ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

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 Pharan desertum in Theatrum terræ sanctæ, par Christian Adrichomius Cologne, 1590
(AR 1/110)

--Origines :

La Basse-Egypte


 
Amoun (Amun, Amman), qui s'installe vers 320-330 dans les solitudes montagneuses de la Nitrie, située à 40 km d'Alexandrie, est un des tout premiers moines chrétiens de cette région dont nous connaissons l'existence. Il est l'initiateur des KELLIA.


Après l'installation d' Amoun, Macaire le Grand (Macarius, vers 300-390) choisit de demeurer environ 50 km plus au sud (de 335 à 394), tant l'espace de Nitrie et des Kellias est occupé par les moines. Ce sera Ouadi el Natrun, la Vallis Nitria des latins, le Désert de Nitrie, l'ancien désert de Skété ou Scété, la Scétis des anciens. Il semblerait qu'une communauté soit déjà installée dans le lieu où Macaire fonde sa propre laure. Ce sera Pa-Rameos, qui deviendra Deir-el-Baramus. C'est le premier monastère connu de Nitrie. Ammoès a sans doute succédé à Macaire, avant de former Jean Kolobos (ou Colobos) et Isidore, ce dernier ayant eu pour sucesseur Paphnuce, qui accueillit Cassien et Germain dans les dernières années du IVe siècle, ainsi que, de 382 à sa mort, Evagre le Pontique* (Evagrius Ponticus, vers 346-399).

Monastère de Saint Macaire à Wadi Natrun


Disciple de Pambo (ou Pameo) comme son ami Jean le Petit, Bishoï (Bischoï, Bishoy : "élevé", 320-417) fonde son propre établissement, qui portera son nom. En 407, comme de nombreux moines (Jean Kolobos [Jean le Petit] en fit partie), il fuira les exactions bédouines et se réfugiera, quant à lui, à Antinoopolis, où sa renommée sera grande et sa sainteté célébrée : voir La Moyenne Egypte. A cinq cent mètres au nord-ouest du monastère de Bishoï, le monastère des Syriens (Deir al-Surian) a été fondé au VIe siècle pour contrer la doctrine Julianiste, du nom de Julien, théologien et évêque d'Halicarnasse, en Ionie, qui croyait en l'incorruptibilité du corps de Jésus.
Beaucoup de communautés se réunissent ainsi en un espace géographique somme toute très restreint, ce qui a contribué sans doute à occulter quelque peu d'autres mouvements monastiques, plus singuliers.

* Evagre le Pontique

 
Evagrius Ponticus est né à Ibora, une petite ville des rivages de la Mer Noire, vers 345. Instruit par Grégoire de Naziance, il a été ordonné lecteur par saint Basile le Grand et diacre par le frère de ce dernier, saint Grégoire de Nysse (380), qu'il a accompagné au Deuxième Conseil de Constantinople (381). Selon Palladius (Pallade), qui diffère à son sujet de Socrates et Sozomène, Evagrius est resté peu de temps archidiacre à Constantinople, tandis que Nectarius en était le patriarche (381-397). Quittant la ville ("à cause de ses dangers spirituels"), il s'en fut d'abord à Jérusalem, puis au Désert de Nitrie, où il a commencé une vie érémitique sous les conseils du jeune (mais déjà très sage) Macaire (383). Il a fermement refusé un évêché offert par Théophile (Theophilus) d'Alexandrie.

Il devint connut et respecté pour sa vie ascétique et ses écrits, empreints selon saint Jérôme d'erreurs origénistes, tout en l'appelant le précurseur de Pelagius (Pélage), s'appuyant par exemple sur sa 133e épître de Ctesiphonte. Les 6e, 7e et 8e conciles oecuméniques condamnent à la fois Evagre et Origène.

Rufinus (Rufin d'Aquilée) et Gennadius (Gennade) ont traduit les travaux d'Evagre en latin. Plusieurs d'entre eux ont été perdus. Les éditions remarquables de ses travaux sont celles de Bigot (Paris, 1680); Gallandi, Migne, mais aussi Elter, "Gnomica" (Leipzig, 1892), Zöckler, "Evagrius Pontikus" (Munich, 1893), Editions du Cerf (le Gnostique "Képhalaia Gnostica").
Les principales oeuvres d'Evagre le Pontique traduites en français sont: Le Traité de l'oraison: Les Leçons d'un contemplatif, trad. I. Hausherr, Paris, 1960; Traité pratique, trad. A. etC. Guillaumont, 2 vol. (SC 170-171), Paris, 1971 ; Les six centuries des "Kephalaia gnostica" (PO 28/1, fasc. 134), trad. A. Guillaumont, Turnhout, 1977.

texte basé sur notre traduction de la page web :
http://www.newadvent.org/cathen/05640a.htm

 
Au sud du delta du Nil, citons le monastère de Jérémie à Saqqarah, fondé au début du VIe siècle. A la limite de la Basse-Egypte, il y a la région du Fayoum. "Ainsi, le mont Naqloun, une colline désertique à
8 km d’Arsinoé, capitale du Fayoum, comprend quatres sites monastiques, dont la laure-mère de Deir-al-Malak avec ses 80 cellules creusées dans la roche.
 

texte de Marguerite Rassart-Debregh (Archéologue. Membre de la MSAC, Président sortant de l'Ass. francophone de Coptologie) extrait de la page web :
http://www.coptic.org/music/kellia.htm
 

 
Sources :

http://www.bm-lyon.fr/expo/ jesuite/voyage8.htm.(Pharan, carte)
http//www.touregypt.net/featurestories/ feiran1.jpg (Pharan, photo)
http://www.clio.fr/article.asp?article=276&auteur=149
http://www.mountlebanon.org/qadishavalleymap.html (carte vallée qadisha)
http://www.redbay.com/newbies/copt/kellia.htm
http://assets.cambridge.org/0521471370/sample/0521471370web.PDF (carte Tabennesi)
http://www.ldysinger.com/MONS_423/03_MonHis1/02_nit-kel-scet.htm (kellia2)
http://www.touregypt.net/featurestories/magar.htm
http://www.copticarchitecture.com/arc/heritage/other/HER.htm
(monastère de saint Macaire)
http://www.sis.gov.eg/sis-imgs/html/res004.htm
 
Pierre Maraval, Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, éditées aux PUF,1997

 

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