ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
-------ABAQUE-------------
 

CALCUL

 
 
 
Le boulier asiatique

 


L'instrument
A l'école
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L'abaque dans tous ses états
     
     
L'instrument

 
La Chine a transmis son abaque performant, le souan pan, à une grande partie de l'Asie, mais ses petits frères ont chacun leurs particularités, surtout celui du Japon, le soroban, devenu nous le verrons un modèle en la matière. On rencontre le boulier en Thaïlande avec le nom de Leo-kid (boules à penser), au Vietnam c'est le Ban tuan ou Ban tien, Malgré la toute-puissance des puces électroniques, la Chine, la Corée, Taiwan, les Philippines, Hong Kong, continuent aussi de le préférer souvent à la meilleure calculatrice du monde.

Abaques du début du XXe siècle, de Corée (en bas, Tschu Pan ) et du Japon, au Computer History Museum de Mountain View en Californie, dans la Silicon Valley.

Une pharmacienne de Rayong, en Thailande, affirme qu'elle calcule plus rapidement sur son abaque géant, posé sur le comptoir, qu'avec une calculette électronique. Cet abaque est un des plus longs du monde (5, 50 m).
 

La matière idéale d'un boulier est le bois. En effet, les matières métalliques, qui sont froides pour les mains et reflètent trop de lumière empêchent une bonne concentration. Aujourd'hui, bien qu'il existe des abaques en plastiques, un manipulateur exigeant ne peut s'en contenter: un cadre plastique n'est jamais aussi stable ni même relaxant tactilement. Pour cette raison le boulier traditionnel a toujours été et reste en bois, et en bois dur, à cause de la fréquence importante des manipulations, que ne supporterait pas assez longtemps un bois plus tendre. Enfin, toujours traditionnellement, les boules sont souvent de bois brut, ou noires, ou encore rouges.

Un bon boulier (manié par un bon abaciste) fait un bruit caractéristique, produit par la finesse et la vélocité du toucher du manipulateur. C'est la "fingering technique", ou technique du doigté en anglais, qui est simple en soi, mais qui demande un grand entraînement pour en acquérir une parfaite maîtrise. On dit, dans la transcription anglo-saxonne de ce son, que le boulier "click-clack", qui résume l'acte même de calculer. De plus en plus, la forme des boules est celle, hexagonale, des boules du soroban japonais.


A l'école


Dans toute l'Asie, de nombreuses écoles apprennent l'usage et la technique du boulier. En Chine ou au Japon, il fait même partie du programme des écoles publiques. L'abaque asiatique connaît aussi un engouement international: Sa pratique a été introduit depuis quelques années déjà, dans des écoles aux Etats-Unis, au Brésil, au Mexique, aux Tonga, entre autres exemples. Les pédagogues de cet art s'ingénient sans cesse pour inventer méthodes et techniques d'initiation pour faire aimer le calcul aux enfants, mais aussi, pour que l'apprentissage de l'abaque participe d'un meilleur équilibre de l'enfant. Jugez-en vous-même:

Miss Philly Wong est un brillant et célèbre exemple de ce que l'on vient de dire. Professeur à l'Abacus Training Center de Singapour, elle ne se contente pas d'enseigner l'abaque de manière traditionnelle. Elle conçoit des abaques dont les boules, colorées et de formes les plus variées (dinosaures, fruits, croissants, gommes), doivent donner de l'abaque, et du calcul en général, une idée de plaisir :

De l'avis unanime des pédagogues asiatiques, apprendre ainsi l'abaque, en s'amusant, serait une bonne méthode pour l'enfant d'apprivoiser les chiffres avec plus de facilité et, partant, de leur donner le goût des mathématiques, en particulier pour les enfants les plus rétifs au calcul, et aux chiffres en général. Mais, au-delà, les écoles s'appuient aussi sur les qualités psychologiques de cet apprentissage pour pallier certaines difficultés qui ne sont pas liées directement au calcul, ou améliorer certaines capacités. Les enfants rompus à l'exercice de l'abaque acquièrent en effet un esprit plus aiguisé et plus vif, une plus grande mémoire, une meilleure capacité d'écoute et d'observation et, enfin, une meilleure confiance en eux.

A Singapour, Miss Wong fait partie de ces professeurs qui initient des enfants à "l'abaque mental". Mais cela peut se passer en Thaïlande, à Pékin ou ailleurs.
 
Deux méthodes d'initiation sont les plus utilisées. Il y en a une qui s'appelle le "chisanbop" ou chisenbop, du coréen chi (ji), le doigt et sanpop (sanbeop), calcul. C'est une technique simple et efficace, mise au point par un maître d'école coréen, Sung Jin Pai. Les enfants l'apprennent en quelques minutes et point n'est besoin de penser à prendre son instrument: ce sont leurs mains. Cette méthode est idéale pour les petits et consiste à accorder aux doigts d'une main l'ordre des unités et à ceux de l'autre main, celui des dizaines. Essayez :
Posez les mains sur une table, paumes renversées: vous avez fait le zéro. Fermez maintenant les poings: il faut lire 99 sur votre abaque digital , soit le plus grand chiffre qu'il est possible d'y compter de cette manière. Pour le comprendre, il faut maintenant indiquer les valeurs des doigts de gauche à droite. Le pouce de la main gauche vaut 50, les autres doigts de la main 10. Le pouce de la main droite vaut 5 et les autres doigts de cette main 1.
Une autre méthode, pour les plus avancés, cette fois, est proprement stupéfiante. Il s'agit pour l'enfant de se représenter un boulier.... mentalement , et de compter sur cet abaque fictif !!!

 
sources :
 
http://gadgets.boingboing.net/world_27slargestabacus.jpg (rayong)
http://blog.goo.ne.jp/tampopo131/e/877098f32d67a5356e59f6b0c802414e (musée)