ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
- ABBAYE
 ------
 
ARCHITECTURE
au temps des Mérovingiens
 san pedro de la nave
 
 
SAN PEDRO DE LA NAVE
(1)


 
Erigée dans le dernier tiers du VIIe s ou au début du VIIIe dans l'Espagne des Wisigoths, l'église de San Pedro de la Nave, près de Zamora (province actuelle du même nom, voir Espagne - cartes géographiques et historiques), reçut d'abord un plan cruciforme (croix grecque) avant d'être transformé sur la base du plan basilical. Si elle est parvenue jusqu'à nous, c'est qu'elle a surtout profité de deux facteurs : l'un étant d'être éloigné des voies les plus empruntées et l'autre d'avoir été déplacée de sa position originelle, qui aurait été recouverte par le barrage de Ricobayo, construit sur la rivière Esla, qui est l'ancienne Astura* ou Asturum (puis Estlsa, Exla) : voir cartes précitées. Ainsi, San Pedro de la Nave baigna un peu de temps dans l'eau du barrage sur l'Esla, avant d''être sauvée pierre à pierre :


Elle fut rebâtie près de l'actuel village d'El Campillo, à 12 km de Zamora :

Plan de l'église, avec, sur le zoom, numérotation des lieux photographiés ci-dessous et reportée à côté des photos correspondantes, entre parenthèses.
 

Selon les historiens Helmut Schlunk et Theodor Hauschild, qui ont beaucoup travaillé sur l'architecture wisigothe dans les années 1970, il y a de fortes chances que San Pedro de la Nave ait fait partie d'un complexe monastique, sans doute un prieuré dépendant du monastère de Celanova (Orense). Manuel Gómez-Moreno (1906) avait le premier émis l'idée que les deux annexes trouvées près de l'église pussent être des cellules de moines, idée acceptée par Camps en 1940 mais contredite par Puig, qui voyait là des sacristies, prenant pour exemple Quintanilla de la Viñas, dont on sait qu'il regroupait une communauté d'ermites. D'autre part, l'argument intéressant de Schlunk concerne l'espace contigu à l'ante-abside, sans doute le choeur. Comment expliquer que cet espace, clos du côté de la nef et comportant une entrée vers l'extérieur, soit autre chose qu'un lieu choisi pour les moines, qui passaient du couvent à l'église sans être vus et suivaient le service sans être mêlé aux paroissiens, ce qui permettait de séparer les "parfaits" de ceux qui vivent dans le siècle. Notez l'étroite arcade pour le passage du choeur à la salle des moines, qui fait partie des pastophories (pastoforia : salles cultuelles annexes) :

11(4) ---2 (5) -
3(5)

1. Anteabside avec, sur la droite,une pastophorie avec un étroit passage et trois fenêtres jumelées, ici la salle supposée des moines, côté sud, vue de la nef.
2. Ante-abside côté opposé au précédent, face à l' arcade donnant accès au choeur et, à gauche, pastophorie côté nord, symétrique de la précédente.
3. Détail de la photo précédente

 


NOTES *
 
 
Astura : "Astures, gens Hispaniae, vocati eo quod circa Asturam flumen, septi montibus sylvisque crebiris inhabitent, description de l'encyclopédiste Saint Isidore (VIIes) qui dit :
"Les Asturies, nation d'Espagne, ainsi nommée à cause du fleuve Astura qui l'entoure, protégée de montagnes et de forêts touffues." Cette rivière prend sa source à la frontière des provinces actuelles de Cantabrique et des Asturies et descend au sud se jeter dans le Duero, près de Zamora, dans la province du même nom.
 

-----