ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

-ABBAYE-------
Martinus episcopus Bracarensis (Martin évêque de Braga)
Códice Albeldense (Codex Conciliorum Albeldensis).
Réalisé au Monastère San Martín de Albelda par le moine Vigile (Vigila, Vigilanus), entre 974/976, puis conservé au Monastère Saint Laurent de l'Escurial (San Lorenzo d'El Escorial) situé dans la cité d'El Escorial à une quarantaine de km au nord de Madrid, près de la Sierra de Guadarrama.
 
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L'ESPAGNE
des
----WISIGOTHS---

( III )

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Il faut maintenant s'arrêter un instant sur la situation religieuse de l'Espagne car, si le catholicisme commence à s'imposer par la conversion du roi wisigoth et arien Récarède Ier (Reccarède, Reccared, Recared, 555-586-601) en 589, il y avait auparavant deux, voire trois Eglises installées sur la péninsule ibérique, si on compte l'influence grecque des Byzantins, installés depuis 555 au sud de la péninsule, tel Jean de Biclar (Juan, Johannes de Biclaro, v. 540-621), abbé (puis évêque) du monastère San Félix de Gérone (Gerona [voir carte ci-dessous]) , mais aussi fondateur du monastère de Biclarum (Biclaro, Biclara) vers 586, qu'on identifie sans certitude à Vallclara (près de Montblanc, 60 km de Tarragone [voir carte ci-dessous]). Jean de Biclar est l'auteur d'une règle disparue (avant 590) et d'une chronique historique, narrant en particulier la conversion au christianisme des Garamantes, Berbères de Lybie qui seront ensuite envahis par les Musulmans en 642 :
"...le Chronicon de Jean de Biclar (Campos, ed., 1960) se rapporte aux événements de 567 jusqu’à 589/590 : elle comprend donc tout le règne de Léovigilde [Leovigildo, 568-586, par qui les Wisigoths ariens conquièrent l'Espagne contre les Suèves] et quelques années de celui de Recarède I. Selon le témoignage d’Isidore de Séville
(1964, n. o 31, p. 151), son contemporain, l’abbé de Biclar est né à Scallabis
[voir carte ci-dessous], aujourd’hui identifié avec Santarém, en Lusitanie, vers 540. Il a parfait son éducation à Constantinople, siège de l’Empire romain, où il a étudié les lettres grecques et latines pendant dix-sept ans, vers 559-576 (cf. Alvárez Rubiano, ed., 1943, p. 7; Morera, 1936, p. 59. Sur Biclar voir aussi Campos,1960). Arrivé dans la Péninsule ibérique vers 576, il est peu après exilé à Barcelone. Remis en liberté, il fonde en 586 un monastère dans un endroit appelé tantôt “Biclara” tantôt “Biclaro”, probablement près de Tarragone (cf. Álvarez Rubiano, ed., 1943, p. 3). À la mort d’Alicius, évêque de Gérone, il est élu évêque de ce même lieu dans la province de Tarragone (cf. Jean de Biclar, 1751, p. 364). D’après Isidore de Séville (1964, n. o 31. 4, p. 151-152), il a probablement
écrit sa chronique pendant qu’il était abbé de Biclar, mais celle-ci n’a été publiée qu’après son élection comme évêque de Gérone. Elle a sans doute été interrompue puisque lui-même meurt vers 621 (cf. Jean de Biclar, 1751, p. 369).
Comme il le déclare dans son prologue, il écrit avec l’intention de narrer les événements dignes de passer à la postérité, ceux dont il a été témoin oculaire ou ceux connus par des références dignes de foi. Il présente dans sa chronique les évêques lusitaniens qu’il estime les plus célèbres, également des rois, des princes et des papes. Avec un souci plus chronologique qu’historique, il est loin de reconstituer la charpente de son époque, à l’égard de laquelle il n’avait pas assez de distance. Fidèle au propos de raconter seulement ce qu’il avait vu personnellement, ce n’est qu’à partir de 576, date de son retour en Péninsule, qu’il accompagne de près les événements locaux. La première édition de sa chronique s’est faite à Ingolstadt en 1600, par H. Canisius (cf. à ce propos, Álvarez Rubiano, ed., 1943, p. 20). D’autres éditions ont suivi du XVIIIe au XXe siècle: par E. Flórez (cf. l’édition de Jean de Biclar déjà citée: 1751, p. 382-395), P. Álvarez Rubiano (1943, p. 7-44) et J. Campos (1960, p. 75-99)."

   

Lusitanie (Portugal) : Carte des routes romaines de Lisbonne vers Leiria.
 Espagne, région de Catalogne, carte de la province de Tarragone

Espagne, région de Catalogne, carte de la Costa Brava et province de Gerone (Girone)
 
Revenons à la conversion de Récarède, dont un des partisans fut Léandre de Séville (v. 534-601), originaire de Carthagène, auteur d'une règle avant 600, du moins c'est ainsi qu'on nomme son De institutione virginum et contemptu mundo. Léandre fut abbé (puis évêque en 584) du monastère d'Honorianense (écrit aussi Honoriacense) de Séville, où Isidore, son jeune frère, dut recevoir un enseignement. Isidore de Séville est demeuré le plus célèbre de tous ces clercs par l'importance et la diffusion de ses écrits, en particulier ses Etymologies, sa célèbre encyclopédie : nous étudierons à part la vie de ce célèbre docteur de l'Eglise espagnole. Léandre écrivit sa règle (de même qu' Isidore, vers 615-624), pour sa soeur Florentine, devenue moniale, qui demanda à Isidore un exemplaire de son traité De fide catholica contra Judeos (De la foi catholique contre les Juifs). Il est évident que les Moralia in Job qu'il reçut de Grégoire le Grand furent lu assidûment dans son couvent de Séville.

