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ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

ABATTAGE
  -- Sylviculture-----
Collecte de bois
par des femmes en Afrique
 
-Le bois de feu------------

 

Plus d'un milliard de personnes connaissent des besoins énergétiques qui nécessitent une surexploitation de la végétation ligneuse, parfois au point de son entière destruction. La récolte du bois de feu (bois de chauffage) correspond à plus de 80 % de la récolte de bois en pays en voie de développement. C'est de loin la première cause de la déforestation massive des forêts du globe :

 

Pays développés

 

(millions m3)

Pays en développement (millions m3)

Monde

 

(millions m3)

Bois industriel

1 051

84%

417

20%

1 468

44%

Bois de feu

190

16%

1 700

80%

1 890

56%

Total

1 241

100%

2 117

100%

3 358

100%

Production mondiale de bois 1994 (Source: FAO 1997 [5])

Nous ne saurions ici reproduire ces chiffres sans un minimum d'éclaircissement. S'il est facile de les brandir pour faire la la leçon aux pays en voie de développement, nous préférons ici parler des causes profondes de cette situation.

"Jusqu'au milieu des années 70 on pouvait penser que le bois de feu, surtout s'il venait à manquer, serait plus ou moins automatiquement remplacé par les combustibles fossiles. Depuis, en raison de l'augmentation du prix de ceux-ci, les conditions d'une telle substitution sont devenues beaucoup plus difficiles et les pénuries de bois de feu qui se manifestent en maints endroits du tiers monde acquièrent dès lors une toute autre gravité. Lorsque le bois vient à manquer, les résidus agricoles et les déjections animales sont utilisés en complément ou comme substitut. Lorsque l'ensemble de ces combustibles traditionnels immédiatement accessibles se raréfie, les besoins énergétiques minimaux aussi essentiels que la cuisson des alimente ou le chauffage des habitations ne peuvent plus être couverts, et ceux qui souffrent le plus directement de ces situations sont les plus pauvres et parmi ceux-ci les plus fragiles, les enfants, les vieillards, les femmes.
(...) En 1980, on a pu évaluer que près de 96 millions de personnes dans l'ensemble des trois continents vivent en situation de pénurie énergétique : la surexploitation de la végétation ligneuse, ou de ce qu'il en reste, et le cas échéant des résidus agricoles est notoirement insuffisante pour satisfaire les besoins minimaux : la consommation se trouve donc contrainte à un niveau inférieur au minimum requis. Ceci caractérise les situations les plus graves qui ont été identifiées: en Afrique, les zones arides et semi-arides au sud du Sahara, les parties orientales et sud-orientales du continent, les zones montagneuses et les îles; en Asie, les régions montagneuses du massif de l'Himalaya; en Amérique latine, le haut plateau andin, les zones arides de la côte Pacifique et les zones à forte densité de population de l'Amérique centrale et des Caraïbes. Ces situations sont caractérisées soit par des niveaux élevés de demande due aux conditions climatiques sévères soit par la densité relative élevée des populations rurales dans des zones écologiques difficiles où la productivité des ressources en bois de feu est faible. Le déficit annuel total de bois de feu a été estimé à 95 millions de m3, soit en fait 1 m3 par habitant et par an : seule une portion réduite des besoins minimaux est couverte. Dans toutes ces situations la crise du bois de feu assume une gravité dont les conséquences mettent en danger le potentiel de développement: incidence sur la nutrition et la santé de populations qui ne sont plus en mesure de cuire leurs alimente et de se protéger du froid, part démesurément croissante du temps et de l'argent consacrés à ne procurer le combustible, utilisation maximum des déchets pour la combustion et conséquence cumulée avec l'érosion provoquée par le déboisement sur la productivité des sols, tendance résultante à défricher plus avant pour gagner de nouveaux terrains de culture dans des zones généralement encore plus fragiles."


Sources : textes extraits du site :http://www.fao.org/docrep/X5329F/x5329f04.htm#TopOfPage


 

Il faut ajouter que la croissance des villes est une cause non négligeable de la demande pour le bois de feu et le bois de service, entraînant généralement une réduction du couvert forestier dans la zone périurbaine souvent dans un rayon au delà de 50 à 100km.


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Collecte de bois de feu par des enfants, de gauche à droite : au Népal, en Inde et en Erythrée.

Deux femmes africaines témoignent :


"Quand les arbres sont abattus, quand les rivières et les ruisseaux sont à sec ou sont pollués, vivant sur un sol si pauvre que rien n’y pousse, les femmes en souffrent davantage. La dégradation du milieu environnemental signifie qu’il y aura moins bois de chauffage, moins d’eau et de nourriture. Les femmes devront travailler plus dur et aller plus loin pour trouver le bois et de l’eau dont elles ont besoin. Cela affecte leur santé et celle de leurs familles.
Le bois de chauffage est une des choses les plus importantes dont une femme a besoin pour assurer le bon fonctionnement de sa maison. Qu’est-ce qui se passe dans la vie d’une femme quand les arbres sont abattus et le bois de chauffage est difficile à trouver?"
Mina


"J’utilise le bois pour cuisiner. Le bois venait des forêts. Mais maintenant les forêts ont disparu. Il n’y a plus d’arbres près de ma maison. Pour trouver suffisamment de bois, je dois marcher longtemps, quelquefois pendant des heures. Mes pieds me font mal. Il m’est difficile de marcher de longues distances et porter de lourdes charges.

(...) J’ai regardé les arbres autour ma maison disparaître les uns après les autres, d’année en année. Cela veut dire beaucoup de choses: moins d’oiseaux et d’animaux, moins d’eau et moins bois à brûler. Bien sûr, j’ai besoin du bois pour cuisiner. Je dois donc utiliser le bois sagement. Pour mieux utiliser le bois, je m’assure qu’il est très sec avant de le brûler. Je couvre mon pot pendant la cuisson pour cuisiner plus vite. Je prépare tout ce dont j’ai besoin pour cuisiner à l’avance et je mets le pot directement sur le feu pour ne pas gaspiller la chaleur. Cela m’aide à consommer moins de bois.

Avec moins de repas chauds, je vois et sens la différence. Ma famille est en moins bonne santé. Il nous manque des éléments nutritifs importants. Mes enfants ont moins d’énergie et sont malades plus souvent. C’est triste et nous n’avons pas de choix."


Gladys


textes extraits du site : http://www.farmradio.org/francais/52-9text.html

 


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