vert clair, charnues, fortement épineuses sur les bords et disposées en bouquet au ras du sol. Les fleurs sont portées sur une hampe florale de plusieurs mètres , caractéristiques des paysages des jardins de la Côte-d'Azur. Les fruits sont de grosses capsules.
Toxicologie :
Le suc des feuilles est irritant. Ingéré, il donne des troubles digestifs. Mis sur la peau, il provoque des dermatites."

extrait de : http://www.marseille.fr/vdm/cms/cache/offonce/pid/585
source photo : http://www.floracyberia.net/spermatophyta/angiospermae/monocotyledoneae/agavaceae/agave_americana.html
 

variétés principales :

"Agave americana var. americana
Agave americana var. expansa
Agave americana var. latifolia
Agave americana var. marginata
Agave americana var. medio-picta
Agave americana var. oaxacensis
Agave americana var. striata
Agave americana ssp. protamericana"

extrait de : http://fr.wikipedia.org/wiki/Agave_am%C3%A9ricain

 
3. littérature....en bref...

Le Tourneau, Dominique (1942-....)
Abécédaire [Texte imprimé] : poèmes / Dominique Le Tourneau. - Paris : Éd. de Paris, 2003
 
Abécédaire [Texte imprimé] / Marie-Claire Bancquart ; gravures de Jean-Louis Viard. - Paris (189 rue Ordener, 75018 ) :
 
"L'ABÉCÉDAIRE
DE CZESLAW MILOSZ
'L'Abécédaire' est un livre d'histoires et d'exemples riches d'enseignements évoquant des personnes et des moments du XXe siècle, dans les lieux que l'auteur a connus au cours de sa vie, que ce soit en Europe (Wilno et la Lituanie, Varsovie, Paris et la France) ou aux États-Unis (Washington et Berkeley). Ce sont les confessions personnelles d'un écrivain, d'un philosophe et d'un moraliste."

extrait de : http://www.evene.fr/livres/livre/czeslaw-milosz-l-abecedaire-11136.php
 

 
sources :
http://www.anniecicatelli.com/abecedaire.htm
http://www.prismeshebdo.com/prismeshebdo/article-lirexpress-imprim.php3?id_article=523
http://www.petek-tours.hr/wp-content/uploads/2011/04/1-Realni-brojevi-O-podrijetlu-brojeva-
bascanska-ploca.jpg

 
 
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