ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
- ABBAYE
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ARCHITECTURE
au temps des Mérovingiens
 san pedro de la nave
 
 
SAN PEDRO DE LA NAVE
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Plan de l'église, avec, sur le zoom, numérotation d'espaces photographiés ci-dessous et reportée à côté des photos correspondantes, entre parenthèses.
 

 
L'édifice est construit en pierre de taille de grès rouge, avec la technique du grand appareil, dont nous avons déjà parlé, ici irrégulier et à sec : tel que cela se pratiquait souvent en Hispania, surtout dans la seconce moitié du VIIe siècle, ce qui pourrait être un argument pour dater San Pedro de la Nave de cette époque. La toiture est étagée en pans de tuiles canal (par opposition aux tuiles plates), de brique cuite, refaite à différentes reprises de son histoire : .
Observez l'utilisation bicolore de la pierre sur l'arc du porche d'entrée, par laquelle alternent esthétiquement granit gris et grès rose : (1)
L'intérieur est très caractéristique de ce qui caractérise le mieux l'art wisigoth : la compacité et le cloisonnement des volumes : La nef n'est pas ouverte sur les collatéraux mais cloisonnée, en partie ouverte par des arcades : (6). Les collatéraux eux-mêmes communiquent avec les croisillons par des fenêtres jumelées (voir photo, ci-dessus, de la salle supposée des moines). Ces arcades, comme à présent, celle de la nef, sont des arcs typiques de cette époque en Espagne. Ce sont les arcs outrepassés*, en fer à cheval (herradura, en espagnol), utilisés pour cloisonner l'espace et élever des volumes :

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Les absides, cela se voit très bien sur le plan, sont rectangulaires et non hémisphériques. Dans l'une d'elles, se trouve encore le vieux sarcophage en pierre de saint Julien (San Julián) et sainte Basilise (Santa Basilisa), au style très dépouillé. La taille de la pièce rappelle encore le cloisonnement dont nous avons parlé, ainsi que l'étroitesse des ouvertures (à droite, une ouverture dans le transept) :

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NOTES *
 
 
Arc outrepassé : Beaucoup utilisé dans l'Hispania wisigothe et en Afrique du Nord du Ve au VIIe siècle. Ce qui permet de rappeler que ce ne sont pas les Arabes qui l'ont inventé, bien qu'ils en aient fait, après la conquête de l'Espagne, un bien bel usage.
En élévation, la courbe de l'arc est une voûte en plein cintre, plus grande que celle d'un demi-cercle, comme si le cercle allait se refermer. Le diamètre de l'arc est alors plus large que l'écart entre les deux piliers qui le soutiennent. On l'utilise aussi en plan, pour le tracé de l'abside. L'outrepassement est alors en moyenne d'1/3 du rayon de l'abside.
 
 
 
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