ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

-ABBAYE
  Médecine, Les soins
 
document annexe
.
 
MEDECINE CULTUELLE


Le texte ci-dessous est extrait du texte de Patrick Lanotte, "Médecine, médecins et hospitalité dans le haut Moyen Age, L’exemple de Reims. L’origine de l’Hôtel-Dieu de Reims au VIe siècle : mythe ou réalité ?" thèse soutenue pour le diplôme d'état de docteur en médecine présentée et soutenue publiquement le 24 septembre 1998.

 

1.1.2.1. Le culte d'Esculape


Le culte d'Esculape est assez répandu à l'est de la Gaule dans l'antiquité (77 ; 91).
Au VIème siècle, il n'existe plus en tant que tel, mais ses principes se retrouvent
dans les incubations et les songes que pratique une partie du clergé. Voila pourquoi
il est important d'en rappeler les grandes lignes.

1.1.2.1.1. Le Dieu Esculape (51)


Esculape est le fils d'Apollon et de Coronis qui avait une beauté parfaite. Coronis a
eu la naïveté de tromper Apollon avec un simple mortel, de fait, ce dernier la fit
tuer mais sauva son fils qui était prêt à naître.
Ce fils, Esculape, fut confié à Chiron, le sage et bon Centaure. Chiron connaissait
les remèdes, administrait des potions apaisantes et délivrait de douces incantations.
Esculape fit de même et surpassa rapidement son maître. Il devint un bienfaiteur
universel, ce qui déplut fortement aux dieux et il fut tué par Zeus.
La renommée d'Esculape fut immense pendant des siècles. Les infirmes, les malades, les aveugles et tous ceux qui étaient accablés par un malheur, allèrent dans des temples dédiés à sa mémoire pour y déposer des ex-voto, des offrandes, des sacrifices, des prières afin de pouvoir guérir. En s'endormant dans les temples, le bon médecin leur montrait dans leurs rêves comment y arriver.
Esculape était toujours entouré de serpents qui jouaient un grand rôle dans la guérison, bien que nous n'en sachions pas plus, les textes restant vagues à ce sujet.


1.1.2.1.2.
Les temples d'Esculape


Les temples qui sont dédiés au culte d'Esculape ont pour nom des Asklepeion : ils
correspondent à des centres thérapeutico-religieux placés sous l'invocation du dieu
de la médecine : Esculape ou Asclepios.
En Europe, on a retrouvé en Espagne sur le site des ruines d'Empuries (78), ville
greco-romaine du VIème siècle avant Jésus-Christ, un de ces temples qui aurait été
construit au IIème siècle avant Jésus-Christ.
Dans ces temples se situe l'aditon qui est le lieu où les malades font le rêve sacré
que les prêtres interprètent pour déterminer le traitement à suivre.
En Gaule, il n'a pas été retrouvé de temples dédiés à Esculape bien que le culte de
ce dernier ait été important en Belgique, et attesté, selon Eva Sikora (91) à Reims
où il a été découvert une statuette d'Esculape (4). Reims possédait, en effet, les
critères permettant ce culte : la présence de thermes, ville fortement romanisée et
située sur des grands axes routiers.
Cette pratique cultuelle aurait eu pour conséquence, plusieurs siècles plus tard, une
meilleure acceptation de l'installation des hôpitaux chrétiens qui perpétuèrent
longtemps les rites d'incubations. C'est ce que nous allons étudier dans le chapitre
suivant.


