ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
 

-ABBAYE
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-BIBLIOTHEQUE

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LA CULTURE
MONASTIQUE
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L'OCCIDENT (1)
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DES ORIGINES
AU
VIe siècle
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Nous savons que les courants monastiques qui pénètrent pour la première fois en Gaule, en Italie, en Espagne ou en Afrique, sont imprégnés fortement du monachisme ascétique égyptien : nous verrons cela en détail au chapitre de la culture monastique. Bien que nous n'ayons pas de témoignages sur des bibliothèques monastiques d'Occident jusqu'au VIe siècle, les livres ne sont pas pour cette raison absents des monastères1b. La lecture elle-même est recommandée et pratiquée (les Psaumes, surtout) mais elle concerne des ouvrages de nature plus spirituelle que théologique, mais en aucun cas littéraire, philosophique ou scientifique.

Cette attitude a été exprimée très tôt dans les textes qui ont influencé au premier chef les lectures des premières communautés monastiques. Si elle est évoquée de manière substantielle par la Didachè, elle est par contre formalisée sans équivoque par un ouvrage postérieur qui s'en inspire, la Didascalie Apostolique2qui demande au chrétien de s'abstenir de tout livre hors ceux de l'Eglise et de tout livre païen en général. Toute la connaissance s'y trouve, dit en substance la Didascalie : "Si vous voulez lire l'histoire, vous avez les livres des Rois. Si vous cherchez des livres de Sagesse et de Poésie, vous avez ceux des Prophètes, de Job et des Proverbes... (...) Si vous voulez connaître l'origine des choses, lisez la Genèse. Si vous voulez connaître les lois, vous avez celles de la loi glorieuse du Seigneur... "

1b. La Règle du Maître (Regula Magistri), qui précède la règle bénédictine et dont Benoît s'est sans doute beaucoup inspirée, précise qu'on range les livres dans des coffres (arcae) dont la clef est détenue par le bibliothécaire (praepositus : préposé, gardien). La règle que Césaire d'Arles écrivit pour les femmes (Regula Sanctum Virginum), demande, elle, que les livres soient distribués par des bibliothécaires, alors que la Règle de Tarnant (Regula Tarnantensis, vers 551-573) réclame que le prêt se fasse à heures fixes.

2 Didascalie Apostolique (Didascalie des Douze Apôtres, Constitutions Apostoliques, Didascalia Apostolorum) : Traité pastoral déclaré apocryphe dont l'auteur anonyme prétend qu'il a été enseigné par les Apôtres eux-mêmes au Concile de Jérusalem (Actes 15). En réalité, l'oeuvre aurait été rédigée en Syrie au IIIe siècle, basée en particulier sur la Didachè. Le texte grec a été perdu et il nous reste une version latine (publiée en 1900) et syriaque (publiée en 1854), dialecte né de l'araméen, devenu la langue commune des chrétiens au IIIème siècle et qu'il prit la place du grec au Vème siècle.

Les témoignages du rejet de la culture classique gréco-romaine, par les premiers cénobites occidentaux, de la culture classique sont nombreux. Que l'on songe seulement au maître du jeune Cassien, Nestor, lui demandant de se débarrasser des souvenirs et des apprentissages du siècle, pour les remplacer par des préoccupations spirituelles. Même rejet des études profanes chez Césaire d'Arles, de retour de l'abbaye emblématique de Gaule à cette époque, l'abbaye de Lérins, qui eut une grande influence dans le monachisme méditerranéen. D'ailleurs, il revient malade de s'être imposé une trop grande austérité, plus saint peut-être, mais pas plus cultivé, comme le dit son ami Firmin, qui l'accueille à Arles, et "veut dégrossir sa simplicité monastique par l'étude des disciplines profanes" (selon la Vita Cesarii). Ce qui ne l'empêche pas de s'élever contre ces évêques qui se contentent de garder leurs livres (codices) bien reliés dans leurs bibliothèques, au lieu de les lire.
 
