ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

ABBAYE
  Origines -Temps des Mérovingiens
   
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ABBAYE DE LIGUGE-


   Ligugé (Vienne, 86)
  Fondation en 361
   Bénédictins
 En activité

 

123

1. Vue générale de l'abbaye
2. Monastère vu du jardin
3. Cloître

HISTOIRE
AUJOURD'HUI
 
HISTOIRE
    Cette présentation historique provient en partie du site http://www.abbaye-liguge.com/histoire.htm

 

361. C'est l'année même où Martin, originaire de Pannonie et officier de la garnison impériale, s'installe dans la vallée du Clain, à Ligugé ( Locaciacum, le lieu des petites cabanes) dans les communs d'une villa gallo-romaine en ruine depuis l'invasion alémanique de 276 ; le lieu lui est offert par saint Hilaire, évêque de Poitiers. L'église primitive est constituée d'une salle carrée entourée d'arcades donnant sur des salles disposées en forme de croix.Le monastère se distingue en ce qu' il réunit des moines qui sont prêtres (ce n' était pas l' usage à cette époque), et d' autres qui ne le sont pas.

Il avait auparavant beaucoup voyagé dans l'Empire. En garnison à Amiens (épisode du manteau partagé), puis à Trêves, il avait pu y fréquenter Saint Athanase exilé là par l'empereur arien et qui rédigeait alors la " Vita Antonii ".
Quand il se retire à Ligugé, Martin peut avoir une quarantaine d'années. Dix ans plus tard, il devient évêque de Tours et il meurt à Candes, au confluent de la Vienne et de la Loire, en 397.
Vers 400. A Ligugé est construit, peu d'années après la mort de saint Martin, un vaste demi-cercle de 32 mètres de diamètre près de sa cellule : cet exèdre révèle le culte local à saint Martin sur les lieux de sa retraite. 

Sulpice Sévère (mort à Marseille vers 406-410) rapporte une anecdote : un catéchumène tomba malade pendant une absence de Martin ; à son retour, après trois jours seulement, le garçon était mort si soudainement qu'on n'avait pas eu le temps de le baptiser. Après avoir fait sortir de la cellule où gisait le cadavre touts les moines présents, le saint imite le prophète Elisée (II Rois, chap. IV, v.34), se couche sur le défunt et après deux heures environ sent la chair tressaillir et la vie rentrer dans ce corps inanimé. Le ressuscité raconta aux moines qu'il avait été retiré de lieux ténébreux, et rendu à la vie par la prière de Martin qui s'empressa de le faire baptiser.

Vers 450. Un jeune noble wisigoth catholique est inhumé à Ligugé :
"ARIOMERES SERVOS DOMNI MARTINI ORA PRO ME"
Sa dalle funéraire retrouvée dans les fouilles témoigne du culte local à Saint Martin.
A cette même époque, un noble catalan, Savin, originaire de Barcelone, vient à Poitiers où son parent, le comte Eutilius, lui confie le préceptorat de son fils Gemellus.Celui-ci fait une fugue et entre à Ligugé. Savin, envoyé pour le ramener, y entre à son tour, puis, au bout de trois ans, devient ermite dans les Pyrénées.

 

Vers 700. Après 700 et jusqu'à l'an 1000, le monastère de Ligugé ne laisse aucune trace dans l'histoire. Ligugé ne figure pas dans la liste des monastères dressée en 817 sur l'ordre de Louis le Débonnaire et auxquels il demande de l'argent, des hommes et des prières. Les guerres de Charles Martel et de Pépin ont-elles ruiné le monastère ? ou le passage des Arabes ? ou les premiers Carolingiens ont-ils donné les terres du monastère à leurs fidèles ? En tout cas, elle ne sera pas la seule à être saccagé par les Normands en 865 et fut relevée de ses ruines par la comtesse de Poitiers, Adèle, fillle de Rollon, duc de Normandie et son fils Guillaume, Tête d'Etoupe, pour être soumise à l'autorité de l'abbé de Saint-Cyprien.