1.1.2.2.
Les incubations et les songes (70)(44)


Réminiscence du culte d'Esculape, le songe fait partie de l'arsenal médical du haut
moyen âge. A travers les " livres des miracles "(44), nous pouvons imaginer à quoi
correspondait le songe.
Les quatre " livres des miracles " sont :
- De Gloria Martyrum noté dans le texte " De Gl. Mart. "
- De Miraculis Sancti Juliani noté dans le texte " De Mir. St. Jul. "
- De Virtitubis Sancti Martini noté dans le texte " De Virt. St. Mart. ", 4 livres.
- De Gloria Confessorum noté dans le texte " De Gl. Conf. "
Le chiffre romain qui suit la référence du livre correspond au chapitre.
Les malades, quelle que soit leur maladie : infirmité, fièvres, maladies des yeux,
démence..., se rendent au niveau de l'atrium de la basilique où ils peuvent séjourner
plusieurs mois, voire plusieurs années.( De Virt. St. Mart., II-XXV, XXVI. De
Mir. St. Jul., XII, XIX.)
Le Saint, médecin du corps et de l'âme, peut alors guérir ces malheureux par les
miracles. La veille au tombeau du Saint est obligatoire pendant un jour ou deux (
De Virt. St. Mart., I-XXXIII, II-XI. De Gl. Mart., XXXI ). Certains jours, comme celui de la fête du Saint, sont plus favorables aux miracles et donc à la guérison. La nuit, l'église est fermée par le gardien(De Mir. Jul., XX ), les cierges situés autour du tombeau restent allumés toute la nuit, ce qui donne une ambiance austère et mystérieuse, propice aux visions et autres rêves mystérieux (De Virt. St. Mart., IIXXXIII ). Les malades qui veillent dans l'église, souvent hyperthermiques et fatigués, aperçoivent parfois dans leurs rêves ces saintes apparitions. Ces dernières ont le pouvoir de guérir ; voici ce que Grégoire de Tours raconte dans " De Gloria Martyrum " au chapitre XCVIII consacré aux Saints Cosme et Damien : " Ils [Cosme et Damien] apparaissent en vision aux malades en leur indiquant ce
qu'ils doivent faire, et, si ceux-ci le font, ils guérissent "
Le songe peut être reçu par les parents ou les amis du malade (De Virt. St. Mart.,
XXII). Grégoire de Tours a reçu par l'intermédiaire d'un ange un remède pour
traiter la maladie de son père ( De Gl. Conf., XL ). Il est inutile de préciser que de très nombreux songes se soldent par une guérison. A cette époque, et quelle que soit la classe sociale à laquelle ils appartiennent dans la société, les fidèles sont
" absorbés par la préoccupation du merveilleux, avides de miracles et pleins de
crainte devant la puissance du Saint. " (70 p.14).
Pour compléter leurs prières, les malades ou les familles des malades peuvent aider
les plus pauvres inscrits sur les matricules. Les dons ou une réparation de l'église
sont aussi les bienvenus, ils sont parfois prescrits par les Saints dans le songe ( De
Gl. Conf., XXXV. De Gl. Mart., LIV ).
Il existe deux différences importantes avec le culte d'Esculape. La première est le
fait que le Saint, dans les songes, apparaît souvent seul ; dans la pratique cultuelle
le dieu est accompagné de plusieurs divinités inférieures. La seconde repose sur
l'absence de dépôts d'ex-voto dans les églises où les malades viennent chercher la
guérison à travers les songes.


1.1.2.3. Les remèdes


Les guérisons, dans la médecine cultuelle, viennent des Saints, mais les prêtres,
considérés comme des médecins, donnent aussi des avis, des conseils et des remèdes qui leur sont communiqués par les Saints.
Le prêtre bénéficie d'une grande aura, c'est un homme à la fois adoré et redouté, il
a une partie de la puissance de Dieu. Les malades essayent de l'approcher en se
jetant à ses pieds ( De Gl. Mart., LXXX ), il peut parfois guérir par l'apposition des
mains ou en faisant le signe de la croix sur les parties malades ( De Gl. Conf., XXIX). Il conseille le plus souvent le jeûne, la prière ou la visite au tombeau, plus rarement, il ordonne des remèdes.
Les premiers remèdes reposent sur le tombeau et ce qui l'entoure :
- La poussière du tombeau : elle guérit toutes les maladies. Les fidèles récupèrent
cette poussière en grattant les tombeaux, ce qui explique les nombreuses perforations que nous retrouvons de nos jours sur ceux-ci. Cette poussière est mélangée à de l'eau ou du vin puis absorbée ( De Virt. St. Mart., II-LI ). Dans certaines grandes basilicae, c'est le prêtre qui distribue la poussière : en profite t'il pour mélanger avec celle-ci des potions retrouvées dans les textes anciens ? cette question reste sans réponse. La poussière du tombeau est particulièrement réputée pour traiter les dysenteries très fréquentes à cette époque (De Virt. Jul., XLIV. De Mir. St. Mart., II-XXXVI ). Enfin, la poussière peut être emportée dans de petites boîtes, soit pour se protéger des maladies lors des voyages, soit pour être apportée à des malades qui ne peuvent npas se déplacer jusqu'au tombeau.