Ajoutons aussi, que le manque de goût pour les livres, à quelques exceptions près, des Vandales, Suèves ou autres Wisigoths qui envahissent l'Europe à partir du Ve siècle, va finir par appauvrir momentanément la culture occidentale qui y perd à la fois un peu de son latin, mais surtout, de son grec.

Le VIe siècle, plus stable politiquement, va connaître une plus grande pénétration du christianisme au sein des élites barbares et va favoriser l'implantation et le développement du monachisme. Ce qui a été dit précédemment de la culture religieuse ambiante, plus spirituelle qu'intellectuelle, ne doit cependant pas faire oublier les courants qui continuent de se rattacher à Origène, Eusèbe, Basile ou, après eux, Augustin d'Hippone qui, dans sa Doctrina Christiana compare, après Origène, les sciences profanes (à l'exception de l'astrologie : sciences naturelles, science des nombres, astronomie, sciences physiques, musique, dialectique, éloquence, langues étrangères, histoire) à autant de trésors volés par les Hébreux aux Egyptiens pour en faire meilleur usage.
Ainsi vont coexister dans le même temps écoles d'ascèse et centre d'études religieuses, ébauches des futures universités, comme à Lucullanum, fondé par l'abbé Eugippe (Eugippius, 465, † 533) vers 490 : saint Benoît avait alors dix ans.

 


Excerpta ex operibus s. Augustini d'Eugippius
Flandres, Tournai
IXe s. environ

Plimpton MS 48, f. 3


Eugippe fut moine dans le monastère que "l'apôtre du Norique", saint Séverin (Severinus, † 482) avait fondé à Favianis (Favianes, Favianae, auj. Linz) : . Vers 488, avec une population romanisée, Eugippe quitte le Norique (Noricum) pour l'Italie, les invasions germaniques ayant débordé le limes romain, emmenant avec lui les restes de Severinus, qu'il dépose vers 492 en Campanie, à quelques brasses de Neapolis (Naples) dans l'île de Megaride (ou Megaris), nom donné par les Grecs à cet îlot qui, selon la légende, aurait vu échouer le corps inerte de la sirène Parthénope. L'île changera de nom après son acquisition par le consul Lucio Licinio Lucullo, dit Lucullus, revenu très riche de ses campagnes d'Asie, au Ier siècle. La petite île, devenant la villa de Lucullus s'appellera "Castrum Lucullanum ou Lucullianum" (fort de Lucullus) et deviendra la (luxueuse) résidence forcée du dernier empereur d'Occident, Romulus Augustule (Flavius Romulus Augustus (461-507), assigné là à résidence par Odoacre, qui le déposa en 476 en lui accordant, grand prince, une rente de 6000 pièces d'or. C'est sans doute lui qui permet aux disciples de l'abbé Severinus de s'installer avec leur troisième abbé, Eugippe, et sans doute son épouse qui fait ériger un beau tombeau à Severinus, le monastère qui y est alors fondé lui étant dédié. Le monastère Saint-Séverin sera actif jusqu'à l'époque des Normands, après laquelle l'île changera encore de nom, Castel dell'ovo, le Château de l'Oeuf. Selon la légende, Virgile y enterra un oeuf (ovo) au Ier siècle en avertissant les Napolitains de se méfier du jour où l'oeuf serait
cassé !

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1. Carte des environs de Naples dans "Itinéraire de l'Italie" par A.J. Dupays, Lib. Hachette, guide Joanne Italie et Sicile, 1876.
2. Vue de Chiatamone et du Château de l'Oeuf (Ph. Benoist, Paris 1838), collection de la fondation Nunziatella, Naples
3. -Vue de Chiatamone et du Château de l'Oeuf avec, à l'arrière plan, l'édifice de la Nunziatella (Leghi, 1838), collection de la fondation Nunziatella, Naples.

