ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

ABBAYE
  Origines -Temps des Mérovingiens
   
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ABBAYE
--DE
CONDAT-
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  Condat (Saint-Claude, Jura, 39)
  Fondation, environ 435
   Bénédictins
Aujourd'hui : vestiges

 

Le site de Condat, dans le Jura ( Condate, en celte confluent, toponyme commun à différentes régions), fait partie d'une région habitée sans doute depuis l'époque celtique. On a, par ailleurs, trouvé un sanctuaire gallo-romain important à Villards d'Héria, près de Saint-Claude.

Romain, son frère Lupicin, sa soeur Yole, sont nés à Isernore, dans le Bugey (diocèse actuel de Belley), d'une "honnête" famille, dit-on, à la fin du IVe siècle. Ce qui faisait courir Romain, l'aîné de la famille, c'était la fondation de monastères.

Après avoir approfondi la vie cénobitique avec un abbé, il se retire à Condat à 35 ans, au milieu des forêts sauvages du Jura et y fonde un premier monastère ( monasterium Condastiscense ), vers 425. Pour qu'il n'y ait pas de jaloux, ou parce que c'est plus fort que lui, il bâtit pour son frère un monastère à Lauconne, pour sa soeur un monastère de femmes, à La Balme ( Balma : beaume, toponyme commun à différentes régions ), sans compter celui de Romainmôtier , dans l'actuel canton de Vaud, au départ simple ermitage, mais devenu une abbaye de renom, concacrée par Etienne II, dotée par Charlemagne de grands privilèges et octroyée à Cluny en 929 par la comtesse Adélaïde de Bourgogne, soeur de Rodolphe Ier de Bourgogne et mère du roi de France Raoul.

Romain et Lupicin étaient, dit-on complémentaires, le premier était d'une grande douceur et de grande indulgence, alors que le second était ferme et rigide. L'épisode suivant illustre bien ce fait :

" Une année que les récoltes avaient été très abondantes, les religieux se relâchèrent de leur abstinence et ne se rendirent point aux douces observations de Romain. Le saint abbé confia l'affaire à son frère, qui ne fit servir à la communauté, pendant un certain temps, que de la bouillie d'orge sans apprêt. Douze moines quittèrent le monastère, les autres retrouvèrent leur ferveur. Romain pleura ses douze religieux et se plaignit à son frère; il versa tant de larmes et fit tant de prières, que les douze fugitifs revinrent et menèrent une vie austère et pleine d'édification". ( extrait de http://magnificat.qc.ca/cal/fran/02-29.htm )

Au décès de Romain (vers 460), Lupicin le succèdera en tant qu'abbé du monastère de Condat, et mourra vers 480. Lui succèderont, dans l'ordre, Mimause, Oyant (Oyand, mort vers 510. Condat était un lieu de pèlerinage célèbre à cause du tombeau de ce saint, qu'il abritait. Le monastère prit son nom après sa mort ), Rue Antidiole, Olympe, Sapiens, Thalase, Dagamond, Auderic , Injuriose, Claude.

Ce fut en l'an 639 que saint Claude se rendit en ce lieu alors appelé Saint-Oyand ( ou saint-Oyend ) en mémoire de l'illustre higoumène du Ve siècle.

Après la mort de saint Claude, Saint-Oyand devint Saint-Oyand-Saint-Claude. Puis, lorsqu'on découvrit intact, en 1160, le corps de saint Claude, le monastère garda seul le nom du thaumaturge, à qui on a attribué des milliers de miracles.

Carloman, l'oncle de Charlemagne, s'est retiré à Condat en tant que moine; saint Martin, un moine de Condat fut martyrisé par le Sarrazins, probablement autemps de Charlemagne. Cet Empereur fut un bienfaiteur de l'Abbaye de Condat ; par contre, les deux diplômes de Charlemagne, autrefois en la possession des moines de Saint-Claude et maintenant archivés, traitent des intérêts temporels de l'abbaye : ils sont considérés comme des faux par le M. Poupardin, fabriqués sans doute au XIe siècle. Un moine de Condat, Manon le Vénérable, après avoir enrichi la bibliothèque d'abbaye de manuscrits précieux fut nommé par Charles le Chauve, aux environs de 874, chef de l'école du Palais, où il avait parmi ses élèves, saint Radbod, évêque d'Utrecht.

Au XIe siècle la renommé d'Abbaye de Condat a été accrue par saint Stéphane de Bèze (mort en 1116) et par saint Simon de Crepy (né vers 1048), un descendant de Charlemagne. Ce dernier a été élevé par Mathilda, la femme de Guillaume le Conquérant, est fait Comte de Valois et Vexin. Il se battit contre Philippe Ier, Roi de France et est ensuite devenu un moine de Condat. Il a ensuite fondé le monastère de Monthe, est allé à la cour de Guillaume le Conquérant provoquer la réconciliation avec son fils, Robert et est mort dans 1080.

Avec la décadence religieuse, la puissante abbaye perd en 1436 son statut de principauté.

Ce n'est qu'en 1674 que l'abbaye de Saint-Claude fera partie du territoire français, après la conquête de la Franche-Comté

En 1742, l'abbaye est rattachée à l'évêché de Saint-Claude, les moines conservant leurs serfs qu'ils n'avaient pas affranchi de la détestable coutume de la main-morte. Voltaire fit contre elle une campagne aussi vaine qu'acharnée. Un évêque même de Saint-Claude, Louis XVI en personne ne purent rien obtenir des moines qui, parchemins à la main obtinrent gain de cause devant le Parlement de Besançon, en 1775.

C'est la révolution qui rendit la liberté aux tenanciers de Saint-Claude.

 

Sources :

http://www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr/lesparcs/jurac.html
http://racines.simplenet.com/ortho/vies/moines/Textes/claude.htm
http://magnificat.qc.ca/cal/fran/02-29.htm