[NDE : La terre elle-même recelait dans certaines conditions des propriétés médicinales, prenons l'exemple du saint breton Maudez :

"Albert le Grand, d'après le propre de l'ancien bréviaire de Léon, raconte que « ce Saint passa en une Isle distante de terre ferme d'une lieue de Bretagne, la quelle Isle était inaccessible à tout homme, à cause de la multitude de serpens qui y avoient leur refuge : saint Mandez y estant arrivé, chassa par sa prière, tous ces serpens puis bastit un petit Oratoire, et une cellule auprès, où il demeura le reste de ses jours » — Il ajoute :
« Je ne veux obmettre icy le miracle continuel que Dieu opère en vertu de ce grand Saint encore à présent ; c'est que la terre de cette Isle sert d'Antidote et remède très-souverain contre les morsures ou piqueures des Serpens et toutes sortes de bestes venimeuses ; l'usage en est, qu'on en verse quelque peu en la boisson qu'on veut boire, l'expérience de cette merveille se void tous les jours ».
Ce n'est pas seulement dans son île, à Enez-Modez, que l'on prend de la terre, pour en faire un remède miraculeux ; mais partout où se trouve une chapelle ou une statue de saint Maudez, cet usage existe. Généralement c'est aux pieds de la statue ou en face de l'image sainte que l'on prend cette terre ou cette poussière, lorsqu'il n'y a pas de pavé en cet endroit, comme on peut le voir à la chapelle de Loc-Marzin, à Bannalec et à celle de N.-D. de Tronoën en Saint-Jean-Trolimon. Quand un pavé existait, on y avait ménagé une cavité, pour extraire de la terre d'au dessous, comme cela se voyait il y a encore deux ans dans l'église de Mahalon.
Dans la chapelle ruinée de Saint-Maudez, en Edern, c'est sous le maître-autel en pierre que l'on prenait cette provision, et on en a tant pris que l'autel s'est écroulé. A la chapelle de Notre-Dame de Châteaulin, lorsqu'on a fait un nouveau pavé, il y a trente ou quarante ans, on a extrait une bonne quantité de terre d'en face de la statue du saint et on l'a entassée dans le cimetière ; et c'est là que maintenant les dévots fidèles vont s'approvisionner. A Landeleau, au bas du cimetière existait autrefois une petite chapelle sous son vocable ; la chapelle a depuis longtemps disparu, mais on continue toujours à prendre de la terre à cet emplacement."

extrait de : http://www.infobretagne.com/saints-bretons-animaux.htm]

- Le voile du tombeau : le toucher avec la bouche a le pouvoir de soulager la douleur des lèvres ( De Vit. St. Mart., II-XV ). A son contact, on peut stopper une hémorragie ( De Virt. St. Mart., II-X ). Se frotter des yeux malades avec ce voile permet de recouvrer la vue ( De Virt. St. Mart. ). Enfin, les franges peuvent être emportées comme reliques, et parfois guérir, à leur contact, les parties malades du
corps
*.
-Les cierges qui brûlent au tombeau ont, eux aussi, un pouvoir de guérison ( De
Virt. St Mart., II-II ). Les textes sont assez vagues et il m'est difficile de dire si c'est
l'huile, facilement transportable, ou la mèche brûlée qui permet la guérison.
La seconde partie des remèdes se trouve dans les éléments de l'église qui abrite le
tombeau du Saint guérisseur :
-L'autel est un lieu sacré, et le contact de celui-ci avec de l'eau ou du vin donne à
ces derniers un pouvoir de guérison ( De Virt. St. Mart., IV-LI ). Après avoir lavé
l'autel avec de l'eau ou du vin, les fidèles absorbent cette boisson dans le but de
guérir.
-La grille de bois de l'église a aussi un pouvoir de guérison. Grégoire de Tours raconte qu'il avait mal à la langue, il la passa entre les barreaux de la grille et il fut
guéri ( De Virt. St. Mart., VI-I ).
Pour finir cette énumération**, de nombreux objets ont un caractère miraculeux tel
que le voile recouvrant les offrandes qui traite les maladies mentales (De Mir. Jul.,
LXIII ) et tous les objets ou matériaux que le Saint aurait touché y compris les arbres.
Un morceau de bois de ce dernier, lorsqu'il est frotté sur une dent qui fait
mal, permet de soulager la douleur ( De Gl. Conf., XCIII ), les feuilles servent aussi
de remède ( De Gl. Conf., XCV ).

