ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
- ABBAYE
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ARCHITECTURE
au temps des Mérovingiens

 

Monastère de Melque, arc en fer à cheval

 
 
--SANTA MARIA DE MELQUE--


 
Santa María (Sainte Marie) de Melque, entre San Martín de Montalbán et La Puebla, fait partie de la province de Tolède (voir Espagne - cartes géographiques et historiques),. Le site est situé près d'un carrefour de datant au moins de l'ocupation romaine, par lesquelles communiquent des voies entre les plateaux au nord et au sud, mais aussi au reste de la péninsule, par sa position assez centrale.

L'édifice de la Melque date sans doute de l'apogée de la culture wisigothe, au VIIe-VIIIe siècles, nous allons éclaircir ce point un peu plus bas. Cependant, le site semble occupé depuis le Ier siècle par une villa romaine, où il a été retrouvé un aqueduc, des pressoirs, mais aussi des poteries sigillées, de la céramique celtibère.

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plan du monastère de Melque, par Luis Caballero, 1995 et vue de l'église : chevet à droite (ante-abside et abside rectangulaire et, à gauche, transept sud (voir plan, un peu plus bas).

 
Il est certain aujourd'hui qu'il s'agit d'un complexe monastique, mais il est difficile aujourd'hui d'en connaître l'histoire, tant l'occupation du site fut chaotique.
C'est peut-être l'invasion des musulmans qui provoqua l'incendie dont nous avons des traces, que l'on date de 930 environ, et qui chassa probablement les chrétiens, qui y revinrent de manière irrégulière, entre le XIe et le XIIIe siècles, puis de manière plus stable du XIVe au XVII-XVIIIe siècles, qui voit le site occupé par la paysannerie, l'église servant même de dépendance agricoles, pour le matériel et les outils.

Santa Maria de Melque fait depuis longtemps de controverses sans fin de la part des spécialistes. Elle est considérée par les uns d'origine mozarabe : le Comte Cedillo, V. Lamperez ou Gómez Moreno, ou encore l'américain Sally Garen, qui y voit l'influence de l'art ommeyade, prenant pour modèle Jirbat al- Mafyar, en Jordanie, vers 740. D'autre part, des parallèles n'ont pas manqué d'être fait pour rapprocher le type d'art décoratif de la Melque à celui d'un groupe islamique dont les meilleurs représentants seraient Hirbat al- Mafyar ou le dôme du Rocher.
 
Il semblerait toutefois, selon les dernières recherches sur le sujet qu'elle soit effectivement de cette période (VIIe-VIIIe siècles), mais plutôt une création originale de l'art wisigoth, de la même époque que San Pedro de la Nave ou Quintanilla de la Viñas, VIIe-VIIIe siècle, pour ne parler que des édifices monastiques. Mais il est intéressant de poursuivre les comparaisons à San Fructuoso (saint Fructueux) de Montelios (Braga), Santa Comba (Sainte Combe) de Bande (Orense), San Juan de Baños (Palencia) mais aussi à San Pedro de la Mata et, peut-être, Santa Lucía del Trampal (Cáceres), église récemment découverte. Selon D. Luís Caballero Zoreda, qui travaille de nouveau sur le site (il avait commencé il y a trente ans, en 1973), on distingue un ensemble de traits caractéristiques de la période wisigothe des VIIe-VIIIe siècles, que nous allons examiner maintenant.

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Santa Maria de Melque
1) croisée du transept
2) nef
3) intérieur, vue de l'ouest
4) Fenêtres

L'arc outrepassé, en fer à cheval, bien sûr, qui est plus fermé que l'arc arabe, que nous voyons figuré ci-dessus de plusieurs manières différentes, en particulier pour les ouvertures. A ce propos, Emilio Camps Cazorla pense que l'arc en fer à cheval est constitutif de l'architecture paléochrétienne, ce qu'il a particulièrement étudié aux Baléares, comme le sont aussi d'autres éléments, que nous allons énumérer maintenant.
 

 
 
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