ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
- ABBAYE
 
ARTS
au temps des Mérovingiens
 
 
deuxième
partie
.
 
Bois
Ivoire
Cuir
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Les témoignages fragiles

Le bois

L'ivoire

Le cuir

 


Le bois


Nul doute que la sculpture sur bois de cette époque a été très importante (décoration des églises, des demeures ou du mobilier et de la vaisselle). Cependant, à l'image de l'architecture du haut moyen-âge, très peu de ses témoignages sont parvenus jusqu'à nous, faits de matériaux périssables. Nous appelons à la barre :

- le célèbre pupitre de l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers, attribué à la reine Radegonde († 587) :

 Pupitre, Sainte-Croix de Poitiers, attribué à sainte Radegonde, avec un décor sculpté d’inspiration chrétienne (agneau mystique, colombes encadrant le monogramme du Christ, croix monogrammatique et symboles des quatre évangélistes).

- les tablettes de la chapelle Saint-Martin à Angers (VIIe-VIIIe s.) , avec un entrelacs central anguleux entouré d’une frise de feuilles d’acanthe de style antique.

L'ivoire


Plus de témoignages, cette fois, mais un seul à notre connaissance qui concerne notre sujet, un diptyque. Les diptyques sont une création romaine, les plus connus étant les diptyques consulaires, ouvrages chargés de rappeler l'élévation du commanditaire. Ainsi, le diptyque consulaire de Probianus ( Ve s), sera utilisé à orner la reliure de "La Vie de saint Luidger" au XIe siècle (Berlin). Celui du Metropolitan Museum de New York (VI-VIIe s.), représente les apôtres Pierre et Paul: . Il provient de l'abbaye de Mettlach, fondée au tout début du VIIIe siècle et il est tout à fait représentatif du style romain, provincial et tardif : têtes volumineuses, lignes de drapés, corps en position accroupie. Lui aussi aurait été réemployé sur un manuscrit du XIIe siècle (Bibliothèque de Rouen).


Le cuir


Très périssables, les ouvrages de cuir ne nous ont pas laissé de nombreux témoignages. Pourtant, les trouvailles archéologiques permettent de penser qu'ils furent couramment utilisés pour la fabrication des ceintures et des fourreaux d'armes. L'exemple qui nous intéresse ici est celui du sarcophage numéro 11 de la basilique de l'ancienne abbaye saint-Denis, (VIIe siècle). On y a trouvé deux objets en cuir attestant d'une sépulture d'homme, et dont l'état a permis leur reconstitution par les archéologues : un fourreau de scramasaxe : et un autre d'un coutelas :


Le fourreau du scramasaxe, d'environ 40 cm de long, était constitué au départ d'une bande de cuir repliée dans le sens de la longueur et fermée tout le long par des rivets d'or. Le fourreau du coutelas, ce dernier ne figurant pas dans la tombe, était garni d'une bouterolle d'or, pièce de métal au bas du fourreau, là où la pointe de l'arme nécessite un renfort de protection.


 
 
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