ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
-ABBAYE
 
ARTS
 
au temps des Mérovingiens
 
 
-cinquième partie
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orfèvrerie
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Trésor
de
l'Abbaye Saint-Denis
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tombe de
la reine Arégonde
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La tombe de la reine Arnégonde


La tombe de la reine Arnégonde, épouse de Clotaire Ier, dans la basilique de l'ancienne abbaye Saint-Denis, est une image éclatante de la nécropole royale que fut longtemps l'abbaye Saint-Denis, et ce depuis la haute époque mérovingienne. On faisait auparavant remonter à Dagobert les faveurs accordées à l'abbaye par les rois de Paris, mais les archéologues ont montré ces dernières années qu'il fallait remonter à la fin du VIe siècle pour trouver les premiers signes de privilège royal, particulièrement en la personne de la reine Arégonde, inhumée vers 565-570.


La défunte était richement vêtue : chemise de fine toile de laine sous une robe courte d'ottoman en soie violette, robe maintenue par une large ceinture nouée sur le bas-ventre. Par-dessus la robe, une longue tunique de soie rouge foncé, maintenue par deux fibules et une aiguille et dépassant la robe vers le bas. Ouverte sur le devant, les manches de la tunique se terminaient par de riches broderies d'or. Entre tunique et robe on avait placé une très grande et riche plaque-boucle, accompagné de sa contre-plaque. La tête était couverte d'un voile de satin qui descendait jusqu'à la poitrine. Le corps reposait, à partir des épaules, dans une étoffe de laine rouge clair. Aux pieds, un vase de verre. Un linceul de toile de chanvre recouvrait le tout. Arnégonde portait des bottillons fins de cuir , maintenus devant par des lanières, fermées sur le dessus par une garniture. Croisées derrière, puis devant la jambe, ces lanières rejoignaient des jarretières. Les parures trouvées dans la sépulture étaient nombreuses et magnifiques, et nous en donnons ici un aperçu :

 
- Fibule ronde de la reine Arnégonde---Or cloisonné de grenats, Musée du Louvre.

Trouvée sur le ventre de la défunte, la fibule maintenait comme il se doit un vêtement, en l'occurrence la tunique, un peu au-dessous de la taille. Pièce admirablement maîtrisée, il est vrai, qui était accompagnée d'une autre qui faisait la paire, mais qui en était une pâle copie, qui devait venir d'un atelier moins prestigieux.

Remarquez le quadrilobe central d'où part une croix pattée inscrite dans un cercle. Les cloisons sont très bien serties et délicatement arrondies à leur tranche. Elles sertissent 71 grenats, d'un beau rouge foncé, montés sur des paillons (petites plaques d'or que l'orfèvre piquait pour que la lumière traverse joliment la pierre).
 

- La bague d'or de la reine Arnégonde

Bague d'or trouvée au pouce de la reine, anneau Ø 18 x 21 mm, chaton Ø 18.5 mm, Musée du Louvre.

 
 

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