ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
-ABBAYE
 
ARTS
 
-au temps des Mérovingiens
 
 
sixième partie
.
Trésor de
l'abbaye de Chelles
.
crosse de
saint Germain,
châsse de Mumma



 
 
Le Trésor de l'abbaye de Chelles
 

 
- La fibule d'or de la reine Bathilde

fibule en or massif, longueur 1,5 cm, vers 680, Musée Alfred Bonno de Chelles.

Cette fibule faisait partie du trésor de l'abbaye de Chelles. De par sa taille minuscule, il s'agit bien d'un accessoire utilitaire et non décoratif. De toutes les fibules mérovingiennes connues, celle-ci est de manière exceptionnellement riche, créée pour une personne de rang très élevé. Découverte dans le paquet réunissant les vêtements de Bathilde et de l'abbesse de Chelles, Bertille, on peut en conclure que cet objet appartenait bien à Bathilde, sa datation corroborant cette affirmation, correspondant aux années 680, à la mort de la reine.
 

- Le calice de saint Eloi


D'aucuns affirment que le calix sanctus* a été donné par Eloi à la toute nouvelle abbaye de Chelles, fondée en 658/659 par la reine Bathilde. La révolution française le fondera en 1792, alors il nous reste une gravure de Du Saussay (1651) et quelques notes de savants qui l'ont examiné avant sa destruction. L'illustration moderne, proposée ci-dessous, a pu coloriser le dessin du graveur, celui-ci ayant indiqué les couleurs par des hachures conventionnellements utilisées par les héraldistes. Le calice, d'or pur, mesurait environ un pied de haut et contenait environ une hémine, ou seize onces (un 1/2 litre). Le décor est formé d'émaux et de pierres incrustées.

* calice de consécration dont l'évêque faisait usage lorsque le clergé entier communiait à la messe épiscopale.

 


- Crosse de Saint Germain, premier abbé de Moutier-Grandval.

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Traités en léger relief au repoussé ( mais aussi, nous l'avons vu, par étampage) divers décors se rencontrent au Ve siècle en Gaule Mérovingienne, se raréfient au VIe siècle, pour se multiplier au cours des deux siècles suivants. On rencontre cette technique pour la décoration de garnitures de coffrets, de châsses, de seaux, ou pour celle de platines de fibules (l’estampage pouvant alors s’appliquer à des tôles d’or et d’argent).
 
Un exemple, célèbre et original à la fois, est celui de la châsse de Mumma (VIIe siècle), célèbre par le fait qu'elle représente des figures humaines, une frise de six apôtres traitée au repoussé sur une tôle de cuivre appliqué à un reliquaire de bois, chose rare sur les objets métalliques de l'artisanat franc ( un autre exemple connu est la buire de Lavoye, recouverte de tôles de bronze estampées représentant des scènes christologiques). En effet, les artisans mérovingiens du métal se limitaient en général à la représentation plus ou moins stylisée du visage humain, traité comme un masque

 


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