ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

- ABBAYE--
 
-EGERIE-------------------------------------


Egeria, Itinerarium, Biblioteca della Città di Arezzo (Bibliothèque de la ville d'Arezzo) ms. 405


Est-elle "la virgen consagrada a Dios en un monasterio" (la vierge consacrée à Dieu en un monastère) dont parle élogieusement Valère (Valerio) de Bierzo (Asturies, + 695)? Certains la croient Gauloise, mais il paraît vraisemblable qu'elle soit d'origine patricienne romaine, née dans une famille installée au Nord-est de la péninsule ibérique, si l'on en croit certains indices, comme les tournures latines qu'elle emploierait dans le récit de voyage qu'on lui attribue, le seul écrit qui nous serait parvenu d'elle, mais aussi, si on se réfère à la carte de ce périple, dessinée par le moine Valerio de Bierzo (VIIe, Asturies). On a donné à cet ouvrage le titre de : Peregrinatio/ Itinerarim Aetheriae (Itinerario/viage de la virgen eteria), Voyage de la vierge Ethérie (Egérie, Etheria, Egeria, Eucheria).

Découvert en 1884 dans un manuscrit latin du XIe siècle, à Arezzo, en Italie, le récit fut publié en 1887. Il fut d'abord attribué à Silva, une sœur de Rufin (voir plus loin). Plus tard, il finit par être attribué à Egérie. Il est possible de lire l'intégralité de ce récit (en latin) sur le site :
 
http://www.orbilat.com/Proto-Romance/Vulgar_Latin/Texts/Peregrinatio_Aetheriae.html

L'auteur de ces lignes écrit, dit-elle, pour ses "sorores" (sœurs), des "venerabiles dominae"," (femmes vénérables) et, dans la traduction espagnole cette fois, de ses "amigas de mi alma" (amies de mon âme), qui vivent en communauté quelque part en Occident, ce qui, d'évidence, conduit à penser qu'Egérie était une moniale, et sans doute, la supérieure d'un monastère féminin, combinant comme partout encore dans le monde chrétien, nous l'avons vu, vie commune et vie solitaire.

Le récit d'Ethérie est une succession de visites aux centres vitaux du monachisme d'Orient, un pèlerinage aux sources du christianisme. Il est lui-même une source très utile sur la pratique religieuse des moines d'Orient, particulièrement pour ce qui touche à la liturgie.

De sa terre natale, elle part pour Constantinople, puis arrive à Jérusalem en 381, durant le ministère de Cyrille, son évêque, vivant en contact étroit avec les communautés monastiques de cette ville, devenant amie de Mélanie l'Ancienne et de Rufin d'Aquilée.

Carte mosaïque de l'église byzantine de Mabada, Jordanie (milieu du VI ème siècle). Ce serait la plus vieille carte connue de la Terre Sainte, découverte sur le sol de l'église au XIXe siècle. Elle figure Jérusalem telle qu'elle devait être entre 325-638, à l'apogée de l'empire byzantin.

Fin 382, Egérie quitte Jérusalem pour les berceaux monastiques de la Palestine (voir les Origines du monachisme, Palestine 2), l'Egypte et les laures de Nitrie et de Thébaïde (voir Les Origines du monachisme - La Basse Egypte, en passant par Alexandrie et ses communautés établies le long du Nil. Elle se rend à Natrun, patrie d'Amman, en plein désert. Rencontre t-elle le vieux patriarche? A Skété, elle rencontre inévitablement Macaire, qui y reste jusqu'en 394, mais aussi Evagre le Pontique, qui l'y a tout juste précédé. Elle visite le couvent de Phbôou (Fau, Pabau), probablement celui de Tabenne, fondés par Pachôme, où les moines s'expriment en copte et savent rarement le grec. De là, elle visite le Sinaï, le monastère Sainte-Catherine (vers 384), qu'elle décrit en détail, et de nombreux lieux cités dans le livre de l'Exode : Mara, où Moïse aurait changé l'eau amère en eau douce (Exode 15,27) ; Pharan (Faran, Feiran), où Moïse pria durant la bataille contre Amaleq (Exode 17,8-10) ; Mont Horeb, que la moniale gravit, et au pied duquel aurait eu lieu l'épisode du buisson ardent (Exode.3,1-5) ; Gessen, Etham (Ex13,20) Pithom (Ex.1,11), d'où partent les Hébreux pour l'Egypte : Tathnis ( Tafnis, Jer.2,16; Jérémie 43,8-9) ; le Mont Nebo (Djebel El-Neba), d'où Moïse voit la Terre Promise (Deutéronome.32,48-50 et 43,1) et Jéricho, une des plus anciennes cités du monde, où passeront les Israélites, conduits par Josué. Egérie fait cette "excursion" en compagnie d'un prêtre et plusieurs moines et diacres ; le pays de Job (sa tombe supposée est à Carneas, l'ancienne Dennaba) et le lieu où Abraham est supposé avoir rencontré Melchisédec (Genèse.14,17-20).

Sur le retour vers Constantinople, Egérie travers la Césarée maritime, la Syrie. Elle va de Haran à Antioche, puis à Edesse, Tarse (la patrie de saint Paul), Ephèse (tombeau de saint Jean), pèlerinage inlassable d'un lieu saint à un autre.

Les feuillets de ce récit ne sont pas complets et le récit s'achève à Constantinople de manière abrupte.
 

Sources :

 
http://www.geocities.com/Colosseum/Bleachers/2953/tierrasanta/egeria2.htm
http://www.angelfire.com/fl/BriansHouse/madababa.html (madaba, jerusalem)
http://www.geocities.com/Athens/Oracle/1631/madaba_map.html

 

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