Autour de l'an 1000. Guillaume le Grand, comte de Poitou, épouse vers 998 Aumode, fille du comte de Gévaudan et de la comtesse de Provence. Elle était la veuve d'Audebert de la Marche tué devant Gençay alors qu'il attaquait les possessions du comte de Poitou à l'instigation d'Aumode. Guillaume épouse sa captive, à savoir la femme de son ennemi. Pour racheter une vie galante et intrigante, Aumode restaure le monastère de Ligugé, qui devient simple prieuré de l'abbaye vendéenne de Maillezais, fondé dans le Bas-poitou par Guillaume. L'église est alors couverte d'une voûte en berceau, une des plus anciennes voûtes romanes, décorée de fresques sur le thème de la vie de saint Jean-Baptiste.

1075. Des fresques illustrant la vie de saint Jean-Baptiste sont exécutées dans l'église de Ligugé ; elles sont contemporaines de celles de Saint-Clément de Rome.

1181. Guibert de Gembloux, aumônier et confident de sainte Hildegarde et futur abbé de Gembloux, vient en pèlerinage à Ligugé et laisse une narration très vivante de sa visite. Guibert a recueillit une légende qui se rapporte de manière bien indirecte à l'histoire de ce monastère. Ce récit, Guibert l'avait entendu à Ligugé et à Poitiers : on y racontait que Saint Hilaire, au retour d'une excursion à Ligugé, rentra dans son église de Poitiers et s'aperçut alors qu'il avait oublié son sacramentaire chez Saint Martin, ce qui l'empêchait de célébrer la messe. Pour le tirer d'embarras un ange survint à tire d'aile, apportant le volume réclamé.

1268. Alphonse de Poitiers, frère de saint Louis, accorde le droit de Haute et Basse Justice au Prieuré de Ligugé. Le roi Philippe III le Hardi confirme cette concession perpétuelle en 1275.

1307. Le monastère de Ligugé devient la résidence champêtre du pape pendant son séjour à Poitiers. Bertrand de Got, archevêque de Bordeaux, devenu pape sous le nom de Clément V, rencontre Philippe le Bel à Poitiers, et vient souvent se reposer à Ligugé (pour échapper aux " groupes de pression " à l’occasion de l’ouverture du procès des Templiers). Il publiera en 1310 une bulle d’indulgence pour la construction de l’église.

1307. Après la bataille de Nouaillé-Maupertuis, les habitants de Ligugé et de Smarves mettent le feu aux bâtiments pour les rendre inutilisables aux Anglais : c’est déjà la technique de la terre brûlée. Elle sera tout de même dévastée par les Anglais le jeudi des Octaves de l'Ascension 1359, puis réparée.

1479. Jean d'Amboise, évêque de Maillezais, frère des évêques de Poitiers, d'Alby, de Clermont et du cardinal de Rouen, ministre de Louis XII, entreprit de rebâtir Saint Martin de Ligugé sur un plan plus somptueux, qui ne sera achevée que sous Geoffroy III d'Estissac.

1504. Un Prieur commendataire est nommé à Ligugé en 1504, par François 1er : Geoffroy III d'Estissac, protecteur des lettres et des arts, qui reconstruit l'église du XIVe siècle et les bâtiments claustraux, détruits par la guerre de cent ans. C'est lui-même qui conçoit le monument flamboyant à chevet plat, devenu église paroissiale en 1782, puis nationalisé par la révolution. En 1508, il est promu par François 1er évêque de Maillezais. Il y prend pour secrétaire Rabelais, qui séjourne à Ligugé et se promène dans la région vantée dans une poésie par son ami Jean Bouchet.
Vers 1520 la communauté des moines s’éteint et des chapelains assurent les offices moyennant une pension.

1606. Le dernier Prieur commendataire, Gaspard Lefranc, résigne son Prieuré de Ligugé en 1606 en faveur du Collège que les Jésuites ont fondé à Poitiers l’année précédente. En 1607, Henri IV autorise et Paul V confirme cette union du Prieuré de Ligugé et du Collège des Jésuites. En 1615, Marie de Médicis, de passage à Poitiers, confirme par Lettres patentes le brevet d’Henri IV. Le monastère sert de maison de campagne aux professeurs et aux élèves. Les Jésuites perçoivent les bénéfices et font assurer l’office par des choristes.

1761. Les Jésuites doivent abandonner Ligugé, par décret qui en impose la vente. Le Prieuré devient un bénéfice vacant géré par l’administration royale. En 1793, l’aubergiste du " Lion d’Or " à Poitiers acquiert le Prieuré pour 107 900 livres.
Grâce à un don important, Monseigneur Pie, évêque de Poitiers, acquiert le Prieuré et le jardin le 1er mars 1852, du petit-fils de l'acquéreur de 1793, soutenu par Dom Guéranger, abbé de Solesmes.