Eugippe fit de Lucullanum un centre religieux important où l'exégèse avait une place de choix. Sa bibliothèque était sûrement plus riche en ouvrage de philosophie religieuse que celles de Lérins ou de Saint-Victor de Marseille à la même époque, car Eugippe avait suivi saint Augustin dans le choix de bien des matières à étudier. Cependant, au vu des excerpta de l'oeuvre d'Augustin qu'Eugippe choisit pour ses moines, force est de reconnaître qu'Eugippe est moins ouvert que l'évêque d'Hippone : S'il reprend la quasi-intégralité des développements sur l'herméneutique, sur l'exégèse, les passages concernant la culture chrétienne fait l'impasse sur les langues hébraïques et grecques, l'histoire, les sciences physiques, l'astronomie. La renommée de Lucullanum était grande et il n'était pas rare qu'on fît appel à Eugippe pour l'obtention d'un livre ou, à l'inverse, que ce dernier demandât des travaux à différentes personnalités du moment, comme au moine scythe Denys le Petit* (Dionysius Exiguus, vers 470 - 540), qui traduisit pour lui un ouvrage de Grégoire de Nysse. La renommée de Lucullanum s'étendait même à l'Afrique, d'où Fulgence de Ruspe demandait à Eugippe de lui envoyer des copies d'oeuvres qui lui faisaient défaut. Fulgence, exilé à Cagliari (Sardaigne) par le roi Vandale, avait fondé lui aussi un centre d'études religieuses et deux monastères où il aimait souvent se retirer. Les lectures qu'il faisait à ses moines étaient même suivi par des lettrés laïcs : Nul doute que de ce côté là de la Méditerranée aussi, les bibliothèques monastiques étaient alors actives.

* Denys le Petit : "Pendant des millénaires, les événements furent datés selon des années de règne ou tout autre élément d'intérêt propre : bataille, grande réforme, fondation d'une ville, ..., le tout compliqué par quantité de variantes locales loin d'être toujours strictement appliquées.
La procédure actuelle - avant ou après Jésus-Christ - exprime la foi en un événement unique, sensé donner à l'histoire entière un début et une direction. Cependant, ce modèle ne fut élaboré que très progressivement.
L'inventeur de la méthode fut le moine Denys le Petit qui publia une table pascale destinée à prévoir la date de Pâques pour les années 532 à 626. Cette fête a toujours été prédominante dans le monde chrétien, car elle commence l'année liturgique et c'est à partir d'elle que sont placées les autres fêtes mobiles. Pour les besoins d'utilisation de sa table, rompant avec le point de départ conventionnellement admis, Denys invente une nouvelle ère commençant à la naissance supposée du Christ.
L'année qu'il a choisie : 753 après la fondation de Rome (ou 753 a.u.c), est selon les spécialistes de la Bible erronée, car postérieure à la mort du roi Hérode. Cette date est connue : 750 a.u.c ; et pour que les histoires racontées dans la Bible aient un sens, il faut que le Christ soit né entre 7 et 4... avant Jésus-Christ.
C'est en 525 que Denys le Petit proposa au pape son symbole "A.D" (pour Anno Domini ou année du Seigneur) pour la datation courante.
L'application de ses tables pascales se répandant dans l'Europe catholique, sa formule Anno Domini qui les accompagnait prit peu à peu sa place parmi les autres. Suffisamment bien ancrée dans le monde lettré du VIIIème siècle, elle finira par s'imposer d'elle-même à tous les niveaux de la société occidentale à partir du Xème siècle. Mais curieusement il faudra attendre le XVIIème siècle pour que notre expression "avant J.-C." (et par conséquence son antonyme) prenne corps et avec elle l'habitude de compter à rebours les années antérieures à la Nativité."

