ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

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Asie Mineure : Carte ancienne de l'époque romano-byzantine
 
Origines :
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Le Caucase :
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L'Arménie

 


 

La christianisation des régions du Caucase aurait emprunté, au début du IIe siècle, deux voies essentielles : l'une par le sud de l'Arménie, l'autre en Géorgie, par les rives de la Mer Noire.
"De tous temps les marchands installés dans les villes de Mésopotamie sont partis vers le Caucase pour y faire différents trafics. D'abord le trafic des esclaves, puis le trafic des métaux car il y avait énormément de mines dans ces régions, le bronze d'abord puis le fer ; et enfin un trafic de chevaux car ces régions sont aussi un des premiers lieux d'élevage du cheval. Or l'exception culturelle n'existe que dans la tête des hommes politiques. Avec les marchandises, on importe forcément des idées et des dieux. On en a un très bon exemple avec le fait que dans le sud de l'Arménie on vénérait un certain dieu qui s'appelait Barshamin, nom qui se relie assez évidemment à Baal Shamim, le seigneur des cieux des Syriens, d'autant plus qu'il s'appelle en arménien Ter Spitakapart, c'est-à-dire le seigneur de blanche gloire, parce qu'il avait une statue qui était en cristal de roche, en argent et en ivoire.

On peut donc penser qu'au début, Jésus-Christ a suivi le même chemin que Baal Shamim, qu'il a été un dieu syrien d'importation dans le sud de l'Arménie, peut-être ne concernant pas les arméniens eux-mêmes car un certain nombre de villes du sud de l'Arménie, comme par exemple Diarbekyr, étaient des villes hellénistiques où l'on trouvait - les sources historiques le disent explicitement - un très grand nombre de marchands orientaux et notamment des marchands juifs. D'emblée ces marchands juifs ont pu être touchés par le christianisme naissant, en des années que l'on peut situer vers les débuts du deuxième siècle de notre ère, époque où le christianisme a par ailleurs gagné la Mésopotamie. Plus tard, vers le début du 4ème siècle, on racontera cette première christianisation de manière fabuleuse, en la rattachant aux légendes d'Abgar et de Thaddée. Les textes disent que c'est l'apôtre Thaddée qui a été envoyé à Edesse auprès du roi Abgar et qui a converti également les Arméniens."
extrait de :
http://www.erf-auteuil.org/conferences/les-christianismes-caucasiens.html

Au IVe siècle, justement, l'édit de Constantin et de Licinius, daté de 313, rappelons-le, déclarait la liberté de culte (pas seulement pour les chrétiens) et le christianisme devenait une religion d'état en 380, par décision de l'empereur byzantin Théodose. Si ces deux dates sont souvent citées pour parler de "l'intronisation" de la religion chrétienne, on ne dit pas assez que, soixante-dix neuf ans auparavant, en 301, l'Arménie devenait le premier état chrétien de l'histoire :

"Le grand missionnaire de l'Arménie, qui convertit le roi Tiridate, est saint Grégoire dit l'Illuminateur. Toujours d'après la tradition, Grégoire est fils de l'assassin du roi. Pour échapper à la haine de la cour qui s'abat sur sa famille, le petit Grégoire trouve refuge à Césarée de Cappadoce, où il reçoit son éducation chrétienne. Revenu en Arménie, il entre au service de Tiridate, qui est le fils et héritier au trône du roi assassiné. Tiridate, roi-vassal de ce grand persécuteur des chrétiens que fut Dioclétien, en partage la politique religieuse. De plus, n'ayant pas pu plier à ses désirs Hripsimé, une jeune vierge chrétienne, il l'a fait tuer avec ses amies, les premières moniales arméniennes. Ainsi, lorsque Tiridate comprend que Grégoire est chrétien et, de surcroît, fils de l'assassin de son père, il le fait jeter dans un cachot souterrain*. Mais après bien des années de détention, Grégoire est libéré par la s¦ur de Tiridate qui lui demande de guérir le roi, devenu fou. Suite à cette guérison, Tiridate accueille la foi chrétienne avec toute sa famille et la cour."

extrait de :
http://perso.wanadoo.fr/nouvelle.cite/archives/revue_religion.html

* au monastère de Khor Virap (voir plus bas)

Très rapidement, et très étonnamment, alors que le pays baignait plutôt dans le mazdéisme de son grand voisin, la Perse, religion bien éloignée de la nouvelle, l'Arménie se couvrira d'églises et de monastères, le christianisme devenant très vite le ciment essentiel de la nation arménienne :

