ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

ABBAYE
 
 
LE
PRIEURÉ
(II)


 
L'EXEMPLE DES PRIEURÉS CLUNISIENS
 

Saint-Leu d'Esserent et Saint-Pierre d'Abbeville
 

 
 

Chevet de la prieurale Saint-Leu d'Esserent, XIIe-XVe s.

 
Certains prieurés n'avaient rien à envier d'une grande abbaye, disposant du même type de domaines, de revenus, comme elle à la tête parfois de plusieurs monastères.

Citons d'abord deux prieurés clunisiens picards tels Saint-Leu d'Esserent (image A) et Saint-Pierre d'Abbeville, (image B) dont les plans montreront l'importance. Hugues de Dammartin (voir plus haut) a concédé au prieuré biens qu'il possédait dans le village de Saint-Leu en tant que seigneur : les terres, les bois, les prés, les vignes, les serfs, les hôtes, la justice, les coutumes et deux fiefs.

" Ce prieuré conventuel triple constitue un ensemble privilégié à bien des égards. Tout d'abord, il conserve les éléments principaux de l'organisation spatiale d'un grand monastère : les croix annonçant la proximité du prieuré, la ferme extérieure et le banvin, cave où l'on stockait les récoltes viticoles avant de les vendre, l'enceinte monastique et ses belles entrées (XIIe et XIVe siècles), l'église à la fois priorale et paroissiale, le groupe claustral, pour lequel il subsiste encore une partie du cloître (XIIIe siècle) et une vaste cave voûtée sous l'aile orientale, des appendices majeurs situés dans l'enclos monastique, comme le manoir localisé à proximité immédiate du carré claustral (probable logis prioral reconstruit au XIVe siècle), la pièce d'intendance, grande salle semi-enterrée voûtée d'ogives contrôlant l'accès aux celliers, et, enfin, la ferme intérieure dont il ne reste que le colombier."


extrait de :
http://www.dossiers-archeologie.com/numero-275/cluny-a-decouverte-sites-clunisiens/saint-leu-d-esserent-oise.7343.php#article_7343

A----------B--

 
A. Plan du prieuré Saint Leu d'Esserent, termes particuliers : Logis prioral, salle du pitancier (officier claustral chargé de servir la pitance, la nourriture des moines), souterrain et celliers, banvin* (du XIIe, voir photo ci-dessous) , parvis, colombier (pigeonnier), tour du diable.
B. Plan du prieuré Saint-Pierre d'Abbeville, termes particuliers : Bûcher, lieu où on entreposait le bois de chauffage (selon les cas, pour la cuisine, l'infirmerie, le chauffoir du monastère, etc.)

* cave banvin. Elle servait à entreposer le vin . "banvin" vient de "bannum vinum" : droit exclusif du seigneur de vendre le vin de son cru durant le temps porté par les coutumes, ici, quarante jours.


 
 
Sauxillanges
 

L'exemple des cinq prieurés dits "filles de Cluny" est encore plus criant quand on compare
abbayes et prieurés. Prenons l'exemple de prieuré St-Pierre-St-Paul de Sauxillanges, qui faisait vivre quarante moines en 1310, quarante-cinq avant la guerre de Cent Ans. La bulle du pape Urbain II confirme à Sauxillanges cinquante églises, de nombreux prieurés et prieurés-cures dépendent de Sauxillanges.
 
Les vestiges du prieuré sont autant de témoignages du rang qu'a tenu le prieuré dans l'histoire
clunisienne. La chapelle du prieur, Notre-Dame des Bois, possède cinq clefs de voûtes magnifiques
qui illustrent la relation étroite du monastère avec la plus haute noblesse de France, sans oublier aussi que le grand abbé de Cluny, Pierre le Vénérable, né dans un village voisin, y est entré comme oblat.

