ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

ABBAYE
 

---------Art Mérovingien

       
 
-Enluminure
 
4e partie
 
ECHTERNACH


Les manuscrits, suite :
Les évangiles d'Echternach (ville de l'actuel Luxembourg)
appelés Evangiles de Willibrord, Evangéliaire d'Echternach (Evangeliarium Epternacense)

  Paris, Bibliothèque nationale, lat. 9389, parchemin, vers 698.


 

fol. 116r (évangile de Luc, ch1, v17).

Admirez la totalité de cette page en détail, en quatre agrandissements d'autant de quarts de l'image.

 

 
fol. 18v.

 

Symbole de saint Marc, fol. 75v.

 

 
 
fol. 31?

 

 
 
fol. 177, Début de l'évangile de Jean
 
 
 
 

 
" Tant par son contenu (texte de type mixte irlandais, trahissant l'influence de la Vulgate) que par sa décoration raffinée, l'Evangéliaire d'Echternach est étroitement apparenté aux manuscrits ornés irlandais : les évangéliaires de Lindisfarne et de Lichfield (fin du VIIe s.- début du VIIIe s.) ou le Livre de Durrow (fin du VIIe s.). Cette école stylistique atteindra son plein épanouissement avec le Livre de Kells (vers 800), chef-d'oeuvre de l'enluminure celtique.

Dans les évangéliaires d'apparat irlandais, chacun des quatre évangiles est introduit par une page richement ornée, portant soit le portrait de l'évangéliste, soit son symbole (le lion pour Saint Marc, l'aigle pour Saint Jean, le taureau pour Saint Luc et l'homme pour Saint Matthieu).

La figure du lion bondissant (Imago Leonis) de l'Evangéliaire d'Echternach trouve un écho dans l'Evangéliaire de Lichfield et dans la page à demi calcinée du manuscrit de Cotton (fin du VIIIe s.), mais elle s'en distingue par son étonnante maîtrise du trait qui souligne à la fois le dynamisme et l'élégance hiératique du grand félin.
La parenté de L'Evangéliaire d'Echternach avec les manuscrits irlandais trouve son explication dans les étroites relations tissées par les missionnaires irlandais et anglo-saxons entre l'Europe continentale et les Iles britanniques. Tant les manuscrits que les scribes et enlumineurs parcouraient sans relâche les routes de l'Europe chrétienne.
Selon certains auteurs, l'Evangéliaire d'Echternach aurait été réalisé en Irlande et aurait voyagé dans les bagages de Saint Willibrord *. Selon une autre opinion, le manuscrit aurait été confectionné dans le scriptorium d'Echternach, par des copistes irlandais ou ayant fait leur apprentissage en Irlande...
Toujours est-il que les missionnaires irlandais ont exercé dans le monde chrétien du Haut Moyen Age une profonde influence culturelle, non seulement religieuse mais aussi artistique, en exportant et en diffusant largement des modèles issus de l'art celtique. Ceci est particulièrement vrai pour l'art de l'enluminure, éclos au sein du monde monastique, mais concerne aussi l'orfèvrerie et l'ivoirerie, ainsi que la sculpture (chapiteaux historiés, sarcophages, croix en pierre sculptée...).
Solidement implanté en Europe, tempéré par des influences saxonnes et méditerranéennes, voire proche-orientales, l'art chrétien celtique aura un rôle déterminant dans la naissance de l'art roman. "

     
* vers 698 (658-739), note de l'encyclopédiste
     

 

 
 
 

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