ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
-------ABAQUE-------------
 

CALCUL

 
 
 
 
 
 
Le boulier asiatique
de référence
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Le SOROBAN
japonais

 


Nous allons évoquer ici du fameux soroban, qui a été d'abord le souan-pan chinois. Ce dernier fut introduit au Japon pendant la période Muromachi (1333-1573), époque à la fois terriblement guerrière et esthétiquement féconde: le théâtre Nô, par exemple est né à cette époque. Les seigneurs de la guerre, les "Daimyo", commercent alors avec toute l'Asie et reçoivent ainsi différents apports culturels, dont l'abaque représente un riche exemple. Mais il faudra attendre la période Edo (1615-1868), et la dynastie shogunale des Tokugawa, pour que l'abaque japonais se popularise sous le nom de "yomi kaki soroban", qui finira par devenir "soroban" tout court. C'est à cette époque que se développe au Japon de nombreuses pratiques et théories des mathématiques japonaises (wasan) basées sur l'instrument révolutionnaire. Parmi eux, on trouve en premier lieu le livre le plus vendu de l'époque Edo (1603 - 1668), le Jinkoki de Yoshida Mitsuyoshi (1627) : ce serait le premier livre japonais connu sur l'usage de l'abaque, un best-seller de l'époque Tokugawa. Viendront le Jugairoku d'Imamura Tomoaki (1639), le Sanso de Muramatsu Shigekiyo (1663), le traité des Mathématiques Anciennes et Nouvelles de Sawaguchi Kazuyuki, Kokôn sanpôki (1671), sans parler de Seki Takakazu (1708) ou de Takebe Katahiro pour ses travaux de trigonométrie.

Par ailleurs, les agents de change (image 4) ont contribué au développement de l'abaque dans les écoles, encore privées à cette époque (appelées "Teragoya", litt. "école temple") et appartenant à des temples ou à de riches seigneurs (figure 3). Pour apprendre le boulier à cette époque, il fallait donc payer, jusqu'à la période suivante, appelée Meiji, où les institutions publiques japonaises ont vu le jour.

 


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1- Le Jinkoki" (jinjoki, jinkouki) de Yoshida Mitsuyoshi. C'était le livre le plus vendu de l'époque Edo (1603 - 1668) : ce serait le premier livre japonais connu sur l'usage de l'abaque, un best-seller de l'époque Tokugawa.
2- Le Juho Jinkoki, époque Edo, nte du Jinkoki (Pour voir toutes les pages : Manuscrit du Juho jinkoki)
3- Soroban de l'époque Edo
 
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 4 à 7 - gravures de l'époque Edo
4. Agents de change. On voit deux abaques sur le sol, dont un est en train d'être utilisé.
5 à 7. Gravures de l'époque Edo illustrant des Terakoya (Teragoya), écoles privées qui enseignaient aux garçons et aux filles (image 6) l'art de la callicalligraphie et le calcul en particulier.
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8 - gravure d'Hokusai (Katsushika Hokusai, 1760-1849), marchand faisant ses comptes (sur son abaque, bien sûr)
     
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9 - Soroban daté de 1850 - 1930. Cette fourchette de temps se déduit de la structure même de l'instrument. En effet, les soroban de manufacture japonaise avant 1850 incluait la combinaison de boules 2/5 (2 boules sur le plan supérieur, 5 sur le plan inférieur). Le soroban japonais passa au 1/5 en 1850 et 1/4 en 1930 au moment d'une grande révision scolaire des livres.
taille : 33 cm x 11 cm, 654 grammes.

10-- Élèves japonais en habit traditionnel dans un cours de mathématiques, s'appliquant sur des abaques.

photo du 23 avril 1920

 
11--Intérieurs de boutiques japonaises, brocanteurs, marchands de tissus, tous munis de leurs abaques.
 
Photos colorisées à la main, fin du XIXe-début du XXe siècle, Collection Miriam and Ira D. Wallach Division of Art, Prints and Photographs.


L'instrument a subi par deux fois des mutations qui lui ont permis de devenir ce qu'il est de nos jours: la référence absolue en matière d'abaque. Pour cette raison, c'est le soroban qui est utilisé dans toutes les grandes compétitions asiatiques.

Plus anecdotique, le 8 août s'appelle en japonais "Pachi-pachi no hi" (transcription anglaise). Le nom de ce jour viendrait du bruit que font les boules du soroban en action. D'ailleurs, par correspondance, le huit est parfois appelé "pachi" en japonais. Quand on en a l'occasion, on préfère accorder cette date aux concours de soroban.


--"Soroban kozou", litt. le garçon à l'abaque, une des 133 statues en bronze dans la Mizuki Shigeru Road à Skaiminato (préfecture de Tottori), qui font partie d'un célèbre manga : GeGeGe no Kitaro, série créée en 1959 par l'artiste Shigeru Mizuki.

 


 
Sources :
 
http://jeff560.tripod.com/images/abacus1.jpg (timbre)
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:A_merchant_making_up_the_account.jpg (hokusai)
http://patrickmccoy.typepad.com/jic/edo_period/ (soroban, gravure edo)
http://www.wul.waseda.ac.jp/kotenseki/html/ni02/ni02_02466/index.html (juho jinkoki)
http://archive.wul.waseda.ac.jp/kosho/ni02/ni02_02466/ni02_02466_p0003.jpg (jinkoki)
http://aboutjapan.japansociety.org/content.cfm/japanese_classroom_in_1920 (cours)
http://digitalgallery.nypl.org/nypldigital/dgkeysearchresult.cfm?word=Abacus&s=3&notword=&f=2 (photos anciennes)
http://tokaido.wordpress.com/2008/02/06/antique-japan-abacus-soroban-wooden-calculating-tool-11/ (soroban XIXe)
http://en.gigazine.net/index.php?/news/comments/20081230_youkai_bronze/ (statue)
 
 


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