 
 

 
1. --Un ange présente un écu portant les armes de France : d’azur à trois fleurs de lys. Ce sont celles des Bourbons, grands donateurs de l'abbaye.
2. --lion tenant dans ses griffes un écu palé d’or et de gueules surmonté d’une crosse tournée à dextre, ce qui nous indique que son possesseur avait rang d’évêque. Il s'agirait de Jacques II d'Amboise, abbé de Cluny de 1481 à 1510
3. -- Un ange aux ailes tient dans ses mains un écu représentant une étoile à 6 branches (restaurée au XXe s) sous un lambel à trois pendants en chef, signe indiquant qu’il s’agit vraisemblablement d’un cadet. C'est le blason de Dom Johannes IV des Laurents, prieur hollandais de Sauxillanges qui construisit la chapelle "...construxit capellam B.M. de Bosco…" nous dit la Gallia Christiana Nova (1716), une révision des moines de St Maur de la Gallia Christiana, somme encyclopédique de 16 volumes détaillant la totalité des diocèses et des monastères français avec listes biographiques des archevêques, évêques, abbés et abbesses.
4. -- Un aigle tient dans ses serres "un écu surmonté d’une crosse tourné à dextre aux armes des Bourbons : d’azur à trois fleurs de lys d’or au bâton de gueules (brisé d’une barre). "Ce sont les armes du 73ème prieur : « Carolus de Bourbon cardin .archiep. Lugdum. 1483 », d’après la Gallia Christiana [voir ci-dessus]. Charles de Bourbon, né en 1434, est le deuxième fils de Charles Ier Duc de Bourbon et d’Agnès de Bourgogne et est le frère de Jean II de Bourbon qui se révolta contre le Roi Louis XI. Le cardinal archevêque de Lyon (nommé à 10 ans en 1444 et pourvu de nombreux autres bénéfices : 10 abbayes ou prieurés, (il fût notamment prieur commendataire de Souvigny), succéda à Jean II sous le nom de : Duc Charles II."

5. -Jeune choriste qui tient "dans ses mains l’écu représentant les armes de l’Abbaye de Cluny : de gueules à deux clefs d’argent posées en sautoir traversées d’une épée de même, en pal, à garde d’or".

extraits, sources et photos de : http://s274814878.onlinehome.fr/jcfauveau/index.php?option=com_content&view=article&id=16:la-chapelle-du-prieur-de-sauxillanges
&catid=3:nouvelles&Itemid=6

 
 
Souvigny
 


Tombeau de Charles Ier et d'Agnès de Bourgogne, détail du lion aux pieds du duc, 1453, marbre.
Chapelle Neuve de l'église prieurale de Souvigny

Au prieuré Saint-Pierre-Saint-Paul de Souvigny, "la fille aînée" de Cluny fondée par Aymard, le premier des Bourbons, ce sont les tombeaux de deux grands abbés de Cluny qui attireront les pèlerins pendant des siècles, Odilon et Maïeul (Mayeul), ornés de leurs gisants, du XIIe siècle :


Leurs sépultures, en partie détruites à la Révolution française, n'ont été retrouvés qu'en 2001 et replacées dans la nef, comme à l'origine. Par ailleurs, les Bourbons ont ensevelis un certain nombre de leurs morts dans le prieuré depuis le Xe siècle, quand ils étaient avoués du monastère, avant de que le monastère ne devienne, plus tard, la nécropole établie des sires du Bourbonnais. On peut y voir notamment le tombeau de Louis II de Bourbon et Anne d'Auvergne, ou celui de Charles Ier, duc de Bourgogne et d'Agnès son épouse, avec leurs gisants (image 9). D'autres éléments d'art sacré sont à relever, particulièrement l'armoire à reliques, où figurent les abbés Odilon et Maïeul, ou encore le pilier roman dit du zodiaque, colonne sculptée qui fait encore largement place à l'interprétation, et dans tous les cas, à l'imagination ! Nous avons gardé la célèbre Bible pour la fin, car si nous savons qu'elle fut exécutée pour le prieuré du temps du rétablissement du monastère par le prieur Aimeric (1183 à 1206), rien n'indique que le prieuré ait possédé un scriptorium.
 