"Un siècle et demi après l'adoption du christianisme, le Roi des rois de Perse, qui domine alors l'Arménie, par son édit impose le mazdéisme à ses sujets. Le peuple arménien se révolte et en 451, dans la mémorable bataille d'Avarayr, défend sa foi contre l'armée des Perses, trois fois plus nombreuse et mieux équipée. C'est alors que le prince Vardan, le héros de la bataille, dit une phrase qui va rester gravée dans la conscience arménienne: «L'ennemi pense que nous portons le christianisme comme on porte une veste ; maintenant il va voir qu'on ne peut pas changer la couleur de sa peau."

extrait de : voir plus haut

 
De cette époque lointaine, on peut citer les monastères de Geghard, Khor Virap ou Hovhannavank, fondés au IVe-Ve siècles (sur la situation géographique voir : Cartes d'Arménie ou directement : région d'ARAGATSOTN [Hovhannavank] ou ARARAT [Geghard et Khor Virap]) :

 
 

 
   
Hovhannavank (Hovhannavanq,
Ohanavanq, Ohanavank. Vank = monastère, en arménien),
district d'Aschtarak, région d'Aragatsotn,
monastère Ve-XIIIe siècles
 
église simple du Ve siècle, mononef
 
 
 Hovhannavank (XIIIe)
 
 Hovhannavank
 
khatchkar

 

C'est un moine arménien, Mesrob Machtotz (361-440), qui inventa l'alphabet arménien vers 400. L'Arménie fut alors dotée d'une langue écrite, le grabar.

       
  Le monastère (inactif) de Khor Virap (IVe-XVIIe siècles), au sud de la première capitale d'Arménie, Artashat (Artaxiasata), près du village actuel de Lusarvat et devant le somptueux Mont Ararat (en terrritoire turc), sur lequel se serait déposée l'arche de Noé, après le déluge de la Bible. L'église visible, de Saint Astvatsatsin, est du XVIIe siècle.

Le monastère de Geghard (IVe-XIIIe siècles), à 40 km à l'est d'Erevan (Yerevan), dans la province de Kotayk, à la limite de celle d'Ararat : grottes et cellules de moines

Anciennement Ayrivank, le monastère de la grotte, à cause des nombreuses et très anciennes grottes creusées dans la roche.

Le monastère de Geghard

  

Le monastère de Geghard :
khatchkars
 

 

   Vallée de la haute Azat.  Le monastère de Geghard (édifices actuels du XIIe-XIIIe)

Appelé aussi Gelard, Gheghard, mais aussi Geghardavank, le monastère de la lance, celle dont on dit qu'elle a percé le flanc du Christ, longtemps conservée au monastère, comme d'autres reliques, désormais au musée d'Etchmiadzine, qui jouxte la plus vieille cathédrale d'Arménie. La ville où elle était située s'appelait Vagarshapat et on appela la cathédrale Etchmiadzine (Ejmiazin, Echmiadzin, Etchmiadzin, Yejmiadzin) qui veut dire " Descente du Fils unique ", en référence à la vision de St. Grégoire l'Illuminateur auquel un être terrifiant serait apparu pour lui indiquer l'emplacement de la cathédrale. Ce nom fut étendu à la ville entière après 1945.


Sources


http://www.acam-france.org/armenie/architecture-ancienne/geghard.htm
http://www.armenian.ch/~armenia/Images/armenia_rel_2002.jpg
http://www.iatp.am/1700/ysu/Hovhannavank.html
http://www.virtualarmenia.am/aragatsotn/ohanavan/ohanavank_monastery/voha6.jpg
http://www.virtualarmenia.am/aragatsotn/ohanavan/ohanavank_monastery/vankhovanavank1.htm
http://www.armentour.am/_fra/fra_tours/fra_08_ashtarak.html
http://pedroiy.free.fr/alphabets/armenien.htm
http://www.abrilbooks.com/Posterinfo/ArmenianAlphabetAbril.htm
http://www.geo-decouverte.com/destinations/armenie/circuitHistoire.html
http://www.espoirpourlarmenie.org/images/MontArarat_cadre.jpg
http://www.rpi.edu/~keefej/Geg3pic.html
http://www.rpi.edu/~keefej/Geg1pic.html
 

 

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