extrait de http://www.astrosurf.com/sar/articles/calendriers2.html

Contemporain d'Eugippe qui est son aîné, le fondateur des Bénédictins, Benoît de Nursie, témoigne d'une culture livresque plus commune des premières abbayes, dont beaucoup de moines réclament, comme nous l'avons évoqué plus haut, qu'elle soit exempte de vanités du siècle. Tels sont Honorat à Lérins, Cassien à Saint-Victor de Marseille, Oyant à Condat (qui fait lire à ses moines les oeuvres de Cassien et la règle de Lérins), Victorien à Asan (Espagne), l'abbé Spes à Campello, près de Nursie (ainsi que dans tous les autres monastères de la région de Rome, cités par Grégoire le Grand dans ses Dialogues) etc... Cette attitude d'ailleurs, dès la fin du Ve siècle, finira par se répandre jusque chez les clercs, dont beaucoup commencent à éprouver des scrupules à écrire ou lire des livres profanes : les Statuta Ecclesiae Antiqua3 légifèrent bientôt cela et bien d'autres choses.

3. ou Statuta Ecclesia Antiquae : Longtemps attribuée à un prétendu 4e concile de Carthage de 398, les 102 Canons Ecclésiastiques ont été écrits dans le sud de la Gaule par le prêtre Gennadius à Marseille vers 476-485 et connus par la collection espagnole d'Isidore de Séville. Ils seront une source importante en 1140, du Concordia Discordantium Canonum, appelé Decretum Gratiani, qui est une compilation de tous les canons connus effectuée par Gratien, professeur de droit de l’Église à l’Université de Bologne. Ce texte est un texte fondamental du Droit de l'Eglise.

Le rejet de la culture profane est confirmé par les textes choisis par le père des Bénédictins pour sa Règle, sorte de synthèse réussie des nombreuses règles en vigueur en ce temps. Ce rejet, Benoît l'éprouvait de manière forte depuis sa jeunesse : Ayant été envoyé à Rome par ses parents pour ses études, vers 500, il voit vite en ces dernières un danger qui le menace chaque jour d'avantage. D'ailleurs il dit n'en avoir gardé aucun souvenir. En conséquence, la lecture qu'il exigera de ses moines ne sera pas une nourriture intellectuelle mais une lectio divina, selon ses propres termes, une lecture spirituelle, en quelque sorte : Les textes bibliques, bien sûr, mais aussi les oeuvres des premiers Pères de l'Eglise et des Pères du Désert. Les chapitres 9 (v.8), 42 (v.3-7), et 48 de la règle de Benoît sont explicites :

"(...) Du premier octobre au début du carême, ils vaqueront à la lecture jusqu'à 8
heures ; tierce se célèbrera à 8 heures, et ensuite jusqu'à none tous
travailleront à l'ouvrage qui leur a été assigné. Au premier signal de l'heure de
none, que chacun quitte son ouvrage pour être prêt quand retentit le second signal.
Après le repas, qu'ils vaquent à leurs lectures ou aux psaumes.
Durant le carême, ils vaqueront à leur lecture depuis le matin jusqu'à 9 heures;
puis jusqu'à 5 heures de l'après-midi, ils feront l'ouvrage qui leur a été
enjoint. En ces jours du carême, chacun recevra un livre de bibliothèque, qu'il
lira intégralement du début à la fin. Ces livres doivent être donnés au début du
carême. Mais avant tout qu'on charge un ou deux anciens de circuler dans le
monastère aux heures où les frères vaquent à la lecture pour voir s'il ne se
trouverait pas de frère pris par l'ennui et livré à l'oisiveté ou au bavardage au
lieu d'être appliqué à la lecture, qui non seulement se nuit à lui-même, mais
encore dissipe les autres. Si par malheur on trouve un tel frère, qu'il soit
réprimandé une première et une deuxième fois ; s'il ne se corrige pas il subira le
châtiment de règle, en sorte que les autres en aient de la crainte. Un frère ne se
joindra pas à un autre aux heures indues.
De même le dimanche, tous vaqueront à la lecture, sauf ceux qui sont affectés aux
divers services. "Cependant si quelqu'un était négligent et paresseux au point qu'il ne
veuille ou ne puisse étudier ni lire, on lui assignera un ouvrage à faire pour
qu'il ne soit pas désoeuvré.