6.---Portraits des abbés Maïeul et Odilon sur l'armoire à reliques du prieuré, voir ci-dessous.
Peintures sur bois
 
7.---Armoire à reliques de l'église prieurale de Souvigny, pierre et bois, de style gothique flamboyant, commanditée vers 1440 par Dom Geoffroy -----Chollet, prieur de 1424 à 1454.-
Gravure de Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle
1856.
 
8.---Pilier roman de Souvigny dit du zodiaque, du milieu du XIIe s, vues des huit faces, quatre faces figurées et quatre feuillagées.
8b Le même pilier, gravure parue en 1838, page 41 du troisième tome de "L'Ancien Bourbonnais" d'Achille Allier d'après un dessin de Dufour.
 
Face figurée, 1, Les animaux légendaires, de haut en bas :
L'inscription a été détruite, ne reste au-dessous d'elle qu'une sorte de cheval munis de deux pattes avant et une queue de reptile à la place des pattes arrières. GRIFO. Le griffon, bien sûr, avec sa tête d'aigle sur un corps de lion. VNICORNIS, unicornis, unicorne, corps de cheval et tête de cervidé. ...FANS, c'est l'éléphant. SERENA, la sirène, tronc de femme et queue de poisson à la place des membres inférieurs. MANICORA, la manticore ou mantichore (mantichora, manticora), tête humaine sur corps de lion, d'origine perse, elle est censée être très violente et mangeuse d'hommes. Solin lui attribue trois rangées de dents. Cette légende nous a été transmise par Pausanias, dans son Periegesis (voir : Abbaye, bibliothèque, Rome.html), qui l'a lui même reçue de Ctésias († vers -398), médecin d'Atraxerxès II, dans son livre Indika, le premier livre dont le sujet est l'histoire du continent indien, qui n'est cependant pas un livre d'histoire au sens moderne, la part accordée aux personnages mythologiques ou fantastiques n'est pas négligeable.
 
Face figurée, 2, Le calendrier des travaux, de haut en bas :
L'inscription a été détruite, on ne voit plus qu'un motif floral en étoile.
DECEM(ber), décembre, l'image sculptée au-dessous évoque le repas traditionnel de fin d'année. Un homme barbu a un verre à la main, et sur la table devant lui, seont posés un pain et un poisson. Pain et vin rappelle l'eucharistie, alors que le poisson rappelle le Christ, voir ICHTUS.
NOVEMb(er), la période des labours s'achève. Un homme tient un joug double sur l'épaule, une baguette dans sa main et surveille deux animaux qui boivent dans une auge.
OCTOBER, octobre, avec une image de glandée. Un homme tient une fronde dans sa main droite, et se prépare à tirer sur les arbres, sous lequels des porcs mangent les glands tombés du chêne.
SEPTEMb(er), Foulaison de la vendange, un homme écrase le raisin de ses pieds, un autre vide un panier de raisin dans la cuve.
AVGVSTVS, Augustus, août, battage de la moisson, ici au fléau par l'un des personnages, l'autre remuant les céréales avec sa fourche. Dessous, on peine à voir les restes d'inscription du mois de juillet, julius.
 
Face figurée, 3, Signes du zodiaque, de haut en bas :
Un motif végétal une nouvelle fois, puis CAPRICORNVS, Capricornus, le Capricorne, représenté par le bouc traditionnel, ici dans une mandorle, comme toutes les représentations qui suivront. SAGITARI(VS), Sagittarius, le Sagittaire, avec un centaure, bien sûr, tirant à l'arc. SCORPIVS, Scorpius, le Scorpion, qui au lieu de posséder quatre paires de pattes, n'en possède ici que deux. LIBR(A), la Balance, représentée par une femme tenant l'instrument devnat elle. VIRGO, la Vierge, c'est ici une femme noble, distinction visible surtout par sa coiffe, un exemple classique du XIIIe siècle, avec tour de tête et guimpe (ou voile). Sous la Vierge, le mot L(E)O, le Lion, est bien endommagé.
 
