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-L'ENLUMINURE (7)
 
LES COULEURS VEGETALES
 
pigments verts-
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PIGMENTS VEGETAUX

 
Nom français
nom latin ancien
DESCRIPTION  COMMENTAIRES
 
   PIGMENTS VERTS

 
Vert-de-vessie, vert d'épine
 
Niger prunus (prunier noir)
 
 
Préparation vive mais fugitive, souvent conservé dans des vessies de porc, d'où son appellation. C'est un mélange à base de céruse et d'alun (ou gomme arabique) ajoutés à un pigment vert issu d'un jus de fruit immature du nerprun, (Rhamnus cathartica L. , Rhamnus Catharticus : nerprun des teinturiers, noirprun, épine noire, épine de cerf, punajer, bourgue épine, nerprun officinal, nerprun purgatif, etc.)
D'origine romaine, ce fruit aurait eu différentes appellations : prune du Latium, perle du Latium, prugnamerola, prugna merola, pruni meroli, prugnameroli, ces deux dénominations pouvant être trouvées dans le fameux "de Arte Illuminandi", titre donné par Demetrio Salazaro, premier éditeur de ce manuscrit anonyme du XIVe siècle (Naples, Bib. N., MS. XII.E.27). Cet ouvrage est un une des sources majeures de nos connaissances techniques sur l'enluminure.
Certains auteurs pensent cependant que cette prune du Latium pourrait être le fruit du Prunus Spinosa L. (prunellier) : voir plus bas

 
Le vert-de-vessie s'obtenait traditionnellement par macération du fruit jusqu'à putréfaction, puis en le mélangeant à des liants comme la chaux ou l'alun. On lui reproche une certaine fugacité (reproche fait à toutes les rhamnacées en général).
Cette couleur ne se fabrique plus dans le commerce de manière naturelle. L' exemple ci-dessous, est d'origine synthétique, mais probablement assez fidèle au naturel, en dégradés de verts obtenus, du vert printemps à un vert très soutenu :
 
Selon un de ses traducteurs, la "perle du Latium" est peut-être la Prungnole salvatiche de Cennino Cennini (vers 1372 ? – vers 1420 ?), grand contributeur à la connaissance de la peinture du "trecento" avec son fameux "Il libro del'arte", premier traité d’art écrit en lingua volgare (italien) et non en latin : texte numérisé disponible sur :
http://www.noteaccess.com/Texts/Cennini/index.htm
 
Le nerprun est très proche de la bourdaine, une autre des nombreuses rhamnacées (Rhamnaceae), arbustes d'une moyenne de trois mètres de haut environ (jusqu'à 6 m pour le nerprun).
 
 

Le même fruit du nerprun peut donner un pigment jaune, qui a beaucoup été utilisé par les enlumineurs (stil de grain) que nous verrons avec les pigments jaunes.
 

On utilise l'écorce pour la médecine :
Très utilisé en médecine antique et médiévale, le nerprun est en particulier un purgatif violent, mais aussi un vomitif (émétique), dépuratif, diurétique.
 
Bourdaine
 
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C'est une rhamnacée comme le précédent nerprun, souvent confondus. Rhamnus frangula, frangula alnus Mill. est appelé aussi nerprun noir, bourgène, aulne noir, bois noir.
 
Anciennement, les rhamnacées étaient souvent confondues entre-elles (nerprun et bourdaine surtout) et étaient appelées : graines de Perse, d’Espagne, d’Italie, du Levant, de Hongrie, de Morée.
 
Nous ne trouvons plus cette couleur bleu-vert dans le commerce, ni naturellement, ni synthétiquement (voir exemple précédent, certainement très approchant).
 
Du vieux français "bourd": bâtard, à cause de la parenté avec le nerprun. A la différence du nerprun, c'est surtout l'écorce qui donne le pigment chromatique :
Dambourney1 a aussi utlisé à la fois l'écorce
et les fruits, pour obtenir des couleurs brun canelle, vert, bleu ou prune.
En médecine, la bourdaine possède des propriétés très voisines à celles du nerprun.

    NOTES

    1. "DAMBOURNEY, Louis Auguste. Né en 1722 à Rouen. Chimiste. C'est un spécialiste des teintures sur laine obtenues à partir des végétaux : il en tire plus de mille de plantes qui croissent en France. L'Etat s'intéresse à ses recherches, en fait imprimer2 les comptes rendus et lui alloue une pension. Il décède en 1795 à Rouen. Dambourney a laissé des descriptions de ses travaux et des végétaux qu'il a utilisés."
extrait de :
http://perso.club-internet.fr/j_mirou/de.htm#dambourney
 
2. IMPRIMER sous le titre : "Recueil de procédés et d'expériences sur les teintures solides que nos Végétaux indigênes communiquent aux Laines & aux Lainages. Imprimé par ordre du Gouvernement."
A Paris De l'Imprimerie de Ph.-D. Pierres 1786. (NDE)
 
Prunellier
 
Prunus
     
    Le Prunus Spinosa L. est appelé épine noire, prunier sauvage, pellocier, belloche
     
    On ne fabrique plus la couleur bleu-vert que l'on extrayait de son écorce.
 
En médecine, il a surtout des propriétés digestives.

 
Vert d'iris, vert de lis
 
lilium azurinum (lis bleu) ?
 
Iris x Germanica
 
Il règne une grande confusion quant à l'identification de cette couleur. De nombreux iris donnent des pigments de différentes couleurs.Cependant on parle beaucoup
d' Iris x Germanica et Iris Florentina (qui plus est, des hybrides, dont l'appellation actuelle ne satisfait pas nombre de spécialistes) pour l'obtention de ce "verdelis", "vert de lis" ou autres "vert d'iris" ou "vert de lys azurin" : C'est la forme caractéristique de l'iris qui est à l'origine de l'emblème de la "fleur de lys", ne l'oublions pas.
     
     
     

     

    Vert d'iris concocté traditionnellement par l'association d'Or et de Pigments :
    http://www.or-pigments.com/nuancier.html
 
 

 
 

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