Les cellules des moines (en grec kellion, kellia), au nombre de 39, sont répartis sur une aire d'environ 700 m de long sur 150 m de large, près de 10,5 ha. Elles sont espacées les unes des autres de 20 m en moyenne. 20 à 30 m était la moyenne dans les laures en général : cette distance était estimée optimum pour la portée de la voix. Au monastère de Chariton, pourtant, certaines cellules, à l'extrême sud su monastère, sont éloignées de la plus proche de 60m et même plus pour quelques unes : formule de monachisme à la carte, sans doute.

La plupart des cellules monastiques (87%) possédaient une citerne dans leurs fondations, dont les murs étaient plâtrés et les canalisations d'eau en céramique, technique typiquement byzantine. La citerne servait à la fois de réserve d'eau, à l'usage du moine et de son jardinet, mais aussi de base pour la construction.

 

 

Bouche de canalisation en céramique de la cellule n°1

 

De gauche à droite, cellules contiguës n°4-5 et 8. Vue vers le nord


- cellule n°4 : (l )3.20 x 10 m (L) x 3-4 m (h)
- cellule n°5 : 4.5 m x 5. Sol en mosaïque.
- cellule n°8 : ronde, diamètre 3.5 m .

 

 

Citerne voûtée, dans les fondations de la cellule n°4


Citerne surmontée de deux arches, dans les fondations de la cellule n°5. Remarquez l'ouverture centrale, à l'apex de la voûte, pour puiser l'eau.

Voir PLAN , plus haut, pour localiser les cellules

 
Une grande partie des cellules des moines (69%) possédaient un petit lopin de terre qui améliorait l'ordinaire, plutôt fruste. La laure de Chariton était ainsi une laure plus agréable à vivre que d'autres. D'autres laures étaient installées en des lieux si secs "qu'on n'y pouvait même pas faire pousser de figuiers, tant étaient secs sols et airs", nous précise Cyrille de Scythopolis à propose de la Grande Laure de Sabas, dans vers 558, dans sa biographie du moine Jean l'Hésychaste* (454-559, voir HESYCHASME). Pour cette raison, de la nourriture était apportée de vallées plus fertiles, comme celle de Jéricho, où certains monastères faisaient pousser des plantes pour leurs besoins. Les ermites de Judée, quant à eux, comme la plupart des ermites du désert, étaient souvent réduits à être des "brouteurs" (on les appelaient ainsi), se contentant des herbes sauvages qui parviennent à pousser dans ces contrées arides : melagria (asphodèle), jonc, arroches, câpres sauvages. Peu ragoûtant, me direz-vous, alors que des laures comme celle de Chariton pouvait produire certains arbres (comme les palmiers à huile, les palmiers dattiers, les oliviers), légumes ou fruits.
 

Sources :

 
http://198.62.75.1/www1/ofm/sbf/Books/LA50/Tav01Hirschfeld.pdf
http://198.62.75.1/www1/ofm/sbf/Books/LA50/315Hirschfeld_Monastery.pdf
 

 
 

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