Face figurée, 4, Les peuples monstrueux , la plus dégradée, dont on trouve une reconstitution possible chez Allier, voir image 8b plus haut. De haut en bas :
PODES, l'hippopode (hyppopode, parfois, "pieds de cheval"), un homme nu avec des sabots de cheval, muni d'un bâton. Solin (IIIe - IVe s, Solinus Polyhistor, De mirabilibus mundi, "Les Merveilles du Monde" appelé aussi Recueil des Curiosités) et Pline (Histoire Naturelle, Livre IV) les placent sur des îles, en Scythie, ce que reprendra Isidore de Séville (Etymologies, Livre XI). CIDIPES, mot inconnu de la littérature latine, qu'il faut très probablement rattaché au sciapode (skiapode, monopode, monocolus : "qui n'a qu'un membre"), sorte de cyclope nu avec un seul oeil sur le front et muni d'un bâton dans la main gauche, que Pline serait le premier à avoir cité dans son Histoire Naturelle (voir satyre plus bas).
 
Les deux figures suivantes sont très endommagées. Le nom attaché à la première semble commencer par S, on aperçoit des jambes avec des sabots à la place des pieds, c'est vraisemblablement une illustration du Satyre, satyrus :
 
"Il y a des satyres dans les montagnes indiennes situées au levant équinoxial : le pays est dit des Catharcludes. Ces satyres sont très rapides ; ils courent tant à quatre pattes que sur leurs deux pieds : ils ont la face humaine, et leur agilité fait qu'on ne les prend que vieux ou malades. Tauron donne le nom de nation des Choromandes à une race sauvage, privée de sois, poussant des cris horriblement stridents, ayant le corps velu, les yeux glauques, des dents de chien. Eudoxe prétend que dans le midi de l'Inde les hommes ont le pied long d'une coudée, et les femmes si petit qu'on les appelle Struthopodes (stroudos, moineau, pous, pied, pied de moineau)."

Pline, Histoire Naturelle, Livre VII, 17
extrait de : http://remacle.org/bloodwolf/erudits/plineancien/livre7.htm
 
Ce n'est sans doute pas un hasard si le satyre, le sciapode et l'hippopode se suivent ici comme dans l'énumération d'Isidore de Séville (satyri...sciopodum...hippopodes...), qui a transmis une partie de cet héritage antique de légendes (Etymologies, Livre XI, De Homine et Portentis, L'homme et les monstres) tout comme Pline l'Ancien (Histoire Naturelle, Livre II, chapitre 2). Chez Isidore, le satyre est corné et possède des sabots de chèvre. Au-dessous, apparaissent des lettres bien abîmées, SON, SIN, Allier voit SONI, on n'a pas de certitude, ce peut être pour les Cynocéphales ("tête de chien") ou les Cynodentes. Hérodote (Histoire, IV) plaçait les Cynocéphales et les Acéphales dans la partie orientale de la Lybie, ce n'est pas étonnant, les Egyptiens en parlent dans leurs tombes (Medinet-Habou, Ramsès VI par exemple), à la différence qu'ils parlaient bien d'animaux, de singes papio hamadryas L., et pas d'hommes monstrueux. Enfin, tout en bas de la colonne, on trouve la mention AETHIOPA, très abîmée elle aussi. Au-dessous, la tête d'un personnage apparaît, avec quatre yeux, c'est l'Ethiopien de la légende, dont Solin (op. cité) dit qu'elle est fausse et qu'on leur prête quatre yeux à cause de leur vue exceptionnelle, qui leur permet de tirer précisément leur flèche.
 