* note de l'encyclopédiste : En guise d'anecdote, on évoquera ici la trouvaille des reliques supposées de sainte Rosalie de Palerme, qui avait pendant très longtemps guéri les maladies et avaient éloigné des épidémies. Les ossements trouvés n' étaient que les os d'une chèvre : ce qui laissent rêver sur les effets placebo ou psycho-sociologique des reliques.


1.1.2.4.
Conclusion et réflexion sur la médecine cultuelle


Cette médecine est prédominante du VIème au VIIIème siècle. Pourquoi dura-t-elle si longtemps ?, les fidèles guérissaient-ils vraiment ?
Je suis tenté de croire que de nombreuses guérisons ont été effectivement possibles, non pas par un quelconque pouvoir miraculeux, mais par le simple fait de la nature. En effet, la majorité des pathologies est d'ordre infectieux et une alimentation correcte accompagnée de repos dans un endroit convenablement chauffé peut améliorer la symptomatologie dans un certain nombre de cas. Il faut ajouter à cela un facteur psychologique prédominant, les croyances sont puissantes et une simple amélioration clinique est interprétée comme une guérison.
Même si elles sont minoritaires, les guérisons alimentent et amplifient les croyances
amenant de plus en plus de fidèles qui, de manière statistique, augmentent le
nombre de guérisons dites miraculeuses. Les prêtres tiennent à jour un livre où
sont notées les guérisons qui prouve, s'il en est besoin, l'aspect miraculeux des
tombeaux des martyrs. Il est maintenant aisé de comprendre que cette pratique
médicale a pu perdurer pendant plusieurs siècles.

 


** On pourrait ajouter bien d'autres types de remède. Citons la danse et les fontaines de dévotion.

 

La danse de Willibrord


"Le 2 janvier 1246, le Pape Innocent IV accorde quarante jours d’indulgence aux fidèles qui viennent vénérer le tombeau de Willibrord «lors de la fête de la Pentecôte.»

Aucun texte ne signale cependant l’usage de danser en l’honneur du saint. Le silence à cet égard s’explique bien facilement : les danses, notamment religieuses, étaient tout simplement interdites et violemment combattues par l’Eglise. De nombreuses dispositions officielles attestent cette attitude dès le 4e siècle. Saint Augustin constate laconiquement : «La danse est un cercle au milieu duquel se trouve le diable» (d’après : Die Religion in Geschichte und Gegenwart, article Tanz, traduction de l’auteur). Les interdits concernant les danses dans les lieux sacrés reviennent régulièrement dans les actes des conciles et synodes, par exemple, en 1227 à Trèves dont Echternach dépend canoniquement. Parallèlement surgissent des interprétations littéraires et populaires des formulations à caractère plutôt juridique. La plus célèbre est probablement la légende des danseurs de Kölbigk, vraisemblablement créée au 11e siècle à Echternach même.