Dom Guéranger envoie quatre moines de Solesmes :

1856. Pie IX restaure le titre abbatial. Dom Guéranger nomme le premier abbé, Dom Léon Bastide en 1864.

1880. Sous l'abbatiat de Dom Bourigaud, l'abbaye de Ligugé restaure en 1880 l'antique abbaye de Silos en Castille, au sud de Burgos, fonde en 1893 le monastère de Paris et relève l'année suivante celui de Saint-Wandrille.
En 1891 est créée l'imprimerie monastique, ancêtre de l'actuelle imprimerie Aubin.
Dom Besse, connu pour ses travaux historiques, accueille un oblat observant et observateur, Joris-Karl Huysmans, et écarte un postulant destiné à devenir célèbre, Paul Claudel. Le premier décrira la vie monastique dans "L'Oblat" ; le second évoquera sa vocation manquée dans "Partage de Midi".

1900. A Noël, le peintre Forain se convertit à Ligugé. En 1901, les moines expulsés se réfugient en Belgique, à Chevetogne.
De retour d'exil, les moines reprennent la vie monastique à Ligugé et construisent l'église claustrale dont la dédicace est célébrée le 12 octobre 1929.
En 1924, Dom Moreau fonde la " Ligue des Droits du Religieux Ancien Combattant " (D.R.A.C.). De 1906 à 1990, quatre abbés se succèdent : Dom Gaugain, Dom Basset, Dom Le Maître et Dom Miquel.

1942. Du 5 au 13 août, en attendant son passage en zone libre, préparé par le monastère, le futur Président du Conseil, Robert Schumann, réside à l'abbaye. De même M. Amadou Bow, Sénégalais, futur directeur général de l'UNESCO.
Le Père Lambert, membre du réseau " Renard " dans la Résistance est décapité au camp de Wolfenbüttel le 3 décembre 1943.

1942. A Ligugé, création d'un atelier d'émaillage qui travaille sur des maquettes de Georges Rouault, Georges Braque, Alfred Manessier, Marc Chagall, Edouard Goerg, Jean Marchand, Jacques Villon, Léon Zack.
Campagnes de fouilles qui permettent de mieux localiser et dater le premier établissement monastique d'Occident.

De style ogival, l'église forme un édifice de 24 m delong sur 9 de large. Des piliers nervurés soutiennent des voûtes à 14 m de haut, dont les clefs sont décorées d'armoiries. Portail très fin. Oratoire jouxtant le sanctuaire, construit au XVIIe siècle à l'endroit où saint Martin aurait ressuscité un catéchumène.

Quotidiennes, elles se déroulent suivant les dénominations et les horaires suivants:

->Laudes à 7 heures

->Tierce à 8 heures 30

->Messe à 10 heures, 11 heures ou 11 heures 30

->None à 13 heures 30

->Vêpres à 16 heures 30 ou 18 heures

->Complies à 18 heures ou 20 heures

->Vigiles à 20 heures ou 21 heures

 

LE TRAVAIL

Il est manuel et intellectuel

->Manuel opératif, pour subvenir aux nombreux besoins de la communauté: nettoyage, entretien des jardins, travaux de cuisine, .........

->Manuel spéculatif, dans le réalisation d' émaux de grande qualité, faisant l' objet d' expositions permanentes sur place, mais aussi dans de nombreuses autres villégiatures.Depuis de nombreuses années, les moines ont acquis une telle perfection dans la réalisation des émaux d' art que de nombreux peintres contemporains sont venus sur place pour surveiller la réalisation par les moines de leurs propres oeuvres. Il s' agit en particulier de G.Roualt, Manessier, Braque, Marchand, Carzou.....Ils travaillent actuellement avec

->Intellectuel consistant essentiellement en Patrologie(étude de la vie et des écrits des pères de l' église) et en Assyriologie(étude de l' ancienne Mésopotamie).


Sources :

http://www.liguge.com/abba.html (photos)
http://www.lodace.com/histoire/objet/liguge.htm (histoire)
http://www.abbaye-liguge.com/histoire.htm (histoire)

 

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