 
9.---Mausolée avec gisants de Louis II de Bourbon et Anne d'Auvergne dans la Chapelle Vieille
 
10.---Bible de Souvigny, fin XIIe s, enluminures avec initiales historiées, initiales ornées, initiales ,filigranées et ------initiales champies
folio 318, Incipit de l'évangile de Matthieu
Bibliothèque Municipale de Moulins, ms 0001
56 x 78 cm, 32 kg
C'est le sacristain Bernard qui aurait commandé une dizaine de manuscrits pour le prieuré, et parmi eux cette splendide Bible complète, illuminée, fortement inspirée de celle de Clermont. L'oeuvre a été écrite par deux copistes, durant environ une année et demie (170 à 200 lignes par jour chacun) rt a nécessité.... 200 peaux de mouton !

 
 
La bulle du pape Urbain II (1095), qui assure une large protection à Souvigny, nous livre l'étendue de ses bénéfices..."sauf en tout l'obéissance due par ledit Souvigny aux abbés de Cluny", bien sûr : "Au diocèse d'Auvergne, Souvigny possède le monastère de la Ferté, dix-huit églises ou paroisses et douze chapelles, dont Genzac ; au diocèse de Bourges, les monastères de Saint-Maurice et de Colombier, vingt-huit églises et trois chapelles ; au diocèse d'Autun, deux églises et une chapelle qui deviendra la Collégiale de Moulins ; au diocèse de Nevers, cinq monastères, une église, deux chapelles ; enfin une église au diocèse de Limoges.
Ainsi, moins de deux siècles après sa fondation, le prieuré clunisien de Souvigny gouverne huit monastères, cinquante églises ou paroisses, dix-huit chapelles, ce qui lui donne une importance considérable dans la Congrégation."

extrait de : Léon Côte, "Moines Sires et Ducs à Souvigny, Le Saint-Denis Bourbonnais", Nouvelles Editions Latines, 1966

Au XVe siècle, Dom Chollet crée une bibliothèque près de la fontaine, où on trouvait "quatorze volumes de droit canon,quatre de droit civil, la Légende Dorée de Jacques de Voragine (XIIIe siècle), un Horologium Sapientiae (Livre de la Sagesse), quelques livres d'édition commune et plusieurs autres de diverses natures.
Notons aussi d'excellents livres donnés par Aimon de Saint Géran qui fut sous-prieur au temps du prieur Brocard, ainsi que l'indique un acte de 1147 ; puis d'autres donnés deux siècles plus tard par un autre Saint-Géran, Aimé, qui fiut prieur de 1336 à 1360.
Il y avait également la fameuse Bible de Souvigny (...) des corps de lois, des canons, des décrétales anciennes et nouvelles, un livre rouge des cas de pénitence, un livre en peau renfermant des commentaires sur Job, un grand antiphonaire d'une valeur d'environ trente livres, un psautier avec gloses, un missel recouvert d'argent, un livre contenant la moitié des réflexions morales de saint Grégoire sur le livre de Job [Moralia in Job, NDE], des vies de saint Martin et de saint Mayeul, un recueil de sentences de Pierre Lombard, des livres de la vie du Christ et celles des Pères, le Livre des Anniversaires du Prieuré, et naturellement plusieurs bréviaires dont un d'unevaleur de douze francs d'or..."


extrait de : cf. précédent

 
Etre fille de Cluny était certes prestigieux mais en retour le prieuré avait des obligations envers l'abbaye mère à la hauteur ce ce prestige, puisqu'elle devait lui fournir le repas exceptionnel de pentecôte, ce qui pouvait être très onéreux quand la situation financière du monastère n'était pas au beau fixe. En 1434, par exemple, les moines se plaignent au duc Charles Ier de nombre de cens et de rentes impayés sur des terres appartenant au prieuré, en raison d'aucune trace écrite concernant ces droits. Charles Ier ordonnera aux notaires de sa Chancellerie une enquête sur ces biens et elle conduira au terrier (ou censier) commencé par Dom Chollet en 1445, complété par le Livre des Anniversaires, où on trouve copies de quelques actes et mentions de nombreux autres. Cette mise en ordre amènera le prieur à installer un chartrier contigu à la chapelle Notre-Dame, pour accueillir les documents importants du monastère.

