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-L'ENLUMINURE (5)
Les couleurs minérales
pigments rouges-
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PIGMENTS MINERAUX
 
Nom français
nom latin ancien
formule chimique
DESCRIPTION  COMMENTAIRES
 
   PIGMENTS ROUGES (rubrus, rubrum)
 
Minium,
 
Minium, Minium secondarium (Pline)
(Stupium, Stoppium, Stuoium Cerussa, Usta, Siricum) ?
 
Pb3O4
Le minium est une céruse (carbonate de plomb) vivement brûlée (480°) afin de lui ôter son carbone. Très toxique
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Du temps des Romains, le terme de miium désignait à la fois le cinabre (minio : sulfure de mercure) et le minium, dans sa moderne acception. Pline rapporte que les Romains auraient découvert ce dernier accidentellement, à la suite d'un incendie, quand, sous l'effet de la chaleur, du blanc de céruse vira au rouge vif.
 
Voir aussi : miniature, et rubrique

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1. Broken Hill, New South Wales, Australia.
2. Pigment
 
Cinabre
 
Minio, Minium, Cinnabaris,
 
HgS
 
Sulfure de mercure naturel.
"Au Moyen-âge, en Orient, les plus importants documents étaient signés avec une encre à base de cinabre (à Byzance, l'empereur seul pouvait l'employer) tandis qu'en Occident (certaines sources évoquent le XIIIème siècle, d'autres le XIIème) certaines enluminures étaient réalisées à l'aide d'une encre à base de cinabre et de sanguine. Les artistes de l'époque prenaient soin d'isoler cette substance trop réactive aux autres pigments à l'aide de vernis et de la protéger des rayons solaires en posant par dessus des glacis (garance). Curieusement, différentes recettes médiévales évoquent souvent l'adjonction assez dégoûtante de cérumen."

extrait de http://www.dotapea.com/vermillons.htm
 
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Nous tenons ce mot des Grecs ( kinnabari) et des Latins (cinnabaris) qui le tiennent eux-mêmes des Perses (zanjifrah). Son étymologie n'est pourtant pas éclaircie parfaitement.
 
La légende la plus connue concernant le cinabre a été racontée par Pline : un dragon, ayant son sang en feu dans son propre corps, se servit pour le rafraîchir du sang d'un éléphant. Pline disait, par ailleurs que le cinabre coûtait aussi cher que le bleu d'Alexandrie et quinze fois l'ocre rouge d'Afrique.
 
Sachant que les Alchimistes appelaient "sang de dragon" le cinabre minéral, puis que ce mot a aussi désigné (entre les XIVe-XVIIe s.) une boisson rouge extraite d'un palmier résineux (Le Dracaena terminalis chinois ?), élixir que l'on supposait être un mélange de sang de dragon et d'éléphant, on est tenté de dire que le mot nous parle du sang, d'un animal fabuleux ou non, quelque part en Orient. Ce cinabre minéral a son pendant végétal, appelé comme il se doit sang de dragon.
 

Différents pigments rouges ont été confondus au moyen-âge, qui faisait parfois que cinabre, minium et vermillon étaient des appellations interchangeables.
 
 

Vermillon
 
Minio, Minium, Cinnabaris
Très proche du cinabre, c'est aussi du sulfure de mercure, cette fois additionné de soufre, ce qui le rend très opaque, très couvrant.
 
"C’est ainsi que la synthèse du vermillon a été rapportée par Geber(Abu Musa Jabir ibn Hayyan, NDE] au VIIIe siècle en Perse. À partir du XVIe siècle, il serait fabriqué industriellement à Venise puis en Hollande. Durant le processus, se forme d’abord un sulfure noir puis rouge . Le sulfure noir précipité est dit amorphe, il était autrefois appelé éthiops minéral et il est produit par combinaison directe du soufre et du mercure quand on les triture où qu’on les chauffe."
http://en.wikipedia.org/wiki/Geber
 
Le cinnabre et le vermillon étaient synonymes pour les anciens, ce qui était peut-être vrai certains cas, faux dans d'autres. Il semblerait en tout cas que ce soient à peu près les mêmes recettes qui ont été employées pour réaliser ces deux versions de pigments au sulfure de mercure.
 
Probablement transmis à l'Occident par les Arabes, vers le VIIIe siècle. Les Chinois l'obtenaient en mélangeant le mercure au soufre en fusion.
     
    Fresque de Pompéï, dans la villa de Poppée Oplontis.
     

 
Réalgar, realgar
 
arsenicum rubrum (arsenic rouge)
 
As2S3

 
Un des sulfures naturels d'arsenic.
 
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De l'arabe "rahj al ghar" : poussière de mine. Connu pour divers usages en médecine dans l'antiquité, il est untilisé au moyen-âge par les alchimistes, qui le surnomment "riz du coq";

 Sinople

Sinopis

SiO2

Quartz ferrugineux (hématoïde)

Sinople vient du latin sinopis, qui désigne la terre rouge de Sinope, une ville d'Asie mineure, sur la mer Noire (selon Pline). La forme française "sinopre", puis "sinople" est attestée à partir du XIIe siècle .
 
On ne sait pas vraiment comment ce terme bascula dans le domaine héraldique pour désigner une couleur....verte!
 
 

 
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