Evoquons brièvement un autre pôle de l'orthodoxie qu'est Braga, grande cité religieuse de la Lusitanie, dont l'évêché (Bracara Augusta, Civitas Bracarensis, dans le nord de l'actuel Portugal) fut occupé par Martin (San Martín Dumiense, 520-580/590), qui a évangélisé les Suèves. Ce Martin de Braga, comme Martin de Tours, est pannonien de naissance. Il passa pour un excellent rhéteur, avait été moine en Palestine et avait fondé lui-même un monastère à Dumio (Domium, auj. Dume), où il fit peut-être travailler des artistes byzantins qu'il avait emmenés avec lui.

Localisation de Dumio, aujourd'hui Dume, Canton de Dume, Municipalité de Braga, District de Braga, ancienne province du Minho, région du Nord Portugal (voir aussi cartes du Portugal)

Martin aurait fondé un autre monastère, celui de San Julián de Samos (Saint Julien de Samos).

On sait que Martin de Braga a compilé Sénèque, par exemple, pour instruire le roi suève Miro, a encore des attaches avec la culture classique, comme Léandre de Séville ou Licinien de Carthagène (+ 603), mais ailleurs, en Galice ou dans les Asturies, comme en Gaule, on avait plus ou moins écartée la culture classique et profane de la sphère ecclésiastique ou monastique.

 
Sources :

http://www.geocities.com/CapeCanaveral/Launchpad/9192/pag03.htm (sisebut)
http://www.canalsocial.com/biografia/santos/braulio.htm
http://www.scourmont.be/studium/bresard/12-western_mon.html (western monasticism)
http://www.geocities.com/Colosseum/Bleachers/2953/tierrasanta/egeria2.htm (Egérie)
http://www.angelfire.com/fl/BriansHouse/madababa.html (madaba, jerusalem)
http://www.geocities.com/Athens/Oracle/1631/madaba_map.html
http://canalsocial.net/biografia/biografiacontenido.asp?nom=VICTORIANO%20DE%20ASAN,%20SAN
http://www.pirineos.com/imagecatalogue/imageview/192/?RefererURL=/article/view/190/ (carte Sobrarbe)
http://www.sendanet.es/sastre/HA/HA188/HA188.htm (images Asan)
http://www.cortesaragon.es/identidad/historia/tierras/index3.htm (image braulio)
http://portugalia.free.fr/distritos/03/0309.htm (carte de Braga)
http://www.motilla.com/mipueblo/historia/mapas/mapa_cuenca_1869.jpg (carte de Cuenca)
http://www.aragoneria.com/monaster/santaeng.htm (aquarelle sainte-engrâce)
http://libro.uca.edu/monastic/monastic3.htm, texte de Charles Julian Bishko.
http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000058073.html (tableau maître saint Ildefonse)
http://gallery.euroweb.hu/html/g/greco_el/1606-10/05ildefo.html (tableau du Greco)
http://www.khm.at/system2E.html?/staticE/page147.html (autel Ildefonse)
http://keptar.demasz.hu/arthp/html/r/rubens/religion/ (panneau droit autel Rubens)
http://www.fotos.org/galeria/showphoto.php/photo/13223/size/big (panneau central autel Rubens)
http://www.lessing-photo.com/p3/260102/26010260.jpg (panneau gauche autel Rubens)
http://santiebeati.it/immagini/Original/38600/38600D.JPG (Rubens, Ermitage)
http://www.abcgallery.com/M/murillo/murillo44.JPG (tableau Murillo)
http://psoutinho.planetaclix.pt/out/mapa_santarem.gif (carte Lisbonne Ribatejo)
http://www.fcee.urv.es/departaments/economia/recerca/grit/images/tarragona%20(prov).jpg (carte province Tarragone)
http://www.costabrava.org/rcs/mapa_carreteres.jpg (carte province girone)
http://www.wga.hu/detail/v/velazque/01/0112vela.jpg (tableau Velazquez)
http://bloc.balearweb.net/post/187/3013 (monastère de Cabrera)
http://fuesp.com/revistas/pag/cai0205.html (Ildefonse)
http://clasica10.us.es/c/cilxviii_a/coloquio/material/clefalsos.pdf (inscriptions métriques)
http://www.museocruzherrera.com/turismo/museo.patrimonio_cultural/monumentos/
medina_sidonia/monumentos/santos_martires.html (ermitage saints martyrs Assidonia)
 
 

 
Sub luce florentis calami, ouvrage collectif dirigé par .Manuela Dominguez García, Université de Santiago de Compostelle, 2002.

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