ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE

-ABBAYE

 

-LE CLOÎTRE
 
1e partie,
Les lointaines parentés


 
Introduction : les lointaines parentés
La filiation
 

 
 

INTRODUCTION
 
 

 
Le principe même du cloître, qui crée un espace clos, ambulatoire, coupé du monde mais ouvert sur lui-même et sur le ciel, existe depuis fort longtemps. Quelle que soit la culture, sa présence répond toujours à une volonté commune aux sociétés humaines qui l'ont utilisé : celle de créer, de manière temporaire ou définitive, une rupture avec le monde extérieur, de nature très différente selon les cas, comme nous allons le voir.

Ces espaces clos ne sont peut-être pas directement les ancêtres des cloîtres chrétiens mais ils possèdent une architecture bien similaire: ils sont tous carrés ou rectangulaires, ceints pour tout ou partie d'un d'un portique à péristyle avec, au centre, un espace non couvert et relativement vide.

L'application de ce principe s'est manifestée tout autant dans l'espace civil que religieux, même si ce dernier est bien plus représentatif que le premier, surtout dans le domaine occidental, où le cloître est au coeur même du monastère chrétien, un carrefour principal entre les hommes et le divin. Ce n'est pas un hasard, car, dans quel autre espace que le religieux aurait-on pu mieux profiter de cet instrument, que l'on a dit de rupture ? C'est dans les temples, c'est dans les monastères que se traduit le mieux, la volonté plus que millénaire des hommes de rencontrer le divin, dans un espace sacré, débarrassé des contingences humaines, l'espace claustral étant un élément essentiel des dispositifs religieux

Illustrons ce préambule par des exemples, que nous vous prions d'observer avant de vous les commenter :

 
       
Egypte, temple de Louxor, plan au sol, env. 3000 - 300 av J.C.  Egypte, temple de Louxor, cour d'Aménothep IIII, 1403 - 1365 av. J.C.  Egypte, temple d'Edfou, plan au sol, à. c du. IVe siècle.  Egypte, temple d'Edfou, détail
 
Inde, temple de Vaikuntha Perumal, VIIe siècle    Inde, temple de Somnathpur, XIIIe siècle  Inde, temple de Meenakshi, Maduraï, XVIe siècle Inde, plan su temple de Meenakshi, Maduraï, XVIe siècle

 
Ces exemples, pris parmi les principales cultures qui ont expérimenté le principe du cloître, amènent différentes remarques. La première est que, si les structures en question s'apparentent au cloître chrétien, car liées comme lui à un dispositif religieux, elles ne sont aucunement d'ordre monastique. L'Egypte des pharaons ne possède pas de monastères proprement dits, mais d'immenses espaces cultuels, dynamisés par un clergé où domine la caste des prêtres. En Inde, la grande aire cultuelle d'un temple ne correspond pas à un lieu monastique, que l'on nomme "ashram" (terme sanskrit), et qui est un lieu très dépouillé, un espace de méditation où la liturgie n'est pas prédominante. Nous pouvons d'ailleurs voir, sur les plans présentés ici, que les péristyles qui rappellent nos cloîtres ne sont en rien les centres nerveux que représentent ces cloîtres pour le corps des monastères chrétiens. Ils sont plutôt périphériques à l'ensemble duquel ils font partie et, dans tous les cas, ils ne distribuent aucunement les parties névralgiques de l'aire sacrée qu'ils occupent.


Sources :
 
 
 
 
http://c.yorkmiller.users.btopenworld.com/images/templans/edfupln.jpg (plan)
http://c.yorkmiller.users.btopenworld.com/images/templans/debpln.jpg (deir le bahari)
http://c.yorkmiller.users.btopenworld.com/images/edfu/edf004.jpg
http://c.yorkmiller.users.btopenworld.com/images/luxor/lux020.jpg
http://c.yorkmiller.users.btopenworld.com/images/templans/luxorpln.jpg
 


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