Jusqu’à la disparition de leur abbaye à la fin du 18e siècle, les Bénédictions d’Echternach entourent la danse en l’honneur de leur fondateur d’une extrême discrétion. L’un des plus célèbres abbés de St-Willibrord, Jean Bertels (1544-1607) décrit dans son «Historia Luxemburgensis» une danse religieuse exécutée au Mont Saint-Jean près de Dudelange : «... beaucoup de malades souffrant du mal de saint Jean dansent au son de différents instruments de musique jusqu’à ce que, complètement épuisés, ils finissent par tomber comme morts. Par là ils implorent l’aide et la protection du saint.» (Traduction de l’auteur). De la danse d’Echternach il ne souffle mot dans son ouvrage. Dans le registre de dépenses du même prélat, nous trouvons pourtant en 1604 une notre intéressante : «... tabula in qua depicta est Dominus Willibrordus und Springende heiligen cum maxima multitudine populi ...», «... le tableau représentant saint Willibrord et les Springende heiligen (saints dansants) ...». Il s’agit d’une peinture d’Antoine Stevens conservée en la Basilique d’Echternach. A l’arrière-fond à gauche, nous apercevons la première représentation de la procession dansante. Bertels la désigne d’un terme allemand que nous connaissons depuis la fin du 15e siècle, où il apparaît dans un record de justice : «Und auf pinxtmontagh so(ll) der rich(ter) den gerich(t)sboden die kost geffen wan sie die springenheiligen ingefort hain», («le lundi de la Pentecôte, le juge donnera à manger aux huissiers quand ils auront accueilli les springenheiligen.»)

Quelle est la signification de l’expression «springenheiligen» que nous pouvons traduire en français par «saints dansants» ? Il s’agit de personnes liées par un voeu envers un saint, plus précisément dans notre cas par le voeu de danser en l’honneur de saint Willibrord. Nous pouvons d’ailleurs identifier les pèlerins concernés : ce sont les paroissiens de Waxweiler dans l’Eifel. La danse que ces fidèles exécutent à Echternach le mardi de la Pentecôte constitue une danse thérapeutique, c’est-à-dire elle vise à obtenir la guérison de certains maux ou la protection contre des maladies plus ou moins vaguement déterminées. Le principe qui est à la base de la danse appartient au domaine de la médecine populaire : «Les semblables se guérissent par les semblables.» On imite les symptômes d’un mal pour s’en défaire.

D’une façon générale, les maladies en question se manifestent par des mouvements involontaires et incontrôlés. Ce sont des affections du système nerveux telles l’épilespsie ou la chorée. C’est aussi l’ergotisme, une intoxication alimentaire due à l’ergot contenue par exemple dans la farine respectivement le pain.

Les chroniques du 14e siècle abondent de descriptions se rapportant aux maladies de la danse : «Les danseurs de saint Guy commencèrent à se manifester vers l’été de l’année 1374 dans les pays germaniques aux bords du Rhin, de la Moselle et dans toute la région. C’était-là quelque chose de très curieux : les gens se mirent à danser comme s’ils étaient possédés ... Tout en dansant, il leur arrivait de tomber à terre, ils se faisaient piétiner et pensaient, de cette façon, guérir ...» (citation d’après J. Marx, Geschichte des Erzstifts Trier, tome 3, page 381, Trèves 1858 sq. ; traduction de l’auteur). Cette description de la Chronique de Limbourg reflète un phénomène apparemment fort répandu à la fin du 14e siècle.

Les paroissiens de Waxweiler, habitués à se rendre à Echternach, avaient peut-être l’occasion d’y observer ou d’y exécuter de temps à autre des danses en l’honneur de saint Willibrord. Lorsqu’ils étaient massivement atteints par une maladie de la danse au 14e siècle, ils ont fait le voeu de danser régulièrement pour vénérer leur protecteur céleste et pour s’assurer ses faveurs. C’est de cette façon qu’est née la procession dansante telle que nous la connaissons actuellement."

sources : texte extrait de la page http://www.cathol.lu/willibr2.htm


Les fontaines de dévotion


"Il est à remarquer que l’abbaye de
Cellefrouin, elle-même située près d’une
fontaine de dévotion, la font Saint-Martin,
lors de sa fondation au XIe siècle, reçoit
précisément en dotation les chapelles de
Négret et de Saint-Sulpice, autant de lieux
de culte visiblement antérieurs au
christianisme! Faut-il y voir une action
délibérée et déterminée de la part des
moines de Cellefrouin et la volonté chez
ces derniers de mettre fin à des pratiques
païennes ou, à défaut, de les contrôler?"

 
sources : texte extrait de la page http://andre.j.balout.free.fr/charente(16)_pdf/saint_claud_culte_h2o020.pdf