 
 
Denier de Souvigny, 1150-1200, argent

 Avers : inscription : SES. MAIOLVS, Saint Maïeul,
abbé crossé de Cluny.
 Revers : SILVINIACO (SILVINIACUS : Souvigny), décoré d'une croix.
 
 
Un témoignage supplémentaire de l'importance du prieuré de Souvigny est celui qui concerne le battage de monnaie :
 
" En 916, le sire de Bourbon fit la donation de Souvigny à l'abbaye de Cluny qui s'arrogea le droit de battre monnaie, droit qu'elle n'avait pas, et se le fit confirmer en 1058 par le pape Étienne IX (1057-1058). Le monnayage débute vers 1080 et est mentionné dans les actes à partir de 1095. Le monnayage se divise en 8 périodes : 1) 1080-1213, monnayage anonyme ; 2) 1213*-1216, monnayage entre Guy de Dampierre et le prieur Hugues ; 3) 1216-1243, monnayage des prieurs seuls ; 4) 1243-1249, monnayage associé de Bourbon et de Souvigny ; 5) 1249-1262, retour au monnayage de Souvigny seul ; 6) 1262-1268, monnayage de Souvigny, Jean de Bourgogne et Agnès ; 7) 1268-1272, monnayage de Souvigny seul ; 8) depuis 1272, nouveau pariage entre Souvigny et les sires de Bourbon. Souvigny est encore signalé dans l'ordonnance de 1315. Philippe V le Long racheta la monnaie à son cousin Louis de Clermont en 1321.
 
* Les sires de Bourbon n'avaient pas, au départ, le droit monétaire. Guy de Dampierre et le prieur Hugues passèrent un accord en 1213 afin de monnayer conjointement dans l'atelier de Souvigny et de partager les frais de fabrication. Ce type d'opération fut répétée par Archambault VII pour la période comprise entre 1243 et 1249."

extrait de : http://www.cgb.fr/monnaies/vso/v16/fr/monnaies107d.html

 
Sources :

 
textes :
 
 
- Morelle Laurent. Prieurs et prieurés dans l'Occident médiéval, actes du colloque organisé à Paris le 12 novembre 1984 (Genève : Droz, 1987 ; in-8°, X-220 pages [Ecole pratique des hautes études, IVe section : Sciences historiques et philologiques, V : Hautes études médiévales et modernes, 60]).. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1988, tome 146. pp. 441-443.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1988_num_146_2_450522_t1_0441_0000_3
 
- Bulletin du Centre d'Etudes médiévales d'Auxerre, BUCEMA
http://cem.revues.org/index11092.html
 
- Répertoire universel et raisonné de jurisprudence civile, criminelle ...
Par Joseph Nicolas Guyot, chez Visse, 1784.
 
- Nouveau dictionnaire françois: contenant généralement tous les mots anciens ...
Par Pierre Richelet, Elzevir, 1709
 
- http://xn--encyclopdie-ibb.eu/P.html
- http://s274814878.onlinehome.fr/jcfauveau/index.php?option=com_content&view=article&id=16:
la-chapelle-du-prieur-de-sauxillanges&catid=3:nouvelles&Itemid=6
- http://www.ville-souvigny.com/Souvigny/Culture/La_Bible.html
 
-Jean-Loïc Le Quellec
Cynocéphales et Pentecôte
http://rupestres.perso.neuf.fr/page0/page3/assets/Cynoceph-Pentect.pdf
 
 
 
 
 
 
illustrations :
 