Par ailleurs, aux chapitres 9 (v.8) et 42 (v.3-7) Benoît nous livre même, de manière indirecte, le contenu principal de sa bibliothèque :

" A l'office des Vigiles, on lit la Parole de Dieu dans l'Ancien et le Nouveau Testament. On lit aussi les explications que les Pères catholiques ont données de ces lectures. On prend les Pères connus pour leur enseignement juste, et que l'Église du monde entier accepte comme maîtres."

" Quand les moines ne jeûnent pas, il y a un repas le soir. Tout de suite après ce repas, tous s'assoient ensemble. Et un frère lit les Conférences4, ou les Vies des Pères5, ou autre chose qu'on peut écouter avec profit.
On ne lit pas les sept premiers livres de la Bible ni les Livres des Rois. En effet, pour ceux qui ont l'esprit trop sensible, ce n'est pas bon d'entendre cette partie de la Bible à ce moment-là. Mais on lira ces livres à d'autres heures.
Quand c'est un jour de jeûne, on dit les Vêpres. Puis, après un petit moment, les frères viennent sans retard écouter la lecture, comme nous l'avons dit.
On lit quatre ou cinq pages, plus ou moins, selon le temps qu'on a. Si quelques moines sont occupés à un travail, cette lecture donne à tous le temps d'arriver à la réunion."

4. Conférences de Jean Cassien
5. Les Vies des Pères du désert, Vitae Patrum.
 

Nous terminerons l'évocation de ce VIe siècle par le monastère Sainte-Croix fondé vers 557 par la reine Radegonde. C'est le poète Fortunat qui nous en convainc en parlant des traductions qu'elle lisait : les Pères grecs, Ambroise, Jérôme, Augustin et Sédulius en font partie. On peut parier sur le fait que Fortunat ne parle là que des livres "bien chrétiens" de cette bibliothèque, omettant sans doute de parler des livres profanes. Nous parlons là, en effet, d'une abbaye royale où l'on joue aux dés, où les hommes visitent les femmes au cloître : ce n'est pas là la culture rigoriste que nous rencontrons en moyenne à l'époque et la culture classique est ici encore entretenue.
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LA LECTURE
 
 

On lit, en effet, et les règles monastiques sont unanimes là-dessus. La Règle du Maître entend elle que les enfants (infantuli) ou les vieux illettrés pratiquent la lecture, que les moines passent trois heures le matin aux lettres et aux Psaumes appris par coeur, avec récitation de contrôle devant l'abbé et le bibliothécaire (praepositus), mais aussi le Maître demande au moine une lecture personnelle, de jour comme de nuit, où il devra disposer d'un atrium lectorum éclairé toute la nuit. Benoît aussi, lui accorde une place importante dans l'emploi du temps du moine : trois heures le matin en hiver, deux heures en été, une bonne partie du dimanche, pendant la sieste, tout en demandant qu'elle soit toujours surveillée par un ou deux moines d'expérience pour prévenir bavardages et défaillances. La lecture personnelle nous est banale, mais à l'époque de saint Benoît, cela n'avait rien d'évident. On lisait alors le plus souvent à haute voix et la lecture silencieuse était sûrement un gros effort pour les moines peu lettrés : saint Augustin lui-même ne fut-il pas étonné de surprendre saint Amboise lire uniquement des yeux (legere in silentio)?
Le moine se doit donc de lire souvent, partout : "A l'imitation des anciens pères" l'abbé Oyand de Condat, qui possède une bibliothèque de livres latins et grecs, fait lire ses moines aux repas, Césaire fait lire ses moniales pendant que les moniales sont à quelque ouvrage, réclame jusqu'à la rumination (ruminatio : lecture à voix basse) des Saintes Paroles, alors que le Maître fait faire aux moines de la lecture à leurs hôtes, mais aussi pendant un éventuel voyage hors du monastère, à l'occasion de leurs haltes, où ils peuvent ouvrir un petit livre (codiculum modicum), comme l'abbé prédicateur Aequitius, avec sa sacoche en cuir remplie de livres saints, selon le récit de Grégoire le Grand.

 
 

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