 
- abpo.revues.org/pdf/777 (plans la Ramée)
- http://www.fotocommunity.fr/pc/pc/display/17741290 (saint-jean-de-gray)
- http://frereedouard.blogspot.fr/ (saint-eutrope, martyre)
- http://paysdhalatte.over-blog.com/photo-1230581-Prieure-St-Maurice_ancien-dortoir_jpg.html (saint-maurice)
- http://www.cg66.fr/uploads/Image/b8/WEB_CHEMIN_2570_1271758645.jpg (serrabone)
- http://www.chateau-fort-manoir-chateau.eu/chateau-de-bouttavent-71_a.jpg (boutavent)
- http://static.panoramio.com/photos/original/11682341.jpg (salagon)
- http://fr.geneawiki.com/images/5/54/Boso_Prior.jpg (saint-eutrope)
- http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6f/Chanteuges-_Prieur%C3%A9_-_Chapiteau_-3.jpg
(Chanteuges, chapiteau)
-http://librementmoi.canalblog.com/albums/je_decouvre_le_languedoc_roussillon/photos/53601089-
prieure_st_michel_de_grandmont___le_cloitre.html
- Racinet Philippe. Les prieurés clunisiens en Picardie au Moyen Age et au XVIème siècle. In: Revue archéologique de Picardie. N°4, 1982. pp. 199-230.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pica_0752-5656_1982_num_4_1_1372
(plan St Pierre Abbeville et St Leu d'Esserent)
- http://www.pierresudoisetourisme.fr/A-decouvrir/Le-patrimoine/Les-monuments-et-curiosite/Saint-Leu-d-Esserent (banvin)
- http://www.naturepixel.com/abbatiale_de_saint_leu_d_esserent.htm (chevet prieurale)
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Plan_du_prieur%C3%A9_de_Trizay.jpg (plan)
- http://www.flickr.com/photos/art_roman_p/4952544494/sizes/l/in/photostream/ (vue générale Trizay)
- http://www.flickr.com/photos/art_roman_p/4951941711/sizes/l/in/photostream/ (chevet Trizay)
- http://abbayedetrizay.blogspot.fr/p/histoire-de-labbaye-de-trizay.html (photo ancienne)
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Prieur%C3%A9_de_Trizay7.jpg (chapitre)
- http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/Prieur%C3%A9_de_Trizay5.jpg (chapitre façade)
- http://philguesdon.fr/IMG/jpg/2008_Abbaye_de_Trizay.jpg (réfectoire)
- http://beneze17.free.fr/images/beneze17/imgnew/New_Trizay_Abbaye_10G.jpg (réfectoire2 )
- http://noursette.canalblog.com/archives/2009/04/13/13365068.html (fresques trizay)
- http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c4/Prieur%C3%A9_de_Trizay6.jpg (cellier)
- http://beneze17.free.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=53:abbaye-trizay&catid=32:edifice-religieux (tetramorphe)
- http://www.larousse.fr/encyclopedie/media/Saint_Ma%C3%AFeul/11025116 (souvigny, peinture maieul)
- http://www.narthex.fr/blogs/abbaye-de-cluny-910-2010/la-commemoration-des-fideles-defunts (souvigny, peinture odilon)
- http://www.narthex.fr/blogs/abbaye-de-cluny-910-2010/la-commemoration-des-fideles-defunts (gisants abbés)
http://patrimoine.blog.pelerin.info/category/region/auvergne/ (gisants abbés, détail)
- http://espritbd.superforum.fr/t534-archeo-poil-au-dos (souvigny cloître)
- http://www.culture.gouv.fr/ (lion, gisants charles et agnès)
- http://mesancetres.canalblog.com/tag/de%20Bourbon/p20-0.html (tombeau louis II)
- http://medieval.mrugala.net/Architecture/Souvigny%20-%20Eglise%20St%20Pierre%20&%20St%20Paul/ (zodiaque)
- http://195.101.200.211/index.php?module=cms&desc=default&action=get&id=7678 (zodiaque, monstres)
- http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/BM/moulins_001-